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OCDE : "Il est urgent d’agir contre le chômage des jeunes"

Place publique, le 22/09/2011

Le chômage demeure obstinément élevé dans la zone OCDE et la création d’emplois devrait rester très faible à court terme, selon un nouveau rapport de l’OCDE. Les pouvoirs publics doivent agir contre l’augmentation du chômage de longue durée et des jeunes.

Selon la dernière édition des Perspectives de l’emploi de l’OCDE, à la mi-2011 le nombre de chômeurs dans la zone OCDE avait diminué pour s’établir à un peu plus de 44 millions, un niveau néanmoins supérieur de plus de 13 millions aux chiffres enregistrés juste avant la crise.

« De toutes les facettes de la crise financière et économique, le chômage élevé est la manifestation la plus visible du défi que pose le rétablissement d’une croissance durable. Il s’agit là du visage humain de la crise. » a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, lors du lancement du rapport à Paris. « Les pouvoirs publics ne peuvent pas rester sans réagir. Les défis que représentent un chômage élevé et durable, l’amélioration des possibilités d’emploi et la garantie de filets de sécurité sociaux adaptés, devraient figurer en tête de l’agenda politique. Le risque que le taux de chômage ne s’installe durablement à un niveau élevé s’est accru parallèlement à la forte augmentation du chômage de longue durée.

Aux États-Unis, la proportion de demandeurs d’emploi au chômage depuis plus d’un an a triplé et atteint un niveau record de plus de 30%. Elle atteint plus de 40 % en Espagne. Parmi les principales économies de l’OCDE, seule l’Allemagne a enregistré une baisse du chômage de longue durée.

Des politiques du marché du travail efficaces peuvent faire la différence. Certains pays de l’OCDE, dont l’Australie, le Japon, la Corée et les Pays- Bas sont parvenus à endiguer la croissance du chômage. L’Allemagne a, en fait, réduit son chômage pendant la crise.

« Toutefois, les ressources publiques étant limitées, il faut accorder la priorité aux mesures offrant un bon rapport coût-efficacité – comme des subventions à l’embauche bien conçues – et ciblées sur les catégories de population les plus vulnérables », explique M. Gurría, en faisant référence au projet de loi du Président Barack Obama pour l’emploi américain (American Jobs Act), qui prévoit un allégement des charges sociales pour les employeurs qui recrutent.

L’OCDE préconise de maintenir, voire de renforcer, les aides au revenu destinées aux chômeurs lorsque l’aide sociale est relativement limitée et difficile à obtenir et lorsque les chômeurs de longue durée risquent de tomber dans la pauvreté et l’exclusion. Il est cependant capital d’associer à l’aide au revenu des programmes efficaces de retour à l’emploi afin d’éviter tout phénomène de dépendance à l’égard des prestations. Dans les économies émergentes, l’OCDE recommande de cibler le soutien au revenu de ceux qui en ont le plus besoin et une meilleure intégration des programmes de protection sociale.

Il faut avant tout aider les jeunes. Au premier trimestre 2011, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans s’élevait à 17.4 % dans la zone OCDE, contre 7 % pour les adultes de plus de 25 ans. L’aide apportée aux jeunes diminuera le risque de chômage de longue durée et la perte de contact avec le marché du travail.

« S’attaquer de front au coût humain du chômage, en particulier pour les jeunes qui ne parviennent pas à prendre pied sur le marché du travail doit être une priorité » a déclaré M. Gurría. Il importe notamment de parvenir à une meilleure adéquation entre les acquis scolaires des jeunes et les compétences requises sur le marché du travail.

Lire aussi :

- Le surchômage des jeunes : problème n°1 en Europe

- Le chomage des jeunes augmente

- Améliorer l’emploi des jeunes : Interview de Jean-Baptiste de Foucauld


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