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Mariage pour tous, une histoire d’amour

par Yan de Kerorguen, le 4/02/2013

Alors que le projet de loi sur le mariage pour tous est discuté à l’Assemblée Nationale, les partisans de la réforme restent mobilisés pour montrer que les Français, à l’instar des autres citoyens des pays européens développés, veulent moderniser la société.

Selon un récent sondage Ifop, l’opinion des Français est de plus en plus favorable au mariage homosexuel : 63% l’approuvent (contre 60% début janvier) et 49% (+3 points) sont aussi favorables à l’adoption par des couples du même sexe. Des chiffres confirmées par la rue. Le succès de la manifestation du 27 janvier 2013 pour « le mariage pour tous » montre que, contrairement à ce qu’affirment ceux qui manifestent pour limiter les droits des homosexuels, la majorité des Français, et en particulier l’immense majorité des jeunes, ne veulent pas d’un pays rétrograde qui fait perdurer un modèle enfermant une catégorie de la population dans un statut de sous-citoyens ? Ils veulent d’un pays qui reste fidèle aux formidables évolutions sociales qu’il a engendré, tels que le Pacs, le droit à la contraception, à l’IVG, au divorce, droits âprement gagnés en leur temps, mais aujourd’hui reconnus.

Difficile d’accepter que des personnes ne puissent voir leur amour reconnu et leur famille protégée, simplement parce qu’elles forment un couple de même sexe. Impossible d’ accepter que des milliers d’enfants soient des « fantômes de la République » maintenus dans l’insécurité citoyenne et juridique. Un élu de la République est-il dans son rôle en déclarant certaines familles plus légitimes que d’autres ? Et l’’Église. De quoi se mêle-t-elle en intervenant de façon intempestive dans cette affaire civile ? Enfin comment accepter que certains descendent dans la rue pour réclamer le droit d’interdire des droits aux autres ?

En cette affaire , la seule raison qui vaille est celle de l’amour. Interdire le mariage aux couples homosexuels, c’est accepter l’homosexualité hors mariage, c’est finalement admettre le sexe et refuser l’amour. La société a changé et c’est bien d’amour qu’il s’agit dans la volonté des couples homosexuels de fonder une famille. Pour toutes ces raisons, la loi sur “le mariage pour tous” est une formidable avancée, car elle sécurise les couples et les enfants sans droits. L’éducation de l’humanité réside dans la transmission de l’amour, de la loi et de la culture, et non de la filiation. Au nom de quelle morale ou science, peut-on prétendre que des homosexuels en sont incapables. Toutes les études sur la question indiquent que les choses ne se passent pas plus mal pour leurs enfants qu’avec les hétéros.

A ceux qui estiment que le projet de loi bouleverse l’institution du mariage, il faut apporter un démenti. Rien ne changera pour les couples hétérosexuels. Le texte du projet de loi ne prévoit pas de supprimer les termes de « père », « mère », « mari » ou « femme » pour les couples hétérosexuels pour laisser place à des termes indifférenciés. Certes, le Code Civil sera modifié mais ne sera pas bouleversé par cette loi. Ces modifications ne changeront rien pour les couples de sexe opposé et les familles hétéroparentales. Lorsque cela sera strictement nécessaire, les mots « père et mère » seraient remplacés par le mot « parent » et les mots « mari et femme » par le mot « époux ».

Non, la réforme ne va pas détruire les fondements de la famille ni changer les donnes de l’organisation de notre société , mais la faire progresser sur un autre mode que le schéma classique père-mère-enfants. Être parent, ce n’est pas simplement transmettre ses gènes, mais s’occuper d’un enfant au quotidien, l’aimer et l’éduquer . Il est grand temps de reconnaître toutes les formes de familles et de protéger juridiquement tous les enfants. Impossible d’admettre qu’en cas de décès du parent officiel, ou même seulement de séparation, le deuxième parent n’ait aucun statut juridique ni aucun droit. Aujourd’hui, en France, entre 40 000 et 200 000 enfants vivent dans des familles homoparentales. Pourtant un seul de leur parent est officiellement reconnu. Au regard des droits de l’homme et du citoyen, cette précarité juridique est inacceptable. Donner le droit au second parent d’adopter permettra d’établir un lien de filiation avec son enfant.

La plupart des associations en faveur du mariage gay appellent à l’ouverture de la PMA ( procreation médicalement assistée) aux couples de femmes « dans les mêmes conditions que les couples hétérosexuels, dont les deux membres sont en âge de procréer, ou mariés ou pouvant justifier de deux ans de vie commune. Cette question ne sera pas discutée dans la réforme du mariage pour tous mais sera intégrée dans le futur projet de loi sur la famille . Enfin, il est temps aussi de reconnaître aux jeunes qui découvrent leur homosexualité et se voient rejetés, l’assurance d’un bonheur futur dans leur choix amoureux. Quand on sait qu’il y a sept fois plus de suicides chez les adolescents homosexuels, il est urgent d’éloigner à jamais la tentation du suicide que certains éprouvent, en condamnant toute expression d’homophobie.


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