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La croissance du numérique implique une éducation à l’image

D. Sabo, le 13/12/2010

Trois Français sur quatre sont désormais équipés d’un ordinateur au domicile et ont accès à Internet. C’est ce que révèle une récente étude 2010 du Crédoc* qui présente les dernières données sur la consommation et les usages numériques des Français .

• Média devenu dominant, que ce soit via un ordinateur ou un mobile, pour regarder la télévision, communiquer via les réseaux sociaux, l’usage d’Internet n’est pas uniquement ludique puisqu’il est utilisé également par les Français pour effectuer des démarches administratives. Si la Corée et d’autres pays du nord de l’Europe comme les Pays-Bas, la Norvège ou le Danemark, dépassent les 80% d’accès à Internet, la France reste bien située en matière de haut-débit par ADSL (grâce aux « boxes ») devant les Etats-Unis et le Japon. Le taux d’équipement en téléphonie mobile pourrait bientôt dépasser celui du téléphone fixe. La croissance du double équipement fixe-mobile est conforme à celle observée dans les pays les plus développés de l’Union européenne. Aujourd’hui un Français sur deux utilise sa « box » pour téléphoner.

• Internet est installé dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Les trois quarts des individus qui disposent d’un accès à Internet à leur domicile l’utilisent tous les jours, 16% en font un usage hebdomadaire et 5% seulement ne l’utilisent jamais.

• L’internet mobile continue sa croissance. La proportion des individus disposant d’un mobile qui l’utilisent pour consulter Internet a doublé en deux ans et s’établit à 15%, soit 7 millions de personnes.

• Le nombre de personnes effectuant des démarches administratives et fiscales sur Internet a quasiment doublé en cinq ans, passant de 12 millions de personnes en 2005 à 23 millions en 2010 (22% de la population il y a cinq ans, contre 43% aujourd’hui). La moitié des individus a recherché des informations administratives sur Internet, un tiers a demandé des documents administratifs par ce moyen (actes d’état civil, extrait de casier judiciaire, certificat de non gage…) et 28% ont télé-déclaré leurs revenus.

• L’explosion des réseaux sociaux suscite un besoin de protection chez les internautes. Aujourd’hui, près des quatre cinquième des individus de 12 à 24 ans ont déjà participé à des réseaux sociaux comme Facebook, MySpace ou LinkedIn. Plus du tiers de la population française (de plus de 12 ans) est inscrit sur un réseau social (36% des Français contre 23% l’année précédente), soit 7 millions de nouveaux utilisateurs ! C’est la diffusion la plus rapide d’un usage jamais mesurée par cette enquête. Toutefois 91% de la population estime que les sites Internet devraient permettre à chacun d’effacer simplement les informations personnelles qui ont été communiquées à un moment donné et 94% de la population s’accorde à dire que les pouvoirs publics doivent inciter davantage les sites Internet à mieux protéger la vie privée de chacun.

• Le téléchargement de musique et de films semble en léger repli : 20% des individus déclarent télécharger de la musique contre 22% l’année précédente, 14% déclarent télécharger des films contre 15% l’année précédente. Un Français sur cinq (contre 9% en 2003) joue à des jeux en réseaux, soit 10 millions de personnes. 8 millions de personnes, 15% de la population, regardent la télévision sur un écran d’ordinateur connecté à Internet, c’est trois fois plus qu’en 2006, ce qui s’explique largement par une diversification de l’offre et la possibilité de regarder la télévision de rattrapage.

• 8 millions de personnes, 15% de la population, regardent la télévision sur un écran d’ordinateur connecté à Internet, c’est trois fois plus qu’en 2006, ce qui s’explique largement par une diversification de l’offre et la possibilité de regarder la télévision de rattrapage.

• Un individu sur cinq (contre 9% en 2003) joue à des jeux en réseaux, soit 10 millions de personnes.

• Internet compte désormais parmi les médias dominants : les personnes qui disposent d’une connexion Internet déclarent passer presque autant de temps sur Internet que devant leur télévision (15 heures par semaine pour Internet contre 17 heures par semaine pour la télévision). Pour les cadres et les professions intellectuelles supérieures, ainsi que parmi les adolescents, la balance penche désormais clairement en faveur d’Internet.

Un tel développement suscité de nombreuses questions.

L’éducation à l’image et au regard est indispensable conviennent nombre de spécialistes. Ils constatent que dans un monde où l’image est devenue un langage dominant dont il faut s’approprier la grammaire, les parents ne sont pas forcément les plus qualifiés pour faire cette éducation. Sur les technologies numériques, les jeunes en savent souvent plus que nous, cela fait partie de la structure même de ces technologies. Mais , baignant dedans, ils n’ont pas forcément la distance critique nécessaire.

En effet l’émergence des nouveaux média et l’industrie de programme bouleversent cette relation de l’image, en particulier, le rapport à l’intimité des personnes. Mieux comprendre comment les images sont fabriquées , comment elles arrivent, ce qu’elles véhiculent fait partie d’une des préoccupations de l’Union Européenne.

« L’école a une responsabilité » observe le psychologue Serge Tisserond qui parle de « fracture numérique » entre les enfants qui ont un recul suffisant - les enfants de familles privilégiés - et ceux qui n’ont pas de recul, - les enfants des familles défavorisées -.

Le philosophe Bernard Stiegler, propose d’ inventer une nouvelle éducation basée sur l’écologie de l’attention. : « quand l’élève se pose une question, cela nourrit le maître et le fait réfléchir. La dia-lectique, c’est très participatif : c’est la base même du dia-logue. Le cours doit intégrer cet espace dia-logique » . Aussi bien, le regard doit-il être intimement associé à la parole. Et l’image à l’écrit. Sans cela, le risque est de perdre le combat de l’intelligence.

*L’étude du Crédoc, remise à Éric BESSON le 10 décembre 2010, a été menée pour le compte du Conseil Général de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies (CGIET) et de l’Autorité de régulation des communications.


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