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Recherche & Développement : l’Europe reste à la traîne

Place publique, le 5/11/2010

Le tableau de bord 2010 sur les investissements en R&D industrielle publié par la Commission montre que les investissements en R&D des principales entreprises européennes ont reculé de 2,6 % en 2009 soit beaucoup moins que les ventes et les bénéfices, qui ont respectivement diminué de 10,1 et de 21 %.

Aux États-Unis, la baisse des investissements en R&D des grandes entreprises, de 5,1 %, a été deux fois plus forte, tandis que mondialement, ce recul s’établissait à 1,9 %. Les entreprises japonaises ont maintenu leur niveau d’investissement.

Ailleurs en Asie (Chine, Inde, Hong Kong, Corée du Sud et Taiwan), les entreprises locales ont maintenu les niveaux élevés de croissance de la R&D qu’ils avaient atteint au cours des années précédentes. Pour la deuxième année consécutive, le fabricant automobile japonais Toyota est le premier investisseur mondial en R&D, avec 6,8 milliards d’euros.

3 entreprises de l’UE figurent parmi les 10 mieux classées : Volkswagen, le premier investisseur européen avec 5,8 milliards d’euros, Nokia et Sanofi-Aventis. Le tableau de bord porte sur les 1 400 premières entreprises mondiales.

Mme Máire Geoghegan-Quinn, commissaire européenne responsable de la recherche, de l’innovation et de la science, a déclaré : « Le fait que les grandes entreprises de l’UE ont pour l’essentiel maintenu leurs investissements en R&D montre qu’elles considèrent que la recherche et le développement sont un élément clé pour sortir plus fortes de la crise.

Cependant, l’écart qui subsiste avec les entreprises américaines de premier plan dans des secteurs tels que le logiciel et les biotechnologies, et la croissance continue et rapide des entreprises asiatiques montrent l’urgence qui existe en Europe en matière d’innovation. Il est essentiel que les chefs d’État et de gouvernement se prononcent, lors du Conseil européen de décembre, en faveur des propositions que M. Tajani et moi-même avons faites le 6 octobre. »

Le tableau de bord de cette année montre qu’en dépit de difficultés économiques globales d’une ampleur pratiquement sans précédent, l’investissement dans le R&D reste une priorité stratégique pour les plus grandes firmes mondiales.

Tendances régionales

En 2009, les plus grandes entreprises de l’UE ont beaucoup moins réduit leurs investissements en R&D que leurs concurrentes américaines, en dépit de baisses des ventes similaires (-10 % environ) et d’un recul beaucoup plus marqué des bénéfices (respectivement -13,0 % et -1,4 %).

Les performances en R&D des entreprises européennes sont faibles dans des secteurs clés des hautes technologies. Ainsi, les entreprises américaines figurant dans le tableau de bord ont investi cinq fois plus que leurs concurrentes européennes dans la recherche sur les semiconducteurs, quatre fois plus dans le logiciel et huit fois plus dans les biotechnologies.

Les entreprises japonaises ont maintenu leur investissement dans la R&D en dépit d’un fort recul des ventes (-10 % environ) et des profits (-88,2 %).

Dans d’autres pays asiatiques, les grandes entreprises ont poursuivi leur forte croissance de la R&D, sur la lancée des années passées : Chine (+40,0 %), Inde (+27,3 %), Hong Kong (+14,8 %), Corée du Sud (+9,1 %) et Taiwan (+3,1 %). Les entreprises suisses ont également accru leur investissement en R&D (+2,5 %).

Tendances par entreprises et sectorielles

On trouve, parmi les dix premiers investisseurs mondiaux en R&D, trois entreprises dont le siège se trouve en Europe (Volkswagen, Nokia et Sanofi-Aventis), trois entreprises américaines (Microsoft, Pfizer et Johnson & Johnson) et une entreprise japonaise (Toyota, numéro un mondial). Le « top 50 » comprend 16 entreprises européennes, 19 entreprises américaines et 12 entreprises japonaises (voir fig. 2). Parmi ces 50 entreprises, 30 ont réduit leurs investissements en R&D en 2009.

En dépit de la crise, la composition sectorielle de l’investissement en R&D est restée globalement inchangée. Les entreprises américaines des secteurs à forte intensité de R&D, tels que le secteur pharmaceutique ou l’informatique, contribuent pour plus de deux tiers à l’investissement total en R&D des États-Unis. La situation est différente dans l’UE et au Japon, puisque les secteurs à intensité de R&D moyenne à forte (l’automobile et l’électronique, notamment) y prédominent, les entreprises de ces pays dans les secteurs à forte intensité de R&D ne représentant qu’un tiers des investissements totaux.

Il y a eu une forte contraction des investissements en R&D chez certains fabricants automobiles, notamment Ford (-32,4 %), Renault (-26,5%), et General Motors ( 24,1%). D’autres, comme Nissan et Toyota, ne les ont que légèrement réduits, certains les ayant même augmentés, à l’instar de Hyundai.

Parmi les entreprises qui ont accru leurs investissements en R&D, on compte non seulement celles qui ont réalisé de bons chiffres d’affaires et bénéfices, comme Huawei Technologies (+27,8 %) et Apple (+25,4 %), mais aussi d’autres dont le chiffre d’affaire et les bénéfices ont diminué, comme Bayer (+8,8 %) et General Electric (+10,1 %).

Le secteur des énergies alternatives a poursuivi sa croissance rapide. Le tableau de bord compte désormais 15 entreprises ayant pour principal objet la production d’énergies non polluantes (soit 9 de plus que l’année précédente). Ces entreprises, dont 13 sont basées dans l’UE et 2 hors de l’UE, ont investi plus de 500 millions d’euros dans la R&D en 2009, soit une augmentation de 28,7 %. Des entreprises d’autres secteurs, notamment celui des hydrocarbures, investissent également dans les énergies alternatives.

Différences au sein de l’UE : les principaux investisseurs espagnols en R&D résistent à la crise

Au sein de l’UE, la croissance du R&D varie selon les États membres du fait des différences de composition sectorielle entre pays. Ainsi, l’Allemagne et la France, avec leur important secteur automobile, font-elles partie des pays où l’investissement en R&D des entreprises a le plus reculé en 2009 dans l’UE (-3,2 et -4,5 %, respectivement).

De même, la Finlande (-6 %) et la Suède (-6,6 %), où l’électronique est un secteur majeur pour les entreprises locales, ont également été fortement touchées.

En revanche, en Espagne, les principaux investisseurs en R&D ont accru leur contribution de 15,4 %, en dépit d’une baisse de 6,4 % du chiffre d’affaires. La cause en est le fort développement de ces investissements par de grandes sociétés espagnoles telles que Telefónica (+16 %) et Acciona (+29 %), et l’inclusion d’acteurs majeurs tels que Banco Santander (+18 %).


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