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Mondial de l’automobile. La voiture électrique...très branchée !

D. Sabo, le 4/10/2010

Vedette incontestée du salon de l’auto : la voiture électrique. Beaucoup de communication autour d’elle. Mais est elle si écolo que ça ? Des obstacles important freinent son développement.

Sur le papier, d’accord. Rouler à l’électricité est un réel progrès. Bien mieux, que rouler à l’essence. Et puis moins bruyant. Les véhicules électriques vont très vite être à 6-7% du parc nouveau dans les trois ans qui viennent, pour atteindre probablement 20 ou 25% d’ici 2020.

Mais en y regardant de près, c’est moins évident L’association Agir pour l’Environnement vient de publier un rapport sur les freins au développement de la voiture électrique.
Pour Stéphen Kerckhove, le délégué général de l’association : « L’État français fait fausse route en soutenant une solution technique qui est à l’automobile ce que le minitel était à l’internet .

Premier frein : Un prix de vente excessif et dissuasif. Certes, pour parcourir 100 km, le coût en électricité est moindre que le coût de l’essence. Le plein d’électricité revient à moins de 1 euro pour 100 kilomètres. Ce qui en fait un carburant près de 10 fois moins cher que l’essence. Et 10 fois moins polluant en utilisation si l’électricité est fabriquée à partir d’énergies renouvelables (hydraulique, solaire, éolien…). Et il n’y a pas de vidange à faire… La consommation annuelle moyenne de la voiture équivaut à celle d’un chauffe-eau électrique. Le coût d’entretien est également diminué de 40%. Et les conditions de conduite pèsent, à la baisse, sur le stress et l’accidentologie.
Certes, l’Ademe (Agence de la maîtrise d’énergie) octroie une prime de 3200 euros pour l’achat d’une voiture électrique et de 400 euros pour un scooter électrique. Les avantages fiscaux sont non négligeables. Assurances et cartes grises sont moins chères. Si le prix à l’achat est cher, l’usage est rentable..
Cependant, malgré les avantages et les aides, l’achat d’une voiture électrique devrait s’élever à environ 35 000 euros. Pas donné ! Il faudra attendre plus d’un an pour voir des véhicules à 15 000 euros minimum.

Autre frein, l’autonomie. A peine 150 kms, c’est pas beaucoup. Les véhicules actuellement en circulation, subissent en effet la contrainte de la recharge. L’arrivée des piles lithium-ion change la donne en donnant la possibilité d’effectuer 200 km. Les batteries utilisées jusqu’ à présent sont aussi difficilement recyclables. La durée de vie des batteries actuelles est largement inférieure à la durée de vie du véhicule lui-même ce qui suppose un remplacement tous les deux-trois ans.
Au final, cela limite son usage à la circulation en ville mais pas à la route. Pour partir en vacances il faudra disposer d’un réseau suffisant de lieux pour s’approvisionner. Or ce n’est pas le cas. Les pompes « vertes » et les bornes électriques sont encore en nombre limité. Cela ne facilite pas l’adhésion des usagers.

Enfin, troisième handicap, détaillé par Agir pour l’environnement, « le bilan écologique et climatique semble moins favorable que prévu. En effet, l’usage exclusivement urbain ou périurbain de la voiture électrique nécessite une seconde voiture et ne remplacera donc pas la première voiture « thermique ». La fabrication d’une automobile est responsable de 14 % à 20 % des émissions globales d’un véhicule.

En conclusion de son rapport, l’association estime que « la voiture électrique est avant tout un outil de communication permettant de verdir, à bon compte, l’image de constructeurs automobiles qui n’ont, en rien, pris en compte les contraintes énergétiques et climatiques dans leur stratégie industrielle. » Pour Yannick Jadot d’Europe Ecologie, « la voiture électrique n’est pas une voiture propre, comme on l’affirme trop souvent. Il faut la fabriquer et sa fabrication est polluante et consomme beaucoup de C02 ». Pour lui, il est préférable d’innover dans des voitures qui consomment moins et éduquer les conducteurs par l’écoconduite. En outre, pense-t-il, seuls le développement des transports en commun ainsi que la promotion des modes de déplacement doux répond efficacement et durablement aux contraintes écologiques.

