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Les docteurs en sciences ont du mal à trouver du travail dans l’entreprise

Place publique, le 6/12/2010

Encore une exception française, le relatif mépris avec lequel sont traités les plus hauts diplômes en sciences. Alors qu’en 2007 les jeunes diplômés de niveau Master ont un taux de chômage de 7 %, celui des titulaires d’un doctorat culmine à 10 %.

Si l’insertion des diplômés en France augmente avec le niveau de formation, il existe depuis le début des années 2000 une césure au niveau du diplôme le plus élevé de la formation universitaire : le doctorat.

Etrange faiblesse car les docteurs constituent une ressource humaine essentielle dans le secteur de la recherche, donc un élément de compétitivité croissant dans les économies de la connaissance.

L’analyse comparative révèle que les autres pays développés (OCDE), enregistrent des taux de chômage des docteurs très faibles. Cette situation n’est pas due à une surproduction de diplômés. Dans l’hexagone, c’est surtout le sous-investissement en recherche-développement du secteur privé et, dans une moindre mesure, la préférence donnée aux ingénieurs pour les postes de recherche qui pèsent sur l’insertion professionnelle des titulaires de doctorats, notamment pour certaines disciplines , révèle une étude du Centre d’Analyse stratégique. Enfin, si le faible taux de chômage des docteurs dans les pays de l’OCDE s’accompagne d’une plus grande proportion des emplois en CDD, celle-ci reste également importante en France.

Pour obtenir une meilleure régulation de l’offre de formation doctorale et un renforcement de l’accompagnement des docteurs, le Centre d’analyse stratégique fait 5 propositions.

1. Améliorer l’information des établissements et des étudiants, notamment en associant davantage les acteurs privés à la production de données régulières, par disciplines, sur les besoins de recrutements et sur l’insertion professionnelle des docteurs.

2. Réaffirmer le rôle central des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) dans la coordination et la régulation de l’offre de formation doctorale, notamment en favorisant le transfert au PRES de la compétence de délivrance des diplômes et des moyens de financement des contrats doctoraux.

3. Associer davantage les grandes écoles aux formations doctorales, pour permettre à davantage d’ingénieurs de préparer un doctorat.

4. Améliorer la proportion de thèses financées, notamment par les entreprises : d’une part, en fixant un objectif aux universités dans le cadre de leur contractualisation avec l’État ; d’autre part, en imaginant un dispositif permettant à une entreprise de financer une thèse en contrepartie d’un engagement du doctorant à demeurer quelques années dans l’entreprise après son embauche.

5. Reconnaître le doctorat dans les conventions collectives, notamment les grilles salariales.


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