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Serbie : dérobades, manœuvres et désir d’Europe

par Georges-Marie Chenu*, le 1er/06/2010

Les pays membres et toutes les institutions de l’Union Européenne font de son élargissement aux Balkans Occidentaux( Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine, Kosovo et Albanie) un des objectifs principaux de leur politique extérieure.

Pour son premier déplacement, la baronne Ashton, « ministre des affaires étrangères » de l’Union Européenne, s’est rendue à Sarajevo, Belgrade et Prishtina. Soucieux des questions de sécurité, Washington soutient vigoureusement cette politique d’élargissement dont la capitale américaine ne supportera qu’une faible part des coûts.

Dans la course à l’adhésion, la Croatie est la mieux placée et pourrait devenir le 28ème membre en 2010 ou 2011. La Macédoine devrait suivre, qui a obtenu le statut de candidat officiel fin 2005, mais la Grèce s’oppose toujours à l’ouverture des négociations à cause de la querelle sur le nom de « Macédoine ». Les choses sont très compliquées pour l’Albanie et le Monténégro où des réformes ont bien été accomplies, mais où la lutte contre la corruption est jugée insuffisante et la stabilité politique trop fragile. Encore plus compliquée est la situation de la Bosnie-Herzégovine à laquelle les accords de Dayton ont imposé un système politique non viable. Quant au Kosovo, il doit se doter d’un appareil d’état moderne.

Peut-on se fier au pouvoir serbe ?

Au centre des Balkans Occidentaux, la Serbie pose un problème de fond. L’année 2010 a débuté sous d’heureux auspices. L’Accord de Stabilisation et d’Association ( ASA) est débloqué et le régime des visas libéralisé. En décembre 2009, Belgrade a déposé sa candidature à l’UE. Quand elle sera acceptée, les négociations, chapitre après chapitre, devraient réduire les obstacles institutionnels incompatibles avec l’acquis communautaire ( la dépendance de la Justice, l’opacité du financement des Partis, les restrictions à la liberté d’investigation, la lenteur des privatisations, une corruption endémique, la confusion entre le politique et l’économique, etc…). Aidée de la Commission, l’administration serbe, qui sait être efficace, est en mesure de réaliser les indispensables modifications.

Les motifs d’inquiétude ne viennent pas de là. La vraie question est de savoir si le pouvoir serbe est sincère dans sa démarche vers l’UE, s’il est prêt à adopter les valeurs et les normes européennes et à les mettre en pratique ? On peut en douter, tant est grand l’écart entre les déclarations officielles et les décisions prises ! .

Les raisons d’en douter

-  Belgrade ne respecte pas certains des principes fondamentaux de la construction européenne : la souveraineté et l égalité des Etats, la non-ingérence, le refus de la violence et la coopération régionale.
-  Les pays voisins ayant reconnu le Kosovo sont les cibles de vexations diverses. En décembre, le président Tadic, ignorant les institutions européennes compétentes, a averti que Belgrade protégerait ses minorités dans toute la région. Sa prétention rappelle fâcheusement l’esprit de la « Grande Serbie ». Comme si la Yougoslavie existait toujours, la Serbie se positionne déjà en leader régional, alors qu’elle ne joue pas le jeu de la coopération régionale.
-  Belgrade sabote systématiquement la gestion du Kosovo par les autorités locales et les institutions internationales. Elle entretient sur place des structures parallèles administratives, judiciaires, policières, médicales, universitaires et scolaires. N’ont pas été restitués les documents officiels dérobés en 1995 (registres d’état civil, archives judiciaires, actes domaniaux, cadastres, titres de propriété). Les retraites des Albanais ne sont pas versées. Des pressions sont exercées sur les Serbes locaux lors des consultations électorales. Et les responsables albanais sont systématiquement dénigrés depuis qu’ils ont proclamé leur indépendance en février 2008. Dans le domaine économique, au mépris de l’Accord de libre-échange centre européen (CEFTA), la circulation des marchandises portant le sceau des douanes kosovares est bloquée.

