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Un Français sur sept sous le seuil de pauvreté

Par Muriel Jaouën, le 2/09/2011

La dernière livraison de l’enquête “Revenus fiscaux et sociaux” de l’Insee pointe une augmentation de la pauvreté en France métropolitaine, malgré une légère augmentation du niveau de vie médian.

8,2 millions de pauvres. C’est le constat de la dernière enquête “Revenus fiscaux et sociaux” de l’Insee (Institut national de la statistique et des sciences économiques). En 2009, la proportion de pauvres en France métropolitaine a non seulement augmenté, mais leur pauvreté s’est accrue. Pendant ce temps, si le niveau de vie des plus riches continue d’augmenter, cette croissance accuse un infléchissement.

Définition du seuil de pauvreté
En France comme en Europe, le seuil de pauvreté est une convention définie de manière relative. Une personne est considérée pauvre dès lors que ses revenus sont inférieurs à un pourcentage donné du revenu médian. Celui-ci n’est pas une moyenne, il indique le niveau qui partage la population en deux moitiés égales : 50% de la population au-dessus, 50% en dessous. Le pourcentage est majoritairement fixé à 60% du revenu médian. En France, jusqu’en 2008, il était fixé à 50%. Aujourd’hui, deux écoles cohabitent : l’une optant pour un pourcentage à 50%, l’autre à 60%. Une personne est donc “pauvre” quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 795 ou 954 euros (données 2009) selon le critère retenu (seuil à 50% ou à 60% du niveau de revenu médian). Le revenu dont on parle ici étant le “revenu disponible”, calculé après impôts et prestations sociales.

Mais pour prendre en compte l’incidence de la composition des ménages sur leur revenu, on élève le seuil de pauvreté en fonction du nombre de personnes du foyer. Ainsi, un couple avec deux enfants en bas âge est pauvre si ses ressources ne dépassent pas 1 670 euros (proportion à 50%) ou 2 003 euros (60%).

13,5% de la population
L’Insee se base sur un seuil de pauvreté à 954 euros. Selon ce critère, la France métropolitaine, en 2009, comptait 8,2 millions de pauvres (400 000 de plus qu’en 2008), soit 13,5% de la population. C’est le niveau le plus élevé depuis 2000, note l’Insee. Plus nombreux, mais aussi plus pauvres. La moitié d’entre eux vit avec moins de 773 euros par mois et e niveau de vie des 10% de personnes les plus modestes accuse une baisse de 1,1% par rapport à 2008.

Ce, alors que le niveau de vie médian des Français a progressé de 0,4% entre 2008 et 2009. Une augmentation cependant moindre qu’en 2008 (+1,7%) et 2007 (+2,1%).

Les 10% de Français vivant avec plus de 35 840 euros par an ont pour leur part vu leur niveau de vie croître de 0,7%, ce qui marque un ralentissement dans la progression de ce décile. « Au total, le contexte de crise économique se répercute sur l’ensemble des ménages, mais ce sont les plus modestes qui sont les plus touchés », résume l’étude de l’Insee.

Effets atténuants des aides sociales
L’augmentation du nombre de personnes pauvres peut être rapprochée de la hausse du chômage induite par la crise. L’année 2009 est marquée par une hausse du nombre de chômeurs dans les tranches de population les plus modestes. Toutefois, les versements de prestations consécutifs à la perte de revenus du travail atténuent quelque peu la baisse des niveaux de vie. La part des prestations sociales pour les 10% de revenus les plus modestes est passée de 36,3 % à 39,3 % entre 2008 et 2009. La montée en charge progressive du revenu de solidarité active a également permis de limiter les effets de la crise. En outre, le taux de pauvreté baisse pour les chômeurs, population qui s’est modifiée avec la crise : plus âgés et plus qualifiés que les chômeurs de 2008, le montant de leur allocation chômage est plus élevé.

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