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L’UE amorce un débat public sur l’avenir des retraites

Place publique, le 13/07/2010

La Commission européenne a ouvert récemment un débat public dans toute l’Europe sur la façon de garantir des retraites adéquates et viables, et sur la manière dont l’Union européenne peut soutenir au mieux les efforts nationaux accomplis en ce sens.

Dans tous les États membres, le vieillissement de la population pèse considérablement sur les régimes de retraite existants, et la crise financière et économique n’a fait qu’augmenter cette pression.

Permettre aux citoyens européens de disposer, aujourd’hui et demain, de revenus de retraite adéquats et durables fait partie des priorités de l’Union européenne. Y parvenir dans une Europe vieillissante est un défi majeur. La plupart des États membres de l’Union européenne se sont efforcés d’y faire face en réformant leurs systèmes de retraite.

Un livre vert qui vient d’être rendu public pose une série de questions invitant l’ensemble des parties intéressées à partager leurs vues, leurs avis et leurs idées sur la manière de relever le défi des retraites — l’un des plus grands auxquels font actuellement face l’Europe et la majeure partie du monde — et sur la façon dont l’Union européenne peut contribuer à la mise en œuvre des solutions.

Lors de la présentation de ce document de consultation, le commissaire européen à l’emploi, aux affaires sociales et à l’inclusion, László Andor, a déclaré : « En Europe, il est prévu que le nombre de personnes retraitées double d’ici 2060 par rapport au nombre de personnes qui financent leurs retraites : la situation actuelle n’est tout simplement pas viable. Pour y remédier, il est nécessaire de se pencher attentivement sur l’équilibre à atteindre entre la durée de la vie professionnelle et celle de la retraite. »

M. Andor a ajouté : « Il nous faut choisir entre des retraités plus pauvres, des cotisations de retraite plus élevées ou un plus grand nombre de personnes travaillant davantage et plus longtemps.
L’une des grandes réalisations du modèle social européen est de garantir que la vieillesse n’est pas synonyme de pauvreté. C’est une promesse que nous devons continuer de tenir, et le dialogue que nous ouvrons aujourd’hui doit aider les États membres à prendre les bonnes décisions, de manière à garantir l’adaptation adéquate des systèmes de retraite. »

En 2008, on comptait quatre personnes en âge de travailler (15-64 ans) pour chaque citoyen de l’UE âgé de 65 ans au moins. D’ici à 2060, ce rapport tombera à deux pour un. La récente crise financière et économique a aggravé et amplifié les effets de cette évolution démographique. Les revers qu’ont connus la croissance économique, les budgets publics, la stabilité financière et l’emploi ont rendu plus urgent l’ajustement des pratiques en matière de retraite et des modalités de constitution des droits à pension. La crise a révélé qu’il fallait faire plus pour renforcer l’efficacité et la sécurité des régimes de retraite.

Une récente enquête Eurobaromètre a révélé que 73 % des citoyens de l’Union européenne prévoient clairement une baisse de leur retraite ou pensent qu’ils auront à travailler plus longtemps ou à économiser davantage pour leurs vieux jours (voir IP/10/773). En attendant, 54 % des personnes interrogées craignent que leurs revenus de retraite ne soient insuffisants pour vivre décemment ; elles sont majoritaires dans 17 des 27 État membres de l’Union européenne.

Le livre vert examine le cadre européen en matière de retraites d’une manière globale et intégrée, en s’intéressant aux synergies entre les politiques économiques et sociales et la réglementation des marchés financiers, ce qui explique qu’il aborde tant de thèmes aussi variés que la prolongation de la vie professionnelle, le marché intérieur des retraites, la mobilité des retraites dans l’Union européenne, les lacunes de la réglementation de l’Union européenne, le futur régime de solvabilité pour les fonds de pension, le risque d’insolvabilité de l’employeur et la prise de décision ainsi que la gouvernance éclairées au niveau de l’Union européenne.

Le livre vert aborde en particulier les questions suivantes :

*

garantir des revenus adéquats aux retraités et veiller à ce que les systèmes de retraite soient viables à long terme ; *

trouver le juste équilibre entre le travail et la retraite et faciliter une vie active plus longue ; *

lever les obstacles rencontrés par les personnes qui travaillent dans différents États de l’Union européenne et entravant le marché intérieur des produits de retraite ; *

rendre les retraites plus sûres, aujourd’hui et demain, compte tenu de la récente crise économique ; *

veiller à ce que les retraites soient plus transparentes de manière à ce que les individus puissent prendre des décisions en connaissance de cause concernant leur propre revenu de retraite.

La consultation durera quatre mois (elle s’achèvera le 15 novembre 2010), au cours desquels toute personne s’intéressant au sujet pourra soumettre son point de vue par l’intermédiaire d’un site web destiné à cet usage : http://ec.europa.eu/yourvoice/ipm/f.... La Commission européenne analysera ensuite toutes les réponses et déterminera la meilleure manière d’agir dans l’avenir pour traiter ces questions au niveau de l’Union européenne.


Vos commentaires

Posté le 13 septembre 2010 à 08:17 , par pierre

Je crois sincèrement que l’allongement de l’âge de la mise à la retraite est un faux problème pour les pays dits “riches”.
En effet, avec les progrès de la productivité, les délocalisations, l’automatisation voire la robotisation etc…le salariat, comme le soulignait André Gorsz dans “Les métamorphoses du travail” ,ne pourra que s’amenuiser.
le “travailler plus pour gagner plus” est donc une fumisterie sinon une escroquerie intellectuelle.
Le problèmes qui vont se poser aux pays industrialisés sont :
- Comment gérer le temps libre pour qu’il soit source d’épanouissement ?
et
- l’allocation sociale universelle….
C’est pourquoi les 35 heures sont considérées comme la source de toutes les misères.
Le problème des retraites ne doit pas être isolé du phénomène général , déjà largement amorcé, du transfert des profits vers le capital et non vers le travail, il illustre la crise de la civilisation du travail et annonce l’enrichissement plus grand des nantis et la paupérisationde la grande majorité.
IL convient, en conséquence, de soulever une problématique moins parcellaire mais ô combien plus fondam


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