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Magazine Mars 2009

Editorial

Au coin de la rue… la politique.

par Yan de Kerorguen

Des cours "hors les murs", devant la gare, à Tours. Un prof de Bordeaux qui enseigne la géographie politique dans le tram en allant à la manif. Une lecture publique de La Boétie, « "Discours sur la servitude volontaire", faite par des enseignants en grève de Paris 3 devant la statue de Montaigne, juste en face de la Sorbonne. Ou encore des historiens de Paris 7 sur les marches de l’Opéra Bastille qui parlent des contenus symboliques des lieux par où passent les grandes manifestations, tout en (...)

Des cours "hors les murs", devant la gare, à Tours. Un prof de Bordeaux qui enseigne la géographie politique dans le tram en allant à la manif. Une lecture publique de La Boétie, « "Discours sur la servitude volontaire", faite par des enseignants en grève de Paris 3 devant la statue de Montaigne, juste en face de la Sorbonne. Ou encore des historiens de Paris 7 sur les marches de l’Opéra Bastille qui parlent des contenus symboliques des lieux par où passent les grandes manifestations, tout en distribuant des tracts.

Ces happening universitaires dispensés sur la place publique ou dans les transports en commun sont l’une des nouvelles expressions de la protestation. Que la connaissance puisse se produire sur les trottoirs, sous les arbres centenaires des boulevards ou des jardins, est assurément un bon moyen de revivifier sa fonction de mémoire et de transmission. La rue reste un magnifique lieu de l’expression des savoirs et des contre-pouvoirs. Elle rend à la cité sa vocation d’organiser « un ensemble codifié de manières de vivre et de penser ».

A l’heure de l’internet, le théâtre de la rue, la mise en scène du lien social sur les places et les marchés, ou devant les monuments, est un signe de vigueur démocratique. Qu’il s’agisse des “flash-mob” ou des freeze, ces rassemblements médiatiques éclairs de plusieurs centaines de personnes dans des lieux symboliques comme Notre-Dame, ou bien qu’il s’agisse des parades, des promenades « communautaires » de cylistes ou de skaters, ces expressions collectives redonnent du souffle à l’action publique. Cette créativité s’invite de plus en plus dans les grandes manifestations de protestation politique et sociale.
En ces périodes de turbulences économiques, nous avons besoin d’être dehors, de prendre l’air, d’aérer les catégories de pensée, de se rencontrer, de se voir, de s’estimer. Jusqu’aux terrasses de café où l’on refait le monde. Car la phase difficile que nous traversons actuellement est bien plus qu’une crise économique, c’est une crise de civilisation. Ce besoin est en fait une nouvelle forme de gestuelle politique.

Les jeunes générations voient dans ce renouveau de l’espace public le ferment d’une forme plus ouverte d’activisme politique. Internet et le téléphone mobile y jouent un rôle de premier plan. Face-book descend dans la rue, disent certains étudiants férus de communautés virtuelles.
Cette énergie de l’inutile, de l’acte gratuit, mariée à la mise en scène du savoir sur le trottoir et aux défiles dé masse, confère à ces démonstrations populaires une dimension poétique essentielle en ces temps d’inquiétude économique.
Pendant longtemps on a cru qu’il y avait antagonisme entre l’espace publique et la solitude devant son écran internet. Dans l’un, on a coutume de placer le lien social, le collectif. Dans l’autre, on a dénoncé la suffisance des égos et la convulsion narcissique dans un monde superficiel. Ce clivage, même s’il reste pertinent dans les excès n’est plus de mise. Une culture internet citoyenne est en train de se constituer.

