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Tous écolos…et alors : les enjeux de la nouvelle scène écologiste

Yan de Kerorguen, le 4/03/2011

Dans ce livre paru aux éditions Lignes de Repères, Géraud Guibert soutient une écologie qui oblige à voir sous un jour nouveau les questions aussi décisives que les inégalités, la manière de produire et de consommer, la nature et le niveau des interventions publiques.

Depuis plus de 20 ans, Géraud Guibert côtoie les acteurs de l’écologie et a suivi les épisodes marquants des politiques de l’environnement, du sommet de Johannesburg aux « mirages du Grenelle ».
Constatant que l’écologie est à la mode et qu’elle est relativement consensuelle dans les discours, il note cependant que la cause avance lentement et que la réalité est loin de satisfaire aux exigences. La sous-estimation des risques, la spéculation sur les hydrocarbures, le gaspillage généralisé restent de mise. Et tout cela dans un contexte social désastreux : absence de contrôle de la sphère financière, dictature du court terme, effets dévastateurs des inégalités. « Quand les difficultés économiques s’aggravent, l’écologie redevient ce qu’elle a toujours été, dit-il : une question de long terme, parée de bons sentiments mais qui passe en second lorsqu’il y a contradiction avec une autre priorité ».

Pour l’auteur, l’écologie ne peut plus se payer de mots. Et Géraud Guibert de souhaiter que l’écologie devienne une vraie politique, attentive à l’ensemble de l’organisation de la société. Plombée par son impuissance à se faire entendre sur les questions de la croissance, des régulations internationales, des orientations scientifiques, de la démocratie, elle doit prendre toute son envergure et se poser en alternative adulte.

Sur la question du nucléaire, il constate qu’il y a nulle vraie réflexion et nul débat. « Le débat quand il existe est binaire, pour ou contre la technologie nucléaire elle-même. Pour les uns, c’est la solution idéale aux problèmes énergétiques, sûre, compétitive et qui n’émet pas de gaz à effet de serre. Pour les autres, c’est le mal absolu, qu’il faut bannir définitivement de notre sol compte tenu de ses coûts et ses risques intrinsèques, des déchets radioactifs dont on ne sait que faire et des dangers de prolifération. Les affrontements sont frontaux, sans nuances, chacun défendant son identité même »

Géraud Guibert plaide pour une nouvelle scène écologiste capables de se faire entendre aussi bien sur les aspects sociaux, qu’environnementaux ou géopolitiques, une écologie projetée au cœur de l’organisation de la société. Mais quelle démocratie écologiste fonder, se demande-t-il ? « La mise en place d’un nouvel autoritarisme vert serait ainsi une erreur dramatique ».

Dans cette nouvelle démocratie, « les associations environnementales peuvent et doivent jouer un rôle majeur pour la représentation des intérêts des générations futures ». Pour lui, « rien ne sera possible si les citoyens eux-mêmes ne sont pas convaincus de la nécessité d’une anticipation de l’avenir ». Et l’auteur de recommander d’utiliser les médias sociaux pour rassembler les énergies, repérer les idées et promouvoir de vrais débats publiques . « Il reste donc à inventer de vraies modalités pour une démocratie participative ou citoyenne renouvelée »

* "Tous écolos...et alors. les enjeux de la nouvelle scène écologiste". Géraud Guibert. Editions Lignes de Repères. 2010.


Vos commentaires

Posté le 13 mars 2011 à 10:11 , par Yvan Burtin ( http://www.ufpp.org)

« …une écologie projetée au cœur de l’organisation de la société », c’est évidemment la solution à espérer. Pour ce faire, sans tomber dans « l’autoritarisme vert » cher à certains, il suffit de faire les choix essentiels pour un nouveau contrat social, une meilleure vie républicaine pouvant induire une meilleure vie pour tous et partout sur la Terre. Je vous invite donc à lire à ce propos le coup de gueule publié sur le Forum (naissant) de l’UP, http://union-planetaire.forumactif....

Quant à « « … Il reste donc à inventer de vraies modalités pour une démocratie participative ou citoyenne renouvelée », les Principes Fondamentaux et la Charte de l’Union Planétaire (www.union-planetaire.org) ont été conçus exactement pour cela. Il suffit simplement de se les approprier, de les faire connaitre et de les améliorer ensemble. Rien n’est fermé, tout est ouvert, accessible, gratuit et transparent. Il ne manque que la bonne volonté de toutes et de tous…
Liberté, égalité, fraternité et… espoir (n’était-ce pas là ce qui restait au fond de la boite de Pandore ?)

Yvan Burtin


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