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L’État se serre la ceinture, les Français avec...

Romain Santiago, le 9/11/2010

La crise économique et l’explosion récente des déficits ne sont un secret pour personne. En réponse, le gouvernement affirme sans détour qu’il n’augmentera pas les impôts des Français. La fiche d’impôts est peut être inchangée mais François Fillon et ses ministres ont bel et bien décidé de faire des économies dans le prochain budget...

Alors que la rentrée parlementaire a été marquée par le vote de la réforme des retraites et le bras de fer entre le gouvernement d’un côte, les syndicats et l’opposition de l’autre, c’est aujourd’hui le vote du prochain budget qui ponctue l’actualité des deux chambres. On pouvait s’attendre à apercevoir Christine Lagarde, la ministre de l’économie, ou encore le secrétaire d’État chargé de la fonction publique Georges Tron aux différents journaux télévisés ; et bien non !

Toute économie est-elle bonne ?

Celle qui occupe à ce jour l’espace médiatique, c’est Nadine Morano, la secrétaire d’État à la famille. Pourquoi ? Car, sous son impulsion, les députés UMP ont voté suppression de la rétroactivité de trois mois pour l’aide personnalisée au logement (APL). En effet, si une famille vivant déjà dans un logement demandait l’obtention d’une APL à la Caisse d’allocation familiale, cette dernière lui versait les trois mois d’aide précédent l’activation de ses droits.
Ce droit permettait de pallier aux délais d’attente de traitement des dossiers, parfois important. L’économie réalisée dans le budget 2011 de la Sécurité sociale serait d’environ 240 M€. Pas sûr que les familles concernés apprécieront vu l’importance que portent beaucoup d’entre-elles à ces aides pour boucler les fins de mois.

En revanche, l’Assemblée Nationale s’est opposée à la volonté de la secrétaire d’État de reporter le versement de la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) au mois suivant la naissance, alors qu’elle peut aujourd’hui être perçue le mois précédent. L’économie prévue de 64 millions d’euros n’a pas réussi à convaincre les députes de la majorité comme ceux de l’opposition. « Il y a des signaux, même faibles, que nous ne pouvons pas accepter », a déclaré Pierre Méhaignerie, le président UMP de la commission des Affaires sociales.

Et comme, apparemment, il n’y a pas de petites économies, les députés ont également décidé le 2 novembre dernier de rendre payant l’accès à l’aide médicale d’État (AME). Mis en place en 1998, ce dispositif permet aux personnes en situation irrégulière résidant en France depuis plus de trois mois et disposant de ressources inférieures à 634 euros par mois de bénéficier de soins gratuits.
A présent, une contribution forfaitaire des bénéficiaires de l’AME de 30 euros par an est prévue. Une façon de chasser sur les terres du Front National ? En tout cas, la mesure est loin de faire l’unanimité puisque 49% de Français sont pour le maintien sous condition de l’aide médicale d’État destinée aux étrangers en situation irrégulière (sondage Ifop publié le 7 novembre 2010 dans le journal Ouest France).


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