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La mobilité des Français à la loupe

Place publique, le 16/01/2011

Après des décennies de baisse, la part de la marche à pied et du vélo dans les déplacements quotidiens des individus se stabilise. C’est ce que révèle une enquête sur les transports et déplacements des Français menée par le CGDD)

L’étude présentée en décembre 2010 par le commissariat général au Développement durable souligne une stabilité de la mobilité locale (3,15 déplacements par personne en 2008) et une légère augmentation du temps consacré aux déplacements (+1,6 minute de 1994 à 2008), mais aussi des évolutions plus marquées sur les distances quotidiennes parcourues. Ces dernières ne cessent d’augmenter (+2,1 kilomètres de 1994 à 2008). Les personnes âgées sont, elles, devenues plus mobiles qu’en 1994. Sur les longues distances, l’augmentation de la mobilité est portée par la croissance de la population et la hausse du nombre moyen de voyages par individu (+0,9 voyage de 1994 à 2008). La distance parcourue lors de un voyage reste stable (944 kilomètres en 2008).

Dans une introduction à cette enquête parue dans la Revue du CGDD « La mobilité des Français ». Panorama issu de l’enquête national « Transports et déplacements » 2008, Michèle Papalardo, Déléguée interministérielle et Commissaire générale au Développement durable, souligne que « le nombre de déplacements individuels effectués chaque jour est à peu près le même partout (entre 3,0 à Paris et 3,4 dans les grandes villes de province). L’utilisation de la voiture est d’autant plus faible que la zone est dense (1 déplacement sur 8 à Paris, près de 9 sur 10 dans la périphérie des petites villes). Aussi, plus l’habitat est dense, plus les personnes ont recours aux transports en commun, au vélo et à la marche à pied. « L’usage de la voiture reste prédominant mais il se stabilise entre 1994 et 2008 dans les grandes villes de province et recule même à Paris. Or 37 millions d’habitants vivent aujourd’hui dans les pôles urbains, ce qui représente 60 % de la population de la France métropolitaine. Dès lors, l’importance des enjeux liés à la mobilité urbaine s’en trouve renforcée.

« Après des décennies de baisse, la part de la marche à pied et du vélo dans les déplacements quotidiens des individus se stabilise. La marche à pied représente plus d’un déplacement sur cinq en semaine en 2008, le vélo moins de 3 %. Mais si le vélo progresse dans les grandes villes, il recule en milieu rural. Pourtant, le parc de vélos détenus par les ménages poursuit sa progression : de 21 millions en 1994, le nombre de vélos d’adultes est passé à 27 millions en 2008. Ce parc est donc sous-utilisé. Il est vrai que l’allongement des distances, en particulier pour les déplacements domicile-travail, constitue un frein à son développement et les plans de déplacements urbains réalisés par les municipalités et communautés d’agglomération ou les plans de déplacement d’entreprise réalisés par les grandes entreprises doivent prendre ces aspects en considération.

« Parmi les 14,6 millions d’actifs ayant un lieu fixe et régulier de travail et utilisant leur voiture, 6,3 millions d’entre eux – résidant essentiellement en zones urbanisées –, pourraient ne pas l’utiliser. Si aujourd’hui le seul fait de résider dans un périmètre de transport urbain ne modifie pas en soi l’usage de la voiture, il offre en pratique une opportunité de choix.

« Parmi les actifs ayant le choix, les raisons mises en avant pour ne pas choisir le mode alternatif à la voiture sont, par ordre d’importance, le temps de transport (40 %), l’inadaptation des horaires des transports en commun, le confort, la fatigue – essentiellement pour le vélo ou la marche à pied. Parmi les autres raisons citées (dans un cas sur huit en première raison) le fait d’utiliser sa voiture pour se rendre à son travail ou de devoir transporter un matériel encombrant est souvent invoqué, ainsi que les conditions météorologiques lorsque le vélo ou la marche sont le mode alternatif.

« Le programme fixé dans les lois Grenelle vise à renforcer l’attractivité des modes alternatifs. Toutefois, il apparaît clairement que le développement du co-voiturage n’est pas aisé et que les Français y sont naturellement peu enclins. Sauf à remettre en cause l’accès à la mobilité, l’automobile constitue pour de nombreux déplacements, en particulier dans les zones rurales, l’outil le plus adapté. Il faut à ce titre noter que cet équipement s’est largement diffusé dans les dernières décennies. De moins en moins de ménages en sont privés : 19 % ne possèdent pas de voiture en 2008 contre 23 % en 1994, et cela résulte désormais certainement plus souvent d’un choix délibéré qu’auparavant, a fortiori dans les milieux aisés parisiens. Et le multiéquipement, qui offre plus de liberté à chaque membre du ménage, s’est largement accru, en particulier dans les zones rurales. Cela n’implique pas pour autant un accroissement du kilométrage en voiture de chaque ménage qui, avec 20 200 km par an, a même légèrement reculé entre 1994 et 2008 car chaque véhicule est en moyenne moins utilisé.

« L’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, la réduction de leurs émissions et la promotion des énergies alternatives au pétrole restent donc des enjeux majeurs. C’est bien sûr le cas avec la mise en place du bonus malus automobile et la prime à la casse qui ont remporté un vif succès. La mise en place du bonus malus a entraîné, un mois après sa mise en place en décembre 2009, une baisse de 6 g de CO2 par kilomètre des véhicules neufs achetés. Et cette tendance à la baisse s’est accélérée depuis. Ainsi, aujourd’hui, les véhicules immatriculés neufs émettent 131 g CO2/km (2e trimestre 2010) contre 135 un an plus tôt et 141 deux ans plus tôt. Cela place la France en tête des pays européens.

« Les efforts en matière de sécurité routière ont déjà commencé à porter leurs fruits : outre la baisse de l’accidentologie, la réduction des vitesses a permis une diminution des émissions polluantes qui vient appuyer les gains d’efficacité énergétique. Ainsi, en 2009 par exemple, alors que la circulation routière de voitures particulières a globalement augmenté de 0,5 % (baisse de la mobilité automobile individuelle contrebalancée par la croissance démographique), le nombre d’accidents corporels et de blessés a baissé de 3 %.

« Le nombre de tués est resté stable en 2009. Dans le même temps, les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports ont reculé de 0,6 %, les autres polluants comme les NOx, CO et COVNM ont également reculé. La promotion d’une mobilité alternative à la voiture individuelle, outre les actions en faveur du changement des comportements (covoiturage, développement du télétravail...), dépend d’un effort d’investissement dans les transports en commun. Le rapport sur les comptes des transports montre que ces investissements ont fortement progressé en 2009 avec une hausse des investissements dans le ferroviaire de 12,6 % après déjà 16,7 % en 2008. Dans le transport collectif urbain d’Île-de-France, les investissements auraient également progressé de 4,5 % en 2009.


Vos commentaires

Posté le 18 janvier 2011 à 08:31

Merci pour toutes ces données ! Contente de voir que l´usage de la voiture recule à Paris et vivement plus de voies cyclables dans toutes les agglomérations urbaines. (Violette du site www.envoiture.fr)


Je suis assez contente moi aussi des ces résultats, c’est une bonne chose pour l’avenir.
Laiza http://www.lavieauquotidien.com/


Saisissez votre nom - 2011-03-19 06:15:16

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