Loin de se confondre avec l’enfermement virtuel, l’internet mobile n’est pas juste une occasion de faire des choses en étant mobile, il facilite la réalisation de projets jusqu’alors totalement irréalisables. Dans ce monde à venir, l’action de se réunir et de se rassembler, droit fondamental des sociétés libres, pourrait changer radicalement à partir du moment où chacun est capable de savoir qui parmi ses proches est susceptible de prendre ce qu’il a à donner, de vendre ce qu’il veut acheter, de savoir ce qu’il veut savoir. Il faut s’attendre, sous l’effet des nouvelles technologies de la mobilité, à voir de nouvelles sociabilités s’inventer et notre rapport au temps et aux lieux se transformer.

Le regretté historien Michel de Certeau, a su, avant tout le monde, saisir la geste politique de ces pratiques d’espace. « Mille pratiques inventives prouvent, à qui sait les voir, que la foule sans qualité n’est pas obéissante et passive. Ce ne sont pas les millions, ni même des milliards d’observations qui diront la liberté buissonnière par laquelle chacun tâche de vivre au mieux l’ordre social et la violence des choses. Ce sera l’intelligence qu’on mettra à les exploiter »

Dossier : Entraide, confiance...

Entraide, coopération, solidarité, fraternité, confiance, …ces mots qu’on entend de plus en plus dans le vocabulaire de la crise ne sont pas que des valeurs morales, ils sont aussi des moteurs économiques à redécouvrir. Avec Internet, ils connaissent une nouvelle vie.

De l’entraide à la foule intelligente

Dans son livre, les « foules intelligentes : la révolution qui commence » (M2 Editions) , l’américain Howard Rheingold, un des « grands prospecteurs » des interactions sociales en ligne, montre comment l’utilisation des technologies de communication facilite la coopération entre humains, amplifie l’organisation collective et favorise l’avènement de la prochaine révolution (...)

Le renouveau des scop, témoin d’un besoin de solidarité

Face à la crise, la quête de modes d’organisation alternatifs est plus que jamais à l’ordre du jour. Une des perspectives de l’économie sociale est de faire preuve d’imagination pour développer la solidarité. Ses différentes formes d’expression, comme les coopératives, ont le vent en poupe.

"L’économie sociale doit inventer en débordant du seul discours (...)

Au menu de la « cantine », les nouvelles coopérations numériques

Le lieu de cette cantine pas comme les autres est bien choisi : « Passage des Panoramas », entre les grands boulevards et la place de la bourse, à la hauteur du 151 rue Montmartre dans le quartier historique des Passages, hantés par Zola, Lautréamont, Feydeau…et tant d’autres.

Créée il y a un an, la cantine est selon ses initiateurs, « le premier espace (...)

Focus : La seconde vie des entreprises

Dans un monde économique en pleine turbulence financière, de nouvelles générations d’entrepreneurs veulent inscrire leurs activités économiques en cohérence avec des projets sociétaux. Assiste-t-on à un renouveau de l’esprit d’entreprise ?

Sauver l’entreprise

Des expériences et des voies nouvelles développées par des « entrepreneurs » dans l’économie solidaire, les nouvelles technologies, le travail en réseau, le développement durable,montrent qu’on peut travailler et produire autrement, et qu’on n’est pas obligé de perdre sa vie à la gagner

« Pour le chef d'entreprise que je suis, la période dans (...)

L’entreprise de demain. Chroniques de changements annoncés.

Comment imaginez-vous l’entreprise en 2020 ? Quand on pose cette question à des acteurs de l’entreprise et à des experts, les réponses se déclinent souvent autour de l’adverbe « plus » [3]

Les entreprises de demain seront... Plus raisonnables : Finis les parachutes dorées, les rémunérations excessives, les retraites chapeau... . Plus créatives : Ou elles (...)

A la Une

Natixis, la ruine des valeurs

par Gilles Bridier

L’affaire Natixis n’est pas qu’un feu follet allumé par la presse en mal de polémiques. Alors que la première phase du rapprochement Caisse d’Epargne - Banque Populaire est un fiasco d’une rare violence, la deuxième phase pousse (...)

