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L’industrie va-t-elle faire son retour en Europe ?

Place publique, le 4/12/2012

Parce que l’Europe a besoin d’endiguer le déclin du rôle de l’industrie afin de produire une croissance durable, de créer des emplois à haute valeur ajoutée et de résoudre le défi sociétal auquel nous sommes confrontés, des mesures immédiates sont en train d’être prises par l’UE pour contribuer à inverser la tendance négative actuelle et faire passer la part de l’industrie dans le PIB de l’UE de 15,6 % aujourd’hui à 20 % à l’horizon 2020.

Des mesures nécessaires. En effet, l’incertitude du marché, les problèmes de financement, la faiblesse de la demande et la pénurie de compétences ont provoqué un manque de confiance qui, à son tour, s’est traduit par une insuffisance des investissements et des pertes d’emplois dans l’industrie.

Ainsi plusieurs actions prioritaires ont été lancées par la Commission de Bruxelles pour inciter à plus d’ investissements dans les nouvelles technologies, améliorer l’environnement des entreprises, faciliter l’accès aux marchés et au financement, en particulier pour les PME, et faire en sorte que les compétences correspondent aux besoins de l’industrie.

L’industrie européenne est bien placée pour jouer ce rôle : l’Europe occupe une position dominante au niveau mondial dans de nombreux secteurs stratégiques tels que l’automobile, l’aéronautique, l’ingénierie, l’espace, les produits chimiques et les produits pharmaceutiques. L’industrie représente toujours 4/5èmes des exportations de l’Europe. 80 % des exportations européennes et des investissements du secteur privé dans la R & D proviennent de l’industrie manufacturière. Si la confiance revient, avec dans son sillage de nouveaux investissements, l’industrie européenne pourra être plus performante et reprendre sa croissance. Tel est le message essentiel d’une communication qui a été récemment présentée par le vice-président de la Commission européenne, chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat, Antonio Tajani.

Les actions proposées par cette communication devraient également contribuer à réduire l’écart de compétitivité entre les États membres et les régions de l’UE. « Nous ne pouvons pas continuer à assister à la délocalisation de notre industrie hors d’Europe, a déclaré Antonio Tajani. Les chiffres dont nous disposons sont éloquents : l’industrie européenne est en mesure de produire de la croissance et de créer de l’emploi. Nous avons présenté les conditions indispensables à la réindustrialisation durable de l’Europe, au développement des investissements nécessaires dans les nouvelles technologies, à la restauration d’un climat de confiance et au rétablissement de l’esprit d’entreprise. En travaillant ensemble et en ravivant la confiance, nous pouvons permettre le retour de l’industrie en Europe. »

Deux rapports sur la compétitivité ont ainsi été adoptés. Le premier, qui est le nouveau tableau de bord des performances de l’industrie dans les États membres, examine cinq domaines principaux : la productivité de l’industrie manufacturière, les résultats à l’exportation, l’innovation et le développement durable, l’environnement et l’infrastructure des entreprises, et enfin le financement et l’investissement. Le second, le rapport 2012 sur la compétitivité européenne, analyse les principales tendances observées en matière de mondialisation au cours des 15 dernières années, les coûts et avantages qui en résultent, de même que les défis à venir pour les entreprises de l’UE.

Les piliers de la politique industrielle renforcée sont les suivants :

• Des investissements dans l’innovation

L’objectif est d’établir des conditions-cadres propices aux investissements pour permettre un retour rapide aux niveaux d’avant-crise, en mettant l’accent sur six domaines prioritaires à très fort potentiel de croissance et d’emploi en Europe : les technologies de fabrication avancées pour une production propre, les technologies clés génériques, les bioproduits, une politique industrielle, un secteur de la construction et des matières premières durables, les véhicules et navires propres et les réseaux intelligents. Les États membres devraient également jouer leur rôle et donner la priorité aux investissements dans ces six domaines.

• De meilleures conditions de marché

Il s’agit d’ améliorer le fonctionnement du marché intérieur et ouvrir les marchés internationaux. Le commerce des biens dans le marché intérieur totalise actuellement un peu moins de 21 % du PIB. Dans un marché intérieur redynamisé, ce taux devrait atteindre 25 % d’ici à 2020. La Commission privilégiera certains aspects sur lesquels des progrès importants peuvent être réalisés rapidement : améliorer le fonctionnement du marché intérieur des biens, promouvoir l’esprit d’entreprise en ce qui concerne le marché unique numérique, qui devrait connaître une croissance annuelle de 10 % jusqu’en 2016, protéger les droits de propriété intellectuelle et continuer à encourager l’internationalisation des PME de l’UE dans le monde, afin d’atteindre, à moyen terme, une présence de 25 % sur les marchés étrangers (contre 13 % aujourd’hui).

• L’accès au financement et aux capitaux

Autre enjeu : améliorer l’activité de prêt en faveur de l’économie réelle, en mobilisant et en orientant plus efficacement les ressources publiques, y compris celles de la BEI - qui devrait affecter entre 10 et 15 milliards d’euros à des prêts supplémentaires pour les petites et moyennes entreprises - et des Fonds structurels, ainsi qu’en débloquant des fonds privés grâce à l’élimination des obstacles auxquels se heurtent encore les fonds de capital-risque et à des mesures visant à faciliter les opérations transfrontalières effectuées par les entreprises de plus petite taille.

• Le capital humain et les compétences

Donner à la main-d’œuvre les moyens de faire face aux transformations industrielles, notamment par une meilleure anticipation des besoins et des inadéquations en matière de compétences est également un des impératifs. Dans ce domaine, la Commission veillera en particulier à promouvoir davantage la coopération entre employeurs, travailleurs et autorités concernées par la création de conseils sectoriels européens pour les compétences, d’alliances pour la connaissance et d’alliances sectorielles pour les compétences.


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