Belgrade se targue de défendre son intégrité territoriale uniquement par des moyens pacifiques : la diplomatie et le recours à la Cour de Justice Internationale. Mais, nombre de ses initiatives sont autant de violences exercées sur les habitants - tous les habitants - du Kosovo. En novembre 2009, le président Tadic a inauguré une base militaire, « JUG », sur la frontière avec le Kosovo. Là où il fallait des policiers et des douaniers en renfort, Belgrade a envoyé des soldats. Dans ces conditions, on ne peut pas dire que la menace militaire n’existe plus. Les autorités serbes agissent comme si elles cherchaient à exaspérer les Albanais, à les pousser à commettre des violences pour dénoncer ensuite leur immaturité.

Les conditions de l’élargissement aux Balkans occidentaux

Aux critères de Copenhague (démocratie, économie de marché, reprise de l’acquis communautaire) à remplir pour l’élargissement, les membres de l’UE, au sommet de Zagreb en 2000, ont ajouté pour les Balkans occidentaux trois conditions spécifiques : collaboration avec le TPIY , coopération régionale et respect des Accords de paix de Dayton.

Belgrade a bien amélioré sa coopération avec la Justice internationale. Elle a fini par transmettre des documents officiels sensibles dont les carnets du général Ratko Mladic. Mais elle ne l’a toujours pas livré ainsi que Goran Hadzic. Selon le procureur général du Tribunal, Serge Brammertz, ceux-ci se cachent en Serbie où , a t-il expliqué, « un groupe très limité de personnes les recherchent tandis qu’un groupe significatif (de sympathisants) les aident à se cacher ». Environ 60% des Serbes sont opposés à la livraison de Mladic – un héros pour certains. En visite à Belgrade, le 13 mai dernier, Serge Brammertz a réitéré sa présomption : « Mes collaborateurs et moi-même n’avons pas raison de penser que Mladic soit ailleurs qu’en Serbie. Il n’y a pas d’alternative à l’arrestation de Mladic et de Hadzic », a-t-il ajouté.

Cette propension au populisme des responsables et des leaders serbes s’accorde avec leur refus de reconnaître la responsabilité première de la Serbie dans la destruction sanglante de la Yougoslavie. Puisque des crimes ont été commis de part et d’autre ( ce qui est vrai ! ) en nombre équivalent ( ce qui est faux ! ), Belgrade en déduit qu’il faut abandonner les poursuites internationales et laisser les Etats juger leurs criminels.
Ce déni fait peser un risque sur les relations futures entre les Etats. Si la Serbie s’installe dans le mensonge, elle ne sera pas le partenaire de paix qu’attendent l’Europe et les Balkans. Elle vient de réaffirmer une fois de plus sa volonté de réécrire l’histoire à son avantage en poursuivant 18 dignitaires de l’Etat bosnien en poste en 1992, pendant la guerre, dont l’ancien ministre bosniaque Ejup Ganic, arrêté à la demande de Belgrade à Londres, le 1er mars, pour crimes non confirmés par le TPIY et ayant eu lieu à Sarajevo, donc hors de Serbie.
Le pouvoir serbe rechigne aussi à reconnaître le génocide commis à Srebrenica en juillet 1995 par des militaires serbes, alors qu’elle été condamnée en 2007 par la Cours de Justice Internationale (CIJ) pour avoir failli à son devoir de le prévenir et de le punir. La loi introduite par le président Tadic et votée par le Parlement, le 1er avril, qualifie de « crimes » les actes perpétrés en 1995. Les parlementaires n’ont pas pu aller au-delà.

Il serait temps pour les membres des instances européennes et pour tous ceux qui aspirent à la réunion de l’Europe, de rappeler aux dirigeants et aux intellectuels serbes qu’une des grandes valeurs de la culture européenne – valeur héritée du Christianisme et des Lumières – est la capacité pour un pays d’effectuer un retour critique sur son passé .

