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L’égalité Hommes-Femmes : la grande oubliée de la réforme des retraites.

Romain santiago, le 6/12/2010

Lors du débat suscité par le vote de la réforme des retraites en cette fin d’année 2010, le gouvernement a mis en avant deux principaux éléments : l’augmentation de la durée de cotisation et le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Dans la rue, d’autres préoccupations se sont exprimées. Parmi elles, l’inégalité salariale et des pensions de retraites entre les femmes et les hommes.

L’égalité entre les salaires des hommes et ceux des femmes est maintenant un fait accompli ? A compétences égales, les revenus sont équivalents ? Faux ! A des postes et avec une expérience professionnelle similaire, un écart salarial de 10% perdure . Cette inégalité des salaires entre hommes et femmes est la plus forte chez les cadres (30,7 %). On pourrait croire à un rattrapage progressif de ce différentiel. Or, depuis 1995, le salaire moyen des femmes à temps plein rapporté à celui des hommes stagne à un peu plus de 80%. Pire, depuis 2002, la tendance est de nouveau à l’accroissement de cet écart.

Conséquence « logique », les pensions de retraites des femmes sont à la baisse. Les inégalités de retraite entre les hommes et les femmes sont très importantes avec 811 € en moyenne pour une femme, contre 1 410 € pour un homme. Lorsqu’on sait que l’espérance de vie d’un Français est de 7 ans inférieur à celle d’une Française , cet écart provoque des situations de grande précarité pour une quantité croissante de femmes seules à la fin de leur vie. Ce n’est pas tout, en 2004, seules 44 % des femmes avaient une carrière complète (contre 86 % des hommes). 82 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes et elles sont davantage touchées par le chômage.

Bref, le tableau n’est pas reluisant. Et malheureusement les réformes qui se sont succédées depuis près de 20 ans constituent pour elles de véritables régressions. Il en va ainsi de l’allocation parentale d’éducation étendue en 1994, aux parents de deux enfants, qui éloigne durablement les femmes de l’emploi puisqu’en 4 ans, le taux d’activité des mères de deux enfants a chuté d’au moins 18 points. La preuve que le politique peut encore avoir des conséquences majeures, positives ou néfastes, sur le fonctionnement de la société. L’État ne peut probablement pas tout faire, mais il a un vrai pouvoir de mutation de la civilisation s’il s’en donne les moyens.

La France, mauvaise élève européen ? La comparaison des taux d’emploi des femmes dans les 27 pays de l’Union européenne est instructive : la France vient au 15e rang, avec un taux d’emploi féminin inférieur de plus de 13 points à celui des pays comme le Danemark ou la Suède. Dans ce classement, l’hexagone se classe même derrière Chypre et la Slovénie, des pays pas spécialement connus pour être des grandes puissances sur le vieux continent. L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes est d’ailleurs une préoccupation de la commission européenne qui a lancé une campagne de d’information à ce sujet .

Quelles solutions ? L’amélioration du taux d’emploi des femmes et d’une plus grande égalité salariale sont possibles. Elle suppose la création d’emplois de qualité, à temps complet, à l’opposé des emplois atypiques et précaires qui leur sont trop souvent proposés. Le développement d’un service public de la petite enfance, la majoration de cotisations employeurs pour ceux qui pratiquent des discriminations salariales ou imposent des temps partiels à leur personnel féminin sont de puissants leviers pour rétablir l’équilibre et tendre vers une réelle égalité hommes-femmes.


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