Bien que ses jours soient comptés, le bon vieux moteur thermique en a encore sous la pédale. Plusieurs raisons font que nous avons du mal à nous passer d’essence. D’abord parce que le secteur des transports dépend à plus de 90% des importations de pétrole. Le consommateur n’a donc pas vraiment le choix.
L’économie impose ses lois. L’or noir offre aussi une meilleur concentration d’énergie. C‘est le produit le plus échangé au monde. Il est donc structurant pour l’économie mondiale. Enfin, nombre d’automobilistes croient que le pétrole va dominer encore longtemps, estimant avoir le temps de voir venir. Les autres pensent que le coût de l’essence est artificiellement élevé et que cela va redescendre.


Vos commentaires

Posté le 4 octobre 2010 à 17:09 , par PYM

L’engouement pour les voitures électriques fait penser à feu la bulle internet, comme avec internet beaucoup vont s’y engoufffer...et y laisser des plumes, transporter 200kg de batterie dont l’énergie est équivalente à environ 7L de gas-oil (6.5Kg) est une gageure, heureusement que le rendement du moteur électrique et de son pilotage avoisine 85% contre 22% pour le moteur diesel....La voiture électrique sera mure lorsque le poids de la batterie sera < 100kg et sa capacité doublée soit une multiplication par 4 de ses caractéristiques actuelles. Cela va demander probablement une décennie, il est donc urgent d’attendre pour le particulier, pour une entreprise le problème se pose différemment si la mission du véhicule est urbaine avec un parcage appropriée plus facile à gérer pour une entreprise.
Fort à parier que dans 10 ans (ou plus) ’j’achèterai ! pourle moment il ne sert à rien de se précépiter sauf pour une diminution d’émission de C02 que je vais tenter en réduisant le kilométrage annuel parcouru, pour le moment je diminue de 1000km/ans depuis 2007 soit 8000km actuellement (2009) .cet une étape obligée ...même avec l’électrique ! mais de cela, on ne parle pas ou trop peu !


Posté le 7 octobre 2010 à 09:52 , par Saisissez votre nom

Il existe une solution aux problèmes d’autonomie de la batterie, qui est déjà étudiée par Renault je crois, consistant à louer les batteries et mettre en place un système de changement de la batterie dans les stations service. Du coup, plus besoin de recharger sur les long trajets, suffit de changer la batterie. Après ce sont des problèmes d’infrastructure et de volonté politique !


Posté le 7 octobre 2010 à 11:09 , par miha

1 euro les 100 km ? Attendez de voir à combien l’augmentation inéluctable de l’électricité va faire grimper ce prix de revient dans les années à venir !
La fabrication de l’électricité écologique ? Elle est marginale en France. L’électricité est d’abord d’origine nucléaire avec des centrales vieillissantes qui deviennent dangereuses et un EPR dont la fabrication est bloquée car ne répondant pas aux normes de sécurité.
Les batteries sont fabriquées à partir de lithium qu’on ne trouve pas en France, ce qui nous met,encore, à la merci de pays exportateurs.. et on ne sait pas recycler le lithium.

D’accord avec ça :
" la voiture électrique est avant tout un outil de communication permettant de verdir, à bon compte, l’image de constructeurs automobiles qui n’ont, en rien, pris en compte les contraintes énergétiques et climatiques dans leur stratégie industrielle"
et avec ça :
" la voiture électrique n’est pas une voiture propre, comme on l’affirme trop souvent. Il faut la fabriquer et sa fabrication est polluante et consomme beaucoup de C02 ». Pour lui, il est préférable d’innover dans des voitures qui consomment moins et éduquer les conducteurs par l’écoconduite. En outre, pense-t-il, seuls le développement des transports en commun ainsi que la promotion des modes de déplacement doux répond efficacement et durablement aux contraintes écologiques."

Quant à ça :
"Plusieurs raisons font que nous avons du mal à nous passer d’essence. D’abord parce que le secteur des transports dépend à plus de 90% des importations de pétrole."
On sait que le pétrole ne sera bientôt plus qu’un souvenir (dans 15 ans, dans 20 ans... demain, quoi !), on en a besoin pour fabriquer nombre d’objets, nombre de matériaux dans la construction, par exemple, mais on continue à le brûler allègrement pour faire rouler des voitures, pour nous chauffer... un non-sens, une absurdité !