Autre difficulté, les 27 divergent sur les modalités de l’intégration de la Serbie. Certains voudraient que la procédure soit accélérée, voire assouplie. La Grèce, la Roumanie et même l’Autriche ont proposé l’année 2014 pour l’entrée dans l’UE de tous les Balkans occidentaux. Objectif irréaliste et même dangereux. La précipitation et la complaisance conduiraient à des intégrations au rabais. Serait renouvelée l’erreur commise avec la Roumanie et la Bulgarie. L’élargissement ne serait bénéfique pour tous que si les négociations sont conduites calmement, au rythme des réformes et de leur application ; en tenant compte aussi des modifications des comportements des acteurs politiques et des animateurs de la société civile

L’EU n’a pas à rattraper un retard qui, pour la Serbie, est imputable aux Serbes eux-mêmes et tout particulièrement à Vojislav Kostunica qui était aux commandes de leur pays de 2000 à 2008 et dont les décisions étaient inspirées par son nationalisme, son hostilité à l’égard de l’Occident et sa méfiance vis à vis de l’Europe.
À partir de 2006, date à laquelle l’opinion publique serbe commença à se tourner vers l’Europe, les 27 ne cessèrent de faire des avances à Belgrade dans des domaines sensibles ; le Monténégro, l’ASA, un accord politique intérimaire, les voyages, etc ... Un début de réponse positive ne fut donné qu’après les législatives de mai 2008 et l’arrivée au pouvoir de Boris Tadic et d’une équipe politique qui se déclarait « pro-européenne ».

L’engagement européen et le pacifisme de la Serbie seront testés en Bosnie-Herzégovine où réside le vrai danger pour toute la région. Milorad Dodik, leader de la Republika Srpska (RS), s’oppose farouchement aux réformes qui rendraient l’Etat opérationnel mais réduiraient les prérogatives de la RS. Son objectif est de renforcer l’autonomie de l’entité serbe, conformément aux rêves de certains qui verraient dans l’indépendance de la RS et ensuite son rattachement à la Serbie, une compensation à la perte du Kosovo. Serait ainsi réalisée une version réduite de la « Grande Serbie » Or, Belgrade observe une attitude équivoque à l’égard de Milorad Dodic. Certes, Tadic se déclare en faveur de l’unité de la B-H., mais il ne prend pas ses distances avec les dirigeants de la RS. qui travaillent à son éclatement.

Belgrade doit changer son comportement

Avant d’accorder à la Serbie le statut de candidat à l’UE et d’ouvrir les négociations d’adhésion, il convient de demander à ses dirigeants de clarifier leurs intentions et de changer certains de leurs comportements.

- En premier lieu, Belgrade doit modifier son langage diplomatique. Avec l’UE, les responsables serbes parlent « d’adhésion » et avec les Etats-Unis, de « coopération », alors que dans les entretiens bilatéraux et les réunions internationales, ils critiquent sévèrement les pays qui ont reconnu le Kosovo. Ils les accusent de mettre en danger l’ordre mondial en violant la loi internationale ; accusation qui est sans fondement car il n’existe aucune Convention internationale portant sur la reconnaissance d’un Etat. Ce double langage, contradictoire et polémique, n’est pas acceptable. Peut-on ouvrir les portes de l’UE à un candidat qui médit de ses membres ? - Ensuite, Belgrade doit cesser d’entraver le développement institutionnel et économique du Kosovo ainsi que ses relations avec la société internationale.
-  Enfin, signataire des Accords de Dayton, la Serbie est garante de l’intégrité territoriale de la B-H. Elle tiendrait ses engagements et deviendrait un vrai facteur de stabilité en s’opposant clairement aux initiatives isolationnistes de Milorad Dodik. La Croatie a donné l’exemple. Aux Croates de la Posavina et de l’Herzégovine ( deux provinces de la Bosnie-Herzégovine) qui voulaient se rattacher à la Croatie, Zagreb a répondu que leur avenir était en Bosnie.

Afin d’accueillir la Serbie, comme elle souhaite le faire, c’est-à-dire avec chaleur et confiance, l’UE doit être certaine que celle-ci est acquise à la réconciliation régionale et à un avenir partagé dans l’égalité avec ses voisins. Elle doit être sûre qu’elle n’est plus la Serbie de Slobodan Milosevic ni celle de Voijlav Kostunica.

