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Notre capital santé en 2030 : les cinq tendances à retenir

par Estelle Leroy, le 5/07/2010

Comment sera géré notre « capital santé » ? Augmentation de l’espérance de vie, découvertes scientifiques, enjeux financiers… l’horizon 2030 marquera une « nouvelle donne » comme le montre étude prospective menée par l’European Institute for Heath . Cinq grandes tendances se dégagent.

L’élargissement du champ de la santé, l’importance des démarches de préventions, l’apport des nouvelles technologies, l’entrée de nouveaux acteurs… La gestion du « capital Santé » à horizon 2030 passe par une approche globale. L’European Institute for Heath, association internationale à vocation prospective dans le domaine de la santé récemment créé, vient de publier une étude en partenariat avec Accenture sur « les tendances ou ruptures dans le domaine de la santé en Europe à Horizon 2030 ».

Objectif : Vieillir …mais jeune

Le concept du « Vieillir jeune » deviendra une priorité partagée par les Européens. L’espérance de vie atteindrait 120 ans en 2030 selon certains scientifiques, et sur les dernières décennies elle n’a fait que croître. Les dépenses liées à la santé deviendront donc une composante importante du budget des ménages, un des premiers postes de dépenses.
Mais surtout elles couvriront un spectre plus large …La nutrition, l’activité physique, la résistance au stress, le réseau et l’activité sociale participent à l’allongement de l’espérance de vie. A cela s’ajoute les progrès de la biologie génétique et moléculaire, le développement des nanotechnologies, une meilleure compréhension du processus de vieillissement … aussi , comme le souligne cette étude, « des prescriptions plus précises pourront être faites par le biais de différents canaux ».

Un « risque santé » de plus en plus individualisé

Dès lors, la notion de « capital santé » prendra tout son sens. Tout en ayant le désir de maintenir son « capital santé » , des comportements à risque demeureront chez certains individus. De même qu’existera toujours une certaine inégalité dans la gestion du dit capital santé, comme l’ accès à certains programmes de prévention.
La question centrale sera alors celle des arbitrages entre la prévention et le traitement, mais aussi entre l’assurance collective et l’assurance individuelle, comme le pose cette étude prospective. « Quelle part de ses propres investissements chaque citoyen doit être prêt à allouer à sa santé ? Quels risques santé doivent redevenir son affaire » et non plus celle de la collectivité ?
« L’attitude des citoyens européens envers le risque influencera les politiques de la santé. Plus la sensibilité au risque sera élevée, plus le prix que la communauté devra payer pour se protéger sera élevé, plus la résistance à l’innovation dans certains domaines se développera », explique t-on.
Et de souligner à l’avenir « l’alliance public-privé avec une présence de plus en forte du privé qui devrait « animer » la prévention du risque », citant déjà comme exemple la communication sur la prévention du cholestérol et les bienfaits des omega 3 par tel ou tel groupe agro-alimentaire, ou « les campagnes des assureurs sur la « subvention » des assurés justifiant des bons comportements de prévention ».
Et de prévoir des dispositifs « ajustant à échéance très rapprochée le montant des primes en fonction des comportements (…) ». Ce que l’étude ne semble pas soulever c’est qu’il s’agit aussi d’une question de fonds qui touche vite aux questions éthiques et à celles des libertés individuelles.

De nouveaux acteurs , un nouveau mode de fonctionnement

L’univers des patients se structurera autour des actes classiques mais de nouveaux acteurs apparaitront dans la chaîne - diagnostic, prescription, contrôle de la prescription, délivrance de la prescription, suivi …. notamment avec l’intervention du diagnostic en temps réel permettant de définir un protocole de traitement très vite .
« Grâce à des senseurs attachés à des équipements au domicile ou intégrés dans les objets qui nous accompagnent en permanence celui-ci pourra être permanent en partie. La téléconsultation, la téléradiologie, le télémonitoring et autres composantes de la télémédecine seront omniprésentes ». _Dès lors, la question du traitement des données personnelles et des informations, et par qui, devient très sensible. A qui reviendra ce rôle de coordination de la prévention de notre « capital santé », et du « capital financier » qui y est lié ?

L’hôpital recentré sur les soins

Dans ce schéma, le rôle même de l’hôpital sera redéfini « compte tenu du développement des centres de diagnostic, des centres de traitement, et de l’hospitalisation à domicile ». Une partie des traitements sera administrée par de nouveaux moyens tels que les « vêtements thérapeutiques », les dispositifs médicaux miniaturisés (puces implantables, machines moléculaires….) via des centres dédiés, situés entre la pharmacie et l’hôpital. « Dès lors l’hôpital se repositionnera sur un champ plus limité d’activités », poursuit cette étude. « La technologie permettra de sortir certains actes de l’hôpital. Les structures et processus de prise en charge seront davantage segmentés et l’hôpital deviendra un pôle spécialisé avec une centralisation des plateaux techniques ».
A côté de ces pôles, des centres proximité prendront en charge certains actes de diagnostic et de soins. « Le développement des réseaux, de l’hospitalisation à domicile et plus généralement de toutes les structures alternatives à l’hospitalisation classique participe d’un mouvement général de graduation des prises en charge ».

Un vecteur de croissance économique

A l’horizon 2030, l’industrie de la santé deviendra donc l’une des industries majeures de l’économie européenne. Et de conclure : Si les dépenses en matière de santé ont cru de près de deux points de PIB en vingt ans, en passant de 7,6% du PIB en 1985 à 9,7% en 2005 dans les pays les plus riches d’Europe, cette évolution devrait s’accélérer : « dans 25 à 30 ans le niveau de dépense dans ces pays pourrait atteindre environ 15% du PIB ». _ Une augmentation envisagée quelle que soit l’évolution du PIB : l’attention croissante qu’accordent les ménages européens à la préservation de leur « capital santé », ainsi que l’augmentation de l’espérance de vie étant des tendances lourdes.


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