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Vieillir et rester jeune, en bonne santé

D. Sabo, le 19/11/2010

Des chercheurs ouvrent de nouvelles pistes pour comprendre comment augmenter la durée de vie en bonne santé et à réduire l’incidence des maladies du vieillissement (cancer, neuro-dégéneration, etc...).

Peut-on rajeunir ? Faire 50 ans et en avoir 80. Qui ne s’est pas posé cette question...sans trop y croire ? Eh bien, la réponse est oui. Oui, mais...au moment de la reproduction. La réponse est apportée par des chercheurs de Lyon qui depuis des années, s’occupent d’un petit ver C. Elegans.

Ce ver nématode transparent, hermaphrodite, est capable de s’autoféconder et de se reproduire très rapidement . D’un millimètre de long, il ne dispose que de 300 neurones et au total de 1 000 cellules. Mais il n’en finit pas d’éclairer les chercheurs du monde entier sur les manières de lutter contre le vieillissement et les troubles de la mémoire. Il vit au maximum trois semaines. Sa courte espérance de vie en fait un modèle unique pour suivre toutes les étapes de la fécondation et apprécier très vite l’impact de stratégies sur le vieillissement.

Pour la première fois, une équipe du Laboratoire de biologie moléculaire de la cellule (CNRS/ENS Lyon/Université Claude Bernard de Lyon 1) , menée par Hugo Aguilaniu , est parvenue à visualiser, un tel phénomène ouvrant ainsi de nouvelles pistes pour comprendre le vieillissement et les maladies qui lui sont associées. En règle générale, l’analyse du vieillissement compare des individus normaux à des individus à la longévité prouvée ou bien des individus âgés à des individus plus jeunes ou bien . L’équipe de Hugo Aguilaniu aborde le problème avec un regard neuf .

Comment expliquer ce rajeunissement possible ? En étudiant comment les protéines qui forment le constituant principal de nos cellules, s’endommagent au cours du temps par oxydation . Dans leur étude, les chercheurs ont mis au point une technique pour « visualiser », dans les ovocytes, le vieillissement de ces protéines dans les cellules. Ils ont mis en évidence que, à un stade précis de maturation des ovocytes, le taux d’oxydation diminuait soudainement.
Comment ? A cause du protéasome (qui sert à dégrader les protéines) dans ce processus. Lorsque celui-ci est inhibé, on observe peu, voire pas du tout, de « rajeunissement » cela entraînant alors la stérilité des individus. Au cours de la reproduction, il y aurait donc un « nettoyage » des protéines de nos cellules afin de les rajeunir pour faire des bébés jeunes et frais.

« Ces travaux sont très intéressants. On sait que, à l’échelle des neurones, les mêmes mécanismes sont en jeu pour les vers, les rongeurs, les mammifères, explique le biologiste Jean-Louis Bessereau (Inserm unité 1024, Paris). La recherche sur le ver C. elegans nous permet de tester facilement des hypothèses qui si elles tiennent la route peuvent ensuite être confirmées chez le rat, le primate puis l’homme. »

« Aujourd’hui, les autorités politiques ne nous demandent plus d’augmenter l’espérance de vie mais la durée de vie en bonne santé, comme le prouvent les appels d’offres actuels de l’Europe, explique Hugo Aguilaniu (biologiste, École normale supérieure, Lyon). C’est tout l’objectif des travaux que nous menons sur des modèles expérimentaux, comme le ver C. elegans, le rat et les primates. »

Une vie plus longue, pourquoi pas ? En bonne santé et avec toute sa tête. Tout le monde est d’accord. Si la recherche très florissante n’a pas encore exhumé la molécule pour vivre vieux en bonne santé, les neuropsychologues offrent quelques conseils. « Il faut traiter l’information en profondeur, améliorer son attention, une bonne qualité de sommeil à tout âge améliore la mémorisation, résume Francis Eustache, chercheur à l’Inserm, qui vient de publier une somme sur ce sujet intitulée Les Chemins de la mémoire (Éditions Le Pommier). La qualité de la réserve cognitive accumulée tout au long de la vie est importante. Quant aux jeux de mémoire et autres logiciels, ils n’ont jamais prouvé leur intérêt. Le maintien de liens sociaux est aussi fondamental. » D’autres experts affirment qu’une alimentation saine (sans trop de sel, sucres, graisses) et l’exercice physique sont des atouts majeurs.

Ces travaux ouvrent la voie à plusieurs questions biologiques fascinantes. Les scientifiques cherchent à expliquer comment les nouveaux-nés n’héritent pas des mêmes risques de développer des maladies du vieillissement, par exemple des cancers, que leurs parents plus âgés.
Que doit-on hériter de ses parents ? Et, au contraire, que ne doit-on pas hériter de ses parents ? Comment arrivons nous, à chaque fois que nous nous reproduisons, à réduire l’incidence des maladies du vieillissement (cancer, neuro-dégéneration, etc...)


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