*ancien ambassadeur de France en Croatie


Vos commentaires

Posté le 1er juin 2010 à 12:18 , par Edgar

N’oubliez pas les victimes Serbes qui sont un peu trop "zappé" dans votre article...
Certes Milosevic a commit des actes féroces mais il ne faut pas oublié toute les souffrances qu’ont subient les Serbes.
Concernant cette "histoire" que la Serbie protegerait ses minorités dans toute la région, vous comparez cela à la grande Serbie ce qui est votre point de vue que je respecte mais c’est quand meme normal...
L’Etat Serbe doit protéger ses ressortissants n’est-ce pas ? Quel pays ne ferait pas cela ?
Je ne trouve pas cela choquant, si ses ressortissants sont menacés...

La Serbie sort de 2 guerres qui l’ont marquées profondement, qui ont marquées le peuple, les serbes de serbie comme les serbes de croatie ou de bosnie et du kosovo...Il y a 10 ans ils se faisaient bombarder parfois meme avec des"dommages collateraux" comme le decrivé l’armée US donc il faut etre patient avec ce peuple qui à toujours defendu des valeur juste de liberté...Faut-il rappeler leur Heroiques resistances en 14-18 ou encore en 45...
Toujours fidele allié à notre France...
Je vous le repete Milosevic est une sale passe de l’Histoire Serbe comme chaque pays en a connue...
Un processus va s’enclancher, un repentissement.
Je vous rappel que nous aussi Francais avons un blocage en ce qui concerne la guerre d’Algérie c’est quand meme Tabou, cela est un peu pareil pour la Serbie avec ses territoires...
La Turquie n’a t-elle pas un passé plus que douteux avec les minorités chrétiennes surtout Arméniennes ou aujourd’hui Kurdes ? De nombreux massacres ont étaient perpetrés de meme qu’avec les Grecs ou encore ces memes Serbes...


Posté le 1er juin 2010 à 12:49 , par Aleksandar Jankovic

Il est très difficile d’émettre une critique sur cet article.Cependant ce qui ressort très clairement de ce dernier c’est le sentiment haineux (sans aucune éxagération) de l’auteur vis à vis de la Serbie.Je pourrais me livrer à une déstruction systématique des affirmations de l’auteur sur ce pays si j’avais un doute sur la nature de cet article:propagande.Euphémisme flatteur car cette notion est ici employée dans son sens le plus pervers.Vraiment Monsieur vous en faisez trop,beaucoup trop pour ne pas risquer de vous décrédibiliser même envers des lecteurs profanes en la matière.Il suffirait pour un lecteur d’avoir lu ne serait-ce qu’un livre dans sa vie pour découvrir que votre vision de la région ne peut être objective.Je suppose que vous étiez ambassadeur en Croatie aux débuts des 90’ pour utiliser cette rhétorique haineuse.Si la globalisation exige que les petits pays adoptent exclusivement les coutumes et modes de vie des Etats-Unies,qu’ils soient assimilés aux autres et que tous nous devenions les individus de ce Queens où des passants laissent un homme gisant à terre sans sourciller,sachez que la Serbie ne sera jamais partie de votre Europe et saura se convaincre alors qu’elle appartient à un autre continent.Oser comparer Srebrenica (qui est un crime) avec le génocide nazi ou arménien c’est tout simplement du négationisme rampant.Le simple fait que les femmes,enfants et vieillards ont été écartés de cette entreprise maccabre (qui intervint cependant à la suite des attaques répétées de Naser Oric et ses troupes sur cette ville) suffit à écarter la qualification de génocide et je n’ai pour cela pas besoin d’ avis d’un tribunal militaire (TPIY) que vous invoquez..Avez vous jamais fait du droit Monsieur ?Je vous souhaites une évolution (que je sais impossible dans la mesure ou un article de propagande est toujours écrit consciemment) dans vos considérations.


