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Vieillesse en France : Vivre ensemble plus longtemps

Place publique, le 12/07/2010

Un rapport , remis le 6 juillet 2010 a Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’État à la Prospective et au Développement de l’Économie numérique, met en évidence le défi que représente le vieillissement de la population en France

« Vivre ensemble plus longtemps : enjeux et opportunités pour l’action publique du vieillissement de la population française » tel est l’iniutulé du rapport remis par le Comité d’action stratégique (CAS).

Le vieillissement des sociétés est un phénomène mondial, mais il présente dans chaque pays des singularités. Entre mini baby-boom, maintien de sa population active et papy-boom, la société française présente des atouts et des vulnérabilités spécifiques. Sans négliger les enseignements de la comparaison avec l’étranger, il s’agit de formuler une réponse originale aux défis du vieillissement dans le cas de la France.

L’équation sociodémographique française se compose d’abord d’un processus accéléré de vieillissement « par le haut » (augmentation du nombre de personnes âgées) dans les quinze ans à venir :

• l’espérance de vie moyenne a dépassé les 80 ans depuis 2004 ; • les générations nombreuses du baby-boom franchissent le seuil des 60 ans depuis 2006 (avec un passage de 12,8 à 20,9 millions de 60 ans et plus d’ici à 2035) ; • le nombre de personnes dépendantes devrait atteindre un premier pic dès 2020-2025 (1,2 million en 2020) et se maintenir à un niveau élevé jusqu’en 2050-2060.

Simultanément, la société française présente le taux de fécondité le plus élevé en Europe (presque 2,1 enfants par femme). C’est incontestablement une chance pour le futur mais nous serons, plus que d’autres, soumis à un stress de « prise en charge » dans les 15 années à venir, avec le cumul des besoins de la petite enfance et d’une population âgée dépendante en probable augmentation. Ce point illustre une perspective plus globale sur le pacte social : nos choix collectifs devront concilier les aspirations et les besoins de non plus trois, mais quatre générations, en distinguant les seniors et les aînés (au-delà de 75 ans).

Le scénario « au fil de l’eau » du vieillissement de la société française peut comporter des risques économiques (croissance faible) ou sociaux (conflits entre générations). Mais le présent rapport fait l’hypothèse qu’un vieillissement maîtrisé est à notre portée, à condition de ne pas différer plus longtemps un ensemble de réformes structurelles.

Selon les auteurs du document, Vivre ensemble plus longtemps nous incite à actionner plusieurs leviers, notamment :

• promouvoir la carrière professionnelle « durable » avec la valorisation de dispositifs intervenant tout au long du cycle de vie professionnel dans une logique préventive (formation, amélioration des conditions de travail, nouvelle gestion des âges dans l’entreprise) afin d’avancer vers un vieillissement réussi à la fois au travail et par le travail ;

• réorienter les dépenses sociales des prestations en espèces et des avantages sociaux-fiscaux vers les prestations en nature, pour financer la montée en nombre et en gamme des professionnels des services à la personne et améliorer la qualité de vie des aînés en difficultés. L’opportunité de créer des emplois est réelle - on pourrait compter presque 1 million d’emplois associés au vieillissement en 2025 (soit un doublement en vingt ans pour le nombre d’intervenants à domicile et une croissance de 25% sur la même période pour les postes en établissements pour personnes âgées) ;

• continuer à faire évoluer le marché du travail des services à la personne sans créer de barrières à l’égard des moins qualifiés, mais en cherchant à lever celles existant aujourd’hui entre les publics (enfance, handicap, dépendance) et les lieux d’exercice (domicile ou établissement). En répondant aux besoins des seniors et des aînés, qu’il s’agisse de niveau de vie, de santé, d’habitat ou de sécurité, les politiques publiques peuvent contribuer à améliorer le bien-être de tous et fonctionner comme un « multiplicateur » de solidarités privées-familiales qui risqueraient sinon de s’épuiser... A condition toutefois de s’organiser, par un « policy mix » inédit, en phase avec une société où les individus vivront plus longtemps.


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