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Sondage. Pour 3/4 des Français, la vie est plus dure qu’avant

Place publique, le 15/09/2011

Record historique : 75% des Français pensent vivre moins bien qu’avant et 66% d’entre eux craignent de se retrouver au chômage dans les mois à venir

Ce sont les résultats du sondage* commandé à TNS Sofres par l’Association des Maires de Grandes Villes de France (AMGVF), présidée par Michel Destot, député-maire de Grenoble, réalisé dans le cadre de la 11ème Conférence des Villes, qui se déroulera le 28 septembre 2011 à l’Hôtel de Ville de Paris sur le thème « Urgence économique et sociale : oser de nouvelles réponses ».

75 % des Français estiment vivre moins bien qu’avant et seulement 14 % ont l’impression de vivre mieux. Ce jugement constitue un record historique dans l’évolution de la situation personnelle des Français à travers les enquêtes de TNS Sofres réalisées depuis 1981. Ce sentiment est fortement perçu chez les 25-49 ans (81%), et chez les employés et ouvriers (84%).

Autre résultat, 66% des Français craignent le chômage dans les mois à venir. Ce résultat est en augmentation de quatre points par rapport à 2010 et de 16 points depuis 1988. Les 18-24 ans semblent les plus concernés (71%).

La situation économique et sociale que connaissent aujourd’hui la France et l’Europe sera au cœur de la 11e Conférence des Villes. Les Maires de grandes villes, forts de leur expérience d’élus de proximité, proposeront de nouvelles réponses aux attentes des Français. Il feront valoir que l’économie ne peut être une fin en soi mais doit être au service de l’humain. Pour Michel Destot, député-maire de Grenoble, président de l’AMGVF, « il est urgent de redonner espoir aux Français ».

70 % de l’investissement public est assuré par les collectivités locales, au premier rang desquelles figurent les grandes villes et agglomérations. Dans un contexte de crise, l’investissement dans l’innovation, le capital humain, les grands équipements est plus que nécessaire.

Pour l’AMGVF, face à la crise et à un chômage de masse, de nouvelles voies de création de richesse sont aujourd’hui explorées au carrefour de la solidarité sociale et de l’insertion par l’économique. Coopératives, économie sociale et solidaire, réseaux d’échanges réciproques de savoirs, etc. : les initiatives nouvelles se multiplient en France et en Europe pour mettre la rentabilité et l’efficacité au service de l’humain et des solidarités. Dans ce contexte, les maires de grandes villes estiment avoir un rôle précieux de soutien et de mobilisation des ressources et des énergies locales, pour encourager ces nouveaux projets et généraliser les bonnes pratiques.

L’emploi est au coeur des problèmes à résoudre. Avec un taux de chômage des jeunes constamment supérieur à la moyenne des pays de l’OCDE, la France est en train de créer “une génération perdue”, d’hypothéquer son développement et son avenir. Les maires des grandes villes qui se refusent à tout fatalisme en appellent à une mobilisation de tous les acteurs publics et privés (entreprises, collectivités publiques, système éducatif et de formation, système de santé, logement) pour déterminer les conditions durables d’une insertion sociale et professionnelle des jeunes par l’emploi et la création d’activités.

Autre enjeu : Comment les villes luttent contre la pauvreté ? S’ajoutant à la pauvreté qui prospère avec le chômage, est apparue une nouvelle pauvreté. Elle frappe des personnes occupant un emploi, les “travailleurs pauvres” ou en retraite, dont les revenus ne permettent pas de vivre dans des conditions décentes de logement et doivent recourir à des aides, notamment alimentaires auprès d’organismes de “charité”.

Face aux mesures successives des politiques de la ville et du logement semblant incapables d’endiguer le double phénomène de ségrégation sociale et territoriale, aggravé par la crise, le désenclavement nécessaire des “quartiers“ exhorte aujourd’hui les maires de grandes villes à développer invention politique et capacité collective à agir. Donner aux populations à la fois les “moyens de partir” et “l’envie de rester” pour rétablir l’expression même de cohésion sociale et de solidarité nationale, là réside l’enjeu essentiel des politiques publiques territoriales.

A l’issue de la Conférence, les maires et présidents du monde urbain présenteront leur Manifeste pour répondre à l’urgence économique et sociale : « Maires, de l’audace, encore de l’audace ! ». Ils feront tout particulièrement valoir que l’économie ne doit pas être une fin en soi mais qu’elle doit être au service de l’humain.

* Sondage TNS Sofres réalisé par téléphone les 6 et 7 septembre 2011 auprès de d’un échantillon de 980 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Lire aussi :

- Le surchômage des jeunes : problème n°1 en Europe

- Générations : Ce pays qui néglige ses jeunes …et qui s’appelle la France.

- Une génération désengagée : les jeunes générations se disent moins impliquées au travail car trop sous pression


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