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Les économie d’énergie, un potentiel négligé par l’Europe

Yan de Kerorguen, le 13/01/2011

L’Union européenne s’est fixée pour objectif de réaliser 20% d’économies d’énergie d’ici à 2020, mais elle devra redoubler d’efforts pour l’atteindre. L’UE est en effet très en retard sur son ambition .

« Il n’y a pas de crise énergétique, il n’y a qu’un gigantesque gaspillage d’énergie ». C’est ainsi que s’exprimait l’artiste allemand Friedrich Hundertwasser en observant les animaux. Il ne croyait pas si bien dire.

Les meilleures énergies sont celles qu’on économise. On estime à 20% les réductions d’énergie réalisables en évitant le gaspillage. C’est d’ailleurs le pourcentage auquel veut arriver les pays de l’Union européenne. L’objectif est de diminuer la consommation d’énergie de 20 % d’ici à 2020.

La solution la plus évidente est le comportement des individus. Les problèmes d’énergie ne peuvent pas uniquement être résolus par des progrès scientifiques. Ils peuvent être considérablement atténués par l’adhésion des usagers à l’objectif de maîtrise de la consommation. Il est en effet facile d’économiser de l’énergie quotidiennement. A condition d’utiliser une énergie qui ne dit pas son nom : la raison !

Chaque geste que nous faisons entraîne l’émission de gaz à effet de serre, soit directement, dans notre vie domestique à la maison (30% de l’énergie dépensée en chauffage, éclairage, électroménager,…), soit en conduisant nos voitures, ( 12 %), soit indirectement dans nos aliments. Logiquement, en pariant sur le bon sens, la maîtrise des énergies devrait impacter tous les domaines de consommation.

Après tout, qui va vouloir acheter quelque chose qui pollue, coûte cher, perd sa valeur rapidement, cause l’embarras et offense quand on pourra acheter quelque chose de sympa, élégant et durable ? On peut donc faire preuve d’optimisme. Et si diminuer les émissions de CO2 devenait un passe-temps très tendance ? Et si on arrivait bientôt à produire plus d’énergie que le système n’en consomme. C’est un des vœux que l’on peut formuler pour le futur

Nous n’en sommes pas là.
Un rapport de l’association européenne de l’énergie éolienne (EWEA), publié le 4 janvier 2011, révèle que, pour lutter contre le réchauffement climatique, l’Europe devrait attendre son but de 20% d’énergie provenant de sources renouvelables (ENR) d’ici 2020. 20,7 % de la consommation énergétique et 34 % de la demande d’électricité seront couverts par des énergies renouvelables. Selon les données fournies par la Commission européenne, quinze Etats membres ont même dépassé leurs objectifs. Déjà, en 2009, 11,6 % de l’électricité européenne provenait du renouvelable. La Commission européenne s’attend à ce que 64 % des nouvelles capacités énergétiques installées dans la décennie 2011-2020 soient renouvelables.

Les 27 se sont fixés trois objectifs d’ici à 2020 : réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation globale, et enfin atteindre 20% d’économies d’énergies.

Si les Etat membres consentent à d’importants efforts pour les Energies renouvelables, la situation est différente pour les Economies d’énergie. "Il est réaliste de penser que nous atteindrons l’objectif de 20 % pour les énergies renouvelables, mais nous n’arriverons qu’à 10 % pour l’efficacité énergétique si nous restons sur la base actuelle", (alors que l’objectif fixé est de 20% également), a expliqué le président de la Commission européenne, Manuel Barroso, le 5 janvier dernier. Le bilan des économies à ce jour réalisées n’est pas des plus encourageants. Pourtant, il existe un potentiel énorme d’économies d’énergies à réaliser dans les secteurs des transports et des bâtiments.

Ce retard peut s’expliquer par le fait que les plans d’actions sont nationaux et non contraignants, avait précisé, en novembre 2010, le Commissaire à l’Energie, Gunther Oettinger. L’UE "n’a pas réalisé suffisamment de progrès dans le domaine de l’efficacité énergétique", a-t-il déploré, et ce malgré le fort potentiel d’économies d’énergies qu’il est possible de réaliser, dans les secteurs des transports et du chauffage des bâtiments, notamment. Günther Oettineger avait alors fait part de la volonté de la Commission de rendre ses programmes "contraignants et contrôlables". A bon entendeur, meilleurs voeux


Vos commentaires

Posté le 16 janvier 2011 à 09:52 , par Yvan Burtin ( http://www.union-planetaire.com )

« Il est en effet facile d’économiser de l’énergie quotidiennement. A condition d’utiliser une énergie qui ne dit pas son nom : la raison ! C’est un des vœux que l’on peut formuler pour le futur… »

Tout juste, c’est une question de bon sens et la meilleure façon pour qu’il se réalise serait, pour changer de comportement, que l’on adopte officiellement l’Écologonomie comme science du futur. Donner prééminence à la raison sur les règles et loi de l’argent pour gérer les affaires humaines et ce quelque soient les domaines d’activités. C’est alors qu’il sera possible de s’extirper de cette croissance gloutonne en ressources naturelles, carnivore biologique et aliénante.
Quant au concept de durabilité sympa et élégant nous ne pouvons faire preuve que de pessimisme lorsque l’on constate, au quotidien, le caractère d’obsolescence savamment programmé des produits afin d’accroitre leurs consommations.
Il y aurait des objectifs d’ici à 2020 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et consommations énergétiques avec un potentiel énorme dans les secteurs des transports et des bâtiments ?
C’est une vaste foutaise politico-médiatique lorsque que l’on sait le projet retenu pour la future coupe du monde de football à Dubaï. Les stades climatisés, les structures d’accueil, les transports notamment aériens des participants, l’air conditionné, la lumière électrique et les systèmes de communications produiront une empreinte (à minima) de près de 150 000 tonnes de CO2 ! L’Europe à accepté, dont acte !
Le psychodrame climatique et énergétique continue. L’irresponsabilité politique et le manque de conscience perdurent et menacent de ruiner une civilisation d’ores et déjà en régression.
Cependant il subsiste un espoir, l’Europe peut être différente. Elle peut s’affranchir du lobbying économique et privilégier le partage, la solidarité, l’échange, la recherche et la vie en commun. Elle peut être un strapontin pour l’UP (Union Planétaire).
La vision progressiste du monde peut encore passer par les citoyennes et citoyens européens pour aboutir à l’union planétaire. Si ce n’était le cas, il n’y aura plus d’alternative au déclin en cours.
En attendant une réaction salvatrice de nos contemporains souhaitons simplement que cette année 2011 soit juste moins pire que 2010 !
A bon entendeur…
Y.B.


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