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Le poids des banques contre les dérives de la microfinance

Propos recueillis par Muriel Jaouën, le 7/01/2011

L’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) finance depuis 20 ans les projets de micro-entreprise en France. Pour son directeur général, Emmanuel Landais, les dérapages du microcrédit en Inde sont intimement liés à l’environnement économique.

La France est-elle à l’abri des dérives qu’a connues le marché de la microfinance en Inde en 2010 ?
Ce qui s’est passé en Inde ou au Mexique, où des opérateurs ont dérapé en choisissant de s’introduire en bourse, pourrait difficilement se produire dans les pays du nord. Ce qui différencie foncièrement nos environnements de ceux des pays du sud, c’est le poids du secteur bancaire. Dans les pays du Sud, les banques sont beaucoup moins présentes dans la structuration de l’économie et parfois totalement absentes en bas de la pyramide sociale. D’où un potentiel de marché colossal pour le microcrédit, particulièrement adapté à un emploi plus ou moins formel, dominé par la petite paysannerie, la micro-entreprise, l’artisanat et le travail indépendant.
Qui dit marché important dit concurrence. Et quand la concurrence devient exacerbée et qu’il n’y a aucune régulation du secteur, on assiste à des dérives. En Inde, certaines institutions de microfinance ont peu à peu glissé vers un modèle de crédit à la consommation, générant des situations de surendettement parfois tragiques.

Et dans nos pays ?
Dans nos pays, l’économie est massivement financée par les banques et la forme dominante d’emploi reste l’emploi salarié. La microfinance ne peut qu’avoir une fonction subsidiaire. Les opérateurs sont beaucoup moins nombreux, on ne peut pas véritablement parler de concurrence. D’autant moins que les acteurs en présence s’inscrivent dans une logique non lucrative. Nous restons très sélectifs sur les conditions d’octroi. Par ailleurs, la centralisation des fichiers d’emprunteurs limite le risque de surendettement. Dans les pays du sud, les opérateurs vivent exclusivement du revenu des prêts. Pas dans nos environnements. Ce qui ne veut pas dire que tout risque est définitivement exclu.

Lire aussi :
Le microcrédit indien au bord du krach


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