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Jeunes... mais futurs retraités !

Romain Santiago, le 9/10/2010

Pensez aux générations futures ! Au cœur de l’actualité durant la rentrée 2010, la réforme des retraites n’en finit pas de diviser syndicats, opposition et gouvernement. Malgré tout, chacun affirme agir au nom des jeunes, de ceux qui entrent ou vont entrer dans le monde du travail. Et si on laissait la parole à cette jeune génération ?

Une inscription universitaire aux allures de parcours du combattant, un manque d’argent qui se fait ressentir, le retour sur les bancs de la fac est pour beaucoup synonyme de stress. Même s’ils gardent un œil sur les dernières news, peu se sentent concernés par la réforme gouvernementale relative à l’augmentation de la durée de cotisation et le report de l’age légal de départ à la retraite.

Pour Naïma, étudiante en Master à l’université Paris 10, c’est le manque d’informations sur le sujet qui en est responsable : « on est face à un débat bien confus. On a davantage l’impression de se retrouver devant un spectacle offert par les politiques. Si je n’avais pas fait de lecture à coté pour connaitre les modalités et détails de la réforme, je n’aurais rien compris à ce qui se passe ». Bien documenté sur le sujet des retraites, Camille, qui entame sa dernière année d’étude, présente un avis nuancé. « La question des retraites m’inquiète. Une réforme est peut être nécessaire mais je me pose la question de son utilité car je crains que le système par répartition ne subsiste pas. »

S’informer sur le sujet, tous ne l’ont pas fait. Amélie, 25 ans, a elle perdu tout espoir quant à la pérennité du système de retraite actuel et porte un regard pessimiste sur son avenir. « De toute façon, comme me le dit souvent mon père, on aura pas de retraites ! Déjà que c’est la galère pour trouver un boulot stable, alors penser à ce qui va se passer après... J’arrive même pas à me projeter après la fin de la semaine ! »

Une vision loin d’être unique chez les moins de 30 ans qui voient généralement les retraites comme un point dans l’horizon et considèrent qu’il y aura d’autres changements avant la fin de leur carrière professionnelle. « La retraite ne me préoccupe pas pour le moment. D’ici là, 12 nouvelles réformes vont s’imposer, alors 60 ou 62 ans, aujourd’hui, peu m’importe. Néanmoins, de manière altruiste, je pense à ceux qui ont 50 ans aujourd’hui et qui vont devoir allonger 2 ans de plus, c’est dur ! Pour nos générations, il faut s’attacher à trouver un travail qui nous passionne puis de s’y atteler le plus longtemps possible. », affirme Kevin, actuellement en recherche d’emploi.

Du côté des organisations politiques et syndicales de jeunesses opposées à la réforme des retraites, on joue sans rechigner la carte de l’unité. Dès le début des contestations, plus d’une vingtaine d’entre-elles ont rejoint le collectif La retraite, une affaire de jeunes dans le but de faire entendre d’une seule voix leurs revendications.

Intervenant lors du principal meeting du collectif organisé le 1er octobre dernier à la Bourse du Travail à Paris, Sacha Tognolli, fondateur du Réseau jeunes du Parti de Gauche, explique l’importance de cette union sacrée : « Rappelons nous de la lutte contre le CPE. Ce fut la dernière bataille où un tel collectif fut réuni. Alors il nous a semblé bon d’appliquer la même recette qui avait, à l’époque, fait ses preuves. Cela n’empêche pas certains désaccords, et donc des campagnes spécifiques de chaque organisation en plus des campagnes menées par l’ensemble du collectif. ».

Malgré tout, il est parfois difficile de mobiliser les étudiants et jeunes travailleurs autour de la question des retraites. « Si le collectif s’est créé au départ, c’est parce qu’il nous a semblé que les jeunes en avril 2010 ne se sentaient pas forcément concernés par cette réforme, ou étaient déjà résignés. Tout le travail du collectif jusque la rentrée, et encore maintenant, a été de montrer que les jeunes étaient directement concernés. En effet, le recul de l’âge de départ à la retraite, cela veut dire 1 million d’emplois en moins pour les jeunes qui sont pourtant déjà les plus touchés par le chômage [ndlr :25 % des jeunes de moins de 25 ans]. », insiste Sacha Tognolli.

Pour gagner la bataille de l’opinion, l’Unef, première organisation étudiante, a lancé une vaste campagne d’affichage avec pour slogan « Étudiant à 20 ans, chômeur à 25 et toujours précaire à 67 ans ? Non merci ! ». Avec le collectif, elle entend bien amplifier le mouvement et appuie pour cela dans son appel sur un chiffre qui en dit long : 74% des 18-24 ans se déclarent désormais opposés au recul de l’âge légal de départ en retraite.

(Source : http://www.unef.fr/delia-CMS/une/article_id-3144/topic_id-160/contre-la-reforme-des-retraites-et-pour-notre-avenir-mobilisons-nous.html)


Vos commentaires

Posté le 21 octobre 2010 à 08:07 , par Daniel Guyard

Depuis plusieurs décennies les gouvernements successifs se sont évertués à exonérer les entreprises, les produits de la finance et les riches ( très riches) contribuables. Le poids du financement de notre protection sociale repose principalement sur les épaules des petites gens.
Ce déficit de financement conduit logiquement à la faillite de notre système.
La collusion évidente entre le monde de l’argent et nos politiques n’est plus à démontrer mais l’implication très forte de Nicolas Sarkosy dans la "réforme" et le rôle que joue son frère Guillaume dans la société Médéric ( fond de pension et assurance santé) amène à se poser de sérieuses questions.
Notre société toute entière est remise en cause, et les manifestations, si elles visent la protection de notre système de retraite, ont aussi pour but de dénoncer les inégalités grandissantes, la corruption et notre refus d’une société à l’américaine.


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