M. Jankovic,

Tout d’abord, en réponse à vos dernières lignes, soyez certains que M. l’ambassadeur a fait du droit ainsi que moi-même, et nous savons tous deux, et j’ose espérer que vous aussi, que la qualification de "génocyde" est totalement indépendante du nombre de victimes, seule important la volonté de faire disparaître un groupe éthnique, religieux ou racial. Autrement dit, un acte faisant 150 victimes peut théoriquement tout à fait se voire qualifier de génocyde.
Par ailleurs, comme vous devez très bien le savoir, cette qualification en ce qui concerne Srebrenica ne souffre d’aucun doute à l’heure où j’écris ces lignes étant donné qu’un panel de juges internationaux de la Cour Internationale de Justice, et NON du TPIY, à confirmé cette qualification. Bien sûr, si pour vous la CIJ est un tribunal militaire, libre à vous de contester son approche, mais se pose alors la question de savoir pour quelle raison l’Etat Serbe à soumis la déclaration d’indépendance du Kosovo à l’avis de cette même juridiction, un tribunal militaire ????
Quant à votre demi-excuse qui veut que Mladic, dans un élan de sympathie, ait épargné les femmes et les vieillards à Srebrenica, elle ne peut bien entendu pas exclure la qualification de génocyde étant donné qu’il est théoriquement probable qu’un groupe, se retrouvant dépourvu de tous mâles, soit voué, à terme, à l’extinction. De plus, gageons que la "sympathie de Mladic" était plus due à la présence des caméras (qui faisaient défaut en Turquie et en Pologne) des médias du monde entier qu’à autre chose.
Ainsi, M. Jankovic, le seul négationnisme rampant sur ce site est de votre fait et non de celui de M. l’Ambassadeur qui a tout à fait raison de mettre ce génocyde à l’encontre des musulmans bosniaques au même niveau que celui commis par les nazis, au passage le seul génocyde ayant été commis en Europe....avant celui de Srebrenica.
Je ne saurais donc, et cela n’est qu’un conseil, qu’encourager M. Tadic et les parlementaires serbes, de même que le peuple serbe, à faire le travail de mémoire et de repentence tels que l’ont fait les dirigeants et le peuple allemands afin de repartir sur des bases saines.


Hans - 2010-06-02 09:51:48
Posté le 2 juin 2010 à 21:28 , par Alain

"Les États-Unis ont annoncé mardi la suspension de leur aide militaire à 35 pays en représailles pour leur refus d’accorder l’immunité aux Américains qui seraient inculpés par la Cour pénale internationale chargée de juger les crimes de guerre ou contre l’humanité." Pourtant Monsieur l’ambassadeur, vous refusez le droit aux serbes de juger leurs propres criminels alors que nos alliers américains n’ont cure du sacro_saint droit international que vous semblez glorifier en menaçant même de "sanctions" , ceux qui voudraient suivre une prise de position parallèle à la votre. Que répondre alors à nos frères d’armes ?

Quant au Kossovo, il me semble aussi que la position européenne n’est pas aussi limpide que cela ; l’Espagne n’a pas reconnu cet Ersatz d’état, et sa reconnaissance était une erreur de jugement aberrante. Tous ces états avec de forte minorités auraient très bien pu être intégrer à l’UE avec une abolition des frontières type Shengen, ce qui aurait éteint ,de fait, ces nationalismes larvés venus d’un autre siècle.

Quant à notre Freund Hans, le devoir de mémoire était effectivement nécessaire pour 60 millions de victimes ; et l’industrialisation du meurtre de masse perpétré sur les juifs et les populations tzigannes mais il n’est nullement comparable aux 6 000 victimes que je pleure aussi de Srebrenica. Ces victimes bosniaques sont tombés sous les balles de quelques fanatiques serbes, mais pitié ne parlons pas de comparaison : l’échelle est de 1 pour pour 10 000.

Quant à la sympathique Croatie, je me souviens de ces miliciens en 1994, les "Sokol" qui se pavanaient si fierement dans ce beau pays. Etrangement, leurs tenus vestimentaires étaient la réplique exact de celle des SA, avec leurs chemises brunes et leurs ceintures barrant la poitrine. Or ; pas un mot dans la presse de cette mode si populaire outre-rhin...dans les années 40.

Monsieur l’ambassadeur, faite vous preuve de partialité ?

La preuve de votre neutralité serait de nous faire part sous peu d’une chronique sur la renaissance de culte "Oustachi" en 1990 en Croatie ... Mais là, je suis persuadé de faire un vœu pieu ...


Posté le 3 juin 2010 à 14:04 , par Garcin

Ce n’est pas fait preuve de haine envers un peuple que de rappeler que la politique de ses dirigeants, même ratifiée par la confiance des électeurs, a pu être catastrophique pour les autres aussi bien que pour lui-même. Bien peu de pays échapperaient à un examen lucide des conséquences désastreuses que leurs actions ont pu entraîner à un moment ou à l’autre de leurs histoires.