Posté le 7 octobre 2010 à 13:40 , par Olivier

DOSSIER Voiture électrique - Réponse aux questions fréquentes :
http://www.electron-economy.org/art...


A mon avis la voiture électrique c’est carrément une arnaque et les gogos qui achètteront ces bastringues seront aussi ridicules que ceux qui ont achetté une DAF en 1970...
Les automobiles électriques sont : 1/ petites, parfois trés petites... 2/ équipées par 5 moteurs... 3/ autonomie trés faible , souvent inférieure à 250km... 4/ temps de recharge à domicile trés long : 10-12h ... 5/ temps de recharge dans une station high-tech ridiculement long : 1h30... 6/ le lithium-ion vient du chili ou de bolivie... 7/ prix d’achat exhorbitant ou nécéssité de louer la batterie 85euros par mois...

La véritable révolution écologique sera celle de l’hydrogène !!!
LIRE :
1/ stockage des énergies solaire-éolienne-hydrolienne sous forme de dihydrogène-dioxygène...
2/ solar-island CSEM
3/ Arezzo-hydrogène ( controverses energ...éthiques)
4/ BMW 745h
5/ MAZDA RX8 hydrogen


Marc de NARA - 2010-10-09 07:10:35
Posté le 11 octobre 2010 à 21:35 , par Jean-Marc

En fait, la voiture élec/thermique/à pédale a un ENORME defaut : elle a un effet de réseau négatif
http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_...
celà signifie que, plus il y a de voitures, plus il y a d’embouteillage, plus on tourne pour se garer, plus on marche entre sa place de parking et son but, et entre son but et sa place de parking -> la voiture encombre la ville, et plus il y en a, moins elle devient mobile.
c.f. en chine, cet été, un embouteillage de 120km (et ce n est qu’un début... comme ils bitument moins vite qu’ils n achetent de voitures) http://www.20min.ch/ro/news/monde/s...

Au contraire, comme le montre cette photo comparative :
http://pierre.eyben.be/local/cache-...
les transports en communs et le vélo ont des effets de réseau positifs .

En particulier, l’effet Mohring pour les transport co.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_...
Plus il y a d usagers des transport co, plus la circulation est fluide, et plus la fréquence des lignes et le nombre de lignes et de désertes augmentent, rendant les transport co encore plus intéressant.
De la même manière, plus il y a de cyclistes, plus les automobilistes font gaffe à eux, et plus les élus et indus. construisent des structures ou des lois/règlements tenant compte de leur existence (voies cyclable, parking à vélo près des entrées, loi du double-sens-cycliste,...)

Après, il faut pouvoir coupler le vélo (avec assistance élec, si nécessaire) et les transport co :
avoir des cassier dispo dans les trains, et des porte-vélo à carte à l avant des bus, ainsi, en fonction des distances, du relief, voire du temps, ou de son état de fatigue/forme on pourra passer de l’un à l’autre.

Un dossier intéressant sur le sujet :
http://pierre.eyben.be/article198.html


Posté le 13 octobre 2010 à 07:33 , par PM

Et quid de la voiture à air comprimé développée depuis plus de dix ans par un concepteur français dans le sud est de la france et dont on ne parle jamais et qui à vendu ses brevets à TATA en Inde ?


Posté le 23 octobre 2010 à 00:17 , par Nicolas

"En effet, l’usage exclusivement urbain ou périurbain de la voiture électrique nécessite une seconde voiture et ne remplacera donc pas la première voiture « thermique »."

Non, il ne nécessite pas de seconde voiture. Pourquoi la nécessiterait-il ? Je n’ai pas de voiture, et je suis loin d’être le seul.

"Pour Yannick Jadot d’Europe Ecologie, « la voiture électrique n’est pas une voiture propre, comme on l’affirme trop souvent. Il faut la fabriquer et sa fabrication est polluante et consomme beaucoup de C02 »."

Vraiment ? Alors tant mieux : le CO2 est un gaz à effet de serre.

"Plusieurs raisons font que nous avons du mal à nous passer d’essence. D’abord parce que le secteur des transports dépend à plus de 90% des importations de pétrole."

C’est l’inverse.


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