INTERNET

La loi Création et Internet : un « solublème »

par Anne-Caroline Paucot

Dans le dictionnaire du futur, on trouve "solublème" qui signifie : "solution qui crée un problème plus important que celui qu’elle a cherché à résoudre". Illustration : le projet de Loi Hadopi, discuté à l’Assemblée

Le solublème [7] est une pratique ancestrale qui a ses mentors. L’un d’entre eux est un officier supérieur de l’armée américaine qui, après une (...)

INTERVIEWS

Des prospectivistes évoquent le futur

Propos recueillis par Estelle Leroy et Yan de Kerorguen

Ian Pearson, Eleonora Barbieri Masini, Jean Paul Baquiast et Hazel Henderson répondent aux questions sur l’avenir de l’économie, l’éthique, la société, la technologie, l’environnement…

Ian Pearson, ex- futurologue de British Telecom, il est fondateur de Futurizon. Grande-Bretagne. Vous avez récemment écrit un rapport sur les possibles futures formes de vie. La (...)

SONDAGE

Les Français plus inquiets de la dégradation de l’environnement que de la crise financière

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Selon un sondage réalisé par l’Institut LH2 [9] pour le Comité 21 [10] , les Français se déclarent autant (56%) voire plus inquiets (25%) des risques liés à la dégradation de l’environnement et du climat que des risques liés à la crise (...)

GENERATION

L’information sur la toile fait-elle mémoire ?

par Yan de Kerorguen

Lectures croisées sur l’usage d’internet par les jeunes générations : Don Tapscott. Katherine Hayles, Bernard Stiegler.

Dans un numéro récent du magazine suisse L’Hebdo (21 février 2009), Don Tapscott, (auteur de « Wikinomics : comment l'intelligence collaborative bouleverse l'économie » Editions Pearson Education), avance que « personne n’a jamais été aussi soucieux (...)

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Le voyeurisme sur la Toile, nouveau modèle économique

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La Toile devient la matrice d’une civilisation de voyeurs chroniques reliés à la vitesse de la lumière à tous les évènements qui affecte la planète numérique, amplifiant les émotions jusqu’à l’excès

."Les écrans sont partout ! Leur prolifération dans l'espace public comme dans la sphère privée ne fait que commencer." Observant que le temps passé devant les (...)

LES CHOSES DE LA VIE

Des paysans aux "agrinautes" : l’agriculture demain

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Aimer, dormir, manger, habiter, circuler, penser... Chaque mois, Place-Publique vous donne rendez-vous avec une esquisse illustrée de votre vie quotidienne future. Extraits du livre « Vivre en 2028. Notre futur en 50 mots (...)

MEDIAS

Presse quotidienne régionale : la démocratie impossible ?

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Place-publique.fr fait appel à vos témoignages et opinions sur le rôle de la presse dans le développement de la démocratie.

La presse quotidienne régionale (PQR) exerce une action forte sur la démocratie locale. Sa fonction de proximité rend parfois difficile la mise à distance des faits et des opinions. Mais elle reste un moyen d’information en prise avec un réel que (...)

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Quand le jazz réunit sur scène amateurs et professionnels

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Ils seront 8 000 amateurs cette année à participer aux actions musicales organisées par Banlieues Bleues en Seine-Saint-Denis. Et même à donner des concerts avec des pros de la Nouvelle Orléans.

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La chronique de Georges Waysand

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(La sonnerie redouble) PERE UBU Ah ! mon Dieu ! c’est au moins l’heure du Jugement Dernier. LA CONSCIENCE (sortant de la table de nuit) Pas exactement Père Ubu : ce n’est que le siècle qui sonne ! PERE UBU Le siècle ? mais il me semble qu’il a déjà sonné l’année dernière. Comme le temps passe ! Alfred Jarry Almanach illustré du Père Ubu (réédité par Le Castor Astral (...)

Vue de Bruxelles

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Le rendez-vous avec Paul Hermant. RTBF

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