Il serait bon que des Serbes acceptent cette vérité, à l’image de ceux de leurs compatriotes qui ont constamment et courageusement lutté contre la politique nationaliste de leurs gouvernants, qui n’était pas seulement celle de Milosevic, comme on veut maintenant nous le faire croire, mais celle de la grande majorité des élites de leur pays. Il suffirait, pour s’en rendre compte, de se référer à ce qui se disait, se montrait à la télévision et se lisait dans les journaux, dans les années qui ont précédé l’explosion de 1991. Milosevic n’a fait, pour conquérir et consolider son pouvoir, que reprendre les thèmes développés à satiété par l’Eglise orthodoxe et les "grandes" figures de l’intelligentsia de Belgrade, tel Dobrica Cosic.

A la suite d’évènements qu’il serait vain d’approuver ou de regretter, la situation était devenue telle au début des années 90, que la seule façon de régler les choses était de procéder à une séparation amiable des territoires constitutifs de l’ex-Yougoslavie, avec ce qui était possible à l’époque : maintien de liens confédéraux, autonomie des minorités, possibilité de doubles nationalités. Seule la Serbie a refusé un arrangement de ce genre préconisé par la Conférence de La Haye de l’automne 91, comme un peu plus tôt, elle avait supprimé l’autonomie du Kosovo, ce qui a constitué l’élément déclencheur du processus qui a conduit à l’embrasement général.

Ce n’est pas faire preuve de partialité que d’énoncer ces faits, reconnus par la plupart des historiens, ce qui ne signifie pas que les dirigeants autres que serbes ne se soient pas rendus coupables d’erreurs dans la conduite de leurs politiques ou de crimes dans les opérations de guerre.

Aujourd’hui, ce sont toujours les dirigeants serbes qui continuent de faire obstacle à l’établissement de relations apaisées dans la région. Outre la cavale de Mladic, dont personne ne doute qu’elle se fasse sans la complicité de responsables serbes, il est deux problèmes qu’ils se refusent à résoudre.

Il y a celui du Kosovo, dont il faudra bien que la Serbie finisse par admettre un jour qu’il est indépendant et que cette reconnaissance, de fait sinon de droit, est une condition de l’adhésion de la Serbie à l’UE.

Il y a celui de la Bosnie-Herzégovine où l’acharnement des dirigeants de la Republika Srpska à s’opposer à une véritable réforme des institutions dans le sens du renforcement du pouvoir central bloque tout l’avenir du pays. On attend toujours que Belgrade se prononce clairement sur ce point, au lieu de réaffirmer, comme vient encore de le faire Vuk Jeremic, que les priorités de la RS demeurent celles de la Serbie. Les dirigeants de Belgrade doivent, comme l’on fait ceux de Zagreb à l’intention des Croates de BH, indiquer distinctement aux Serbes de Bosnie que leur pays est la Bosnie, et non l’entité créée dans la violence de crimes contre l’humanité, dont celui de génocide, et que leur capitale est Sarajevo et non Banja Luka.

Tout ceci ne ressort pas de la haine, mais d’une analyse objective de la situation.


"Tout ceci ne ressort pas de la haine, mais d’une analyse objective de la situation."
lol, trop drôle...
Si vous pouviez vous rendre compte à quel point vous êtes des donneurs de leçons, ici, en france...
Pays où il y eu 95% de collabos durant la dernière guerre, pays où l’un de ses présidents fût secrétaire d’état de pétain (f.mitterand).

Les allemands aussi n’ont jamais pardonnés aux yougoslaves, particulièrement aux serbes, d’avoir été les premiers à contester leur hégémonie. Le pouvoir allemand est resté aux mains de ceux qui le possédaient déja durant la dernière guerre mondiale, cachés derrière le parti nazi. Ils sont toujours là et vous leur servez de porte parole. Et vous vous prenez pour un intellectuel alors que vous ne faîtes que de la propagande pour un système qui étouffe ce monde.

Vous avez consacré l’épuration ethnique du pays en l’éclatant en plusieurs états "purs" nationalement


Saisissez votre nom - 2010-06-15 11:14:07

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