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Radovan Karadzic continue à « fuir » la justice

D.Sabo, le 12/11/2009

En refusant de comparaître à son procès, le criminel de guerre Radovan Karadzic, jugé pour crimes de guerre et génocide en Bosnie dans les années 1992-1995, continue de manifester son arrogance, à la hauteur de la gravité de ses crimes.

Ex- président de la Republika Srpska et commandant suprême des forces militaires serbo-bosniaques, Karadzic a été arrêté l’an dernier et transféré au TPIY après plus de 13 ans de cavale. Il est accusé notamment d’avoir orchestré le massacre de 8.000 Musulmans à Srebrenica (Bosnie) en 1995.

Le procès de Radovan Karadzic, a commencé le 26 octobre à La Haye mais l’accusé l’a boycotté affirmant qu’il n’avait pas eu assez de temps pour préparer sa défense, qu’il comptait assurer lui-même. La Chambre de première instance et la Chambre d’appel avaient rendu des décisions dans lesquelles elles déclaraient qu’il avait disposé d’une durée de préparation adéquate.

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a donc décidé jeudi 5 novembre qu’un avocat serait désigné pour représenter l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic. Ce conseil disposera d’une période de trois mois et demi pour se préparer au procès, en fixant par conséquent la date de reprise au 1er mars 2010.

Cette décision a été prise après être arrivé à la conclusion que l’accusé avait « de manière persistante et significative fait obstruction à la tenue convenable et rapide de son procès en refusant d’assister aux audiences jusqu’à ce qu’il se considère prêt ».

Toutefois, compte tenu du droit fondamental qu’a un accusé de se défendre lui-même, Radovan Karadzic continuera à assurer lui-même sa défense et à préparer son procès. Si l’accusé persiste dans son refus d’assister aux audiences lors de la reprise du procès au mois de mars, ou s’il entrave de toute autre manière la conduite d’un procès équitable et rapide, il perdra son droit de se défendre lui-même, ne pourra plus bénéficier des services de l’équipe chargée de l’assister dans sa défense et le conseil désigné sera commis d’office pour le représenter, a précisé la Chambre.

Ratko Mladic : la paisible existence d’un autre criminel de guerre

Deux autres fugitifs Ratko Mladic et Goran Hadzic doivent également être traduits devant le Tribunal pour répondre des crimes dont ils sont accusés. Le Tribunal est déterminé à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que ces hommes n’échappent pas à la justice. Mais force est de constater que ces hommes bénéficient de protections en Serbie, ce qui ne semble pas gêner outre mesure les diplomaties qui négocient avec le gouvernement serbe son entrée future dans l’Europe.
Le Tribunal se dit très préoccupé par le fait que Ratko Mladić continue à échapper à la justice, malgré les constants appels lancés pour son arrestation depuis la présentation des actes d’accusation établis contre lui en 1995.

Ratko Mladić est mis en cause pour les faits suivants : la participation directe au génocide perpétré après la chute de Srebrenica en juillet 1995 ; le meurtre de près de 8 000 hommes et garçons après la chute de l’enclave ; la terreur infligée à la population civile pendant le siège de Sarajevo, de 1992 à 1995 ; la campagne généralisée de persécutions, expulsions, tortures et meurtres menée en 1992 dans de vastes parties de la Bosnie-Herzégovine, de larges parties de la Bosnie-Herzégovine, notamment dans les tristement célèbres camps de détention d’Omarska, de Keraterm, de Manjača et de Trnopolje, situés au nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine.

Dirigeant politique serbe de l’entité serbe de Croatie au milieu des années 1990, Goran Hadzic est pour sa part tenu responsable de nombreux crimes commis en Slavonie orientale : le meurtre et les persécutions de la population des civils croates et non serbes ; la détention prolongée de civils dans des centres de détention où la torture, les passages à tabac et les meurtres étaient fréquents ; le transfert forcé de dizaines de milliers de non-Serbes hors des régions dont il avait le contrôle.

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