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Habiter … en famille

par Estelle Leroy, le 3/05/2010

Aimer, dormir, manger, habiter, circuler, penser... Régulièrempent Place-Publique vous donne rendez-vous avec une esquisse illustrée de votre vie quotidienne future.
Extraits du livre « Vivre en 2028. Notre futur en 50 mots clés » (Avec l’aimable autorisation des Editions Lignes de Repères)

Vivre ensemble mais séparément. La famille de demain vivra réunie, quatre ou cinq générations ensemble, en communauté dans le même immeuble ou dans une sorte de maison intergénérationnelle. Car il faudra trouver des solutions pour assurer le lien social face à la nouvelle donne démographique et au vieillissement de la population ce qui suppose de reconcevoir l’habitat, avec des logements modulables en fonction de l’évolution de la cellule familiale. Or paradoxalement, la « maison de famille » au sens strict n’a plus lieu d’être explique le sociologue François de Singly, « plus l’individu est dans le collectif, plus il peut se sentir réduit à une place ou à rôle. Pour avoir le sentiment d’être soi-même, il faut disposer de plusieurs espaces à usages multiples ». La notion de territoire va évoluer.

L’espace lié au « séjour » doit se démultiplier de façon souple : à certains moments pour le groupe en entier, à d’autres pour deux seulement ou même pour un seul. Les membres de la famille veulent des territoires personnels qui ne se limitent pas à la chambre. Il y a une revendication d’usage plus que de propriété.

L’habitat va donc s’adapter à la nouvelle définition des « je » et des « nous ». À l’avenir, on assistera à une multiplication des territoires.

Chacun d’entre nous ayant une identité multiple exigera des espaces à usages polyvalents pour se réaliser. Ces territoires doivent être flexibles pour que chacun puisse, seul, à deux, à trois, se les approprier. Tous les espaces dépasseront leur fonction première et seront « ouverts », mais pas au sens d’absence de cloison, au sens de multiples usages.

Il s’agit de faciliter diverses structures de vie au sein d’un même ensemble, ce qui suppose aussi de nouvelles normes. Des portes assez larges pour faire passer un landau ou un fauteuil roulant, les prises de courant sont installées à hauteur d’épaule comme les meubles de cuisine et de salles de bains. Des revêtements de sol antidérapant, des fenêtres basses permettant de voir à l’extérieur même si on est assis, une insonorisation supérieure entre les logements ou les étages.

Par exemple Christophe Rebours, fondateur d’In Process, a planché sur l’aménagement intérieur qui correspondrait à ces nouveaux styles de vie. Le salon perdrait de sa superbe au profit de la cuisine transformée en pièce à vivre. Une immense table toboggan permettant à toute la famille de se réunir, qui pourrait se transformer en table interactive avec écrans plasma et prises wi-fi... La salle de bains du futur sera constituée d’îlots spécifiques réservés à chaque membre de la famille.
Reste à savoir si cette nouvelle forme d’habitat qui prône un retour aux valeurs de partage verra vraiment le jour à l’heure où l’individualisme et l’indépendance régissent encore notre société.

Comment cela se traduira-t-il ?

La grande difficulté de la prospective dans la vie privée est le changement de l’imaginaire. « Le « dessine-moi une maison » reste souvent limité à une enveloppe extérieure et à la désignation du nom ancien des pièces. La tension entre les multiples « nous » (ne pas oublier les « nous » virtuels !), entre les plusieurs « je » de chacun va augmenter dans les dix prochaines années » conclut François de Singly.


Vos commentaires

Posté le 16 mai 2010 à 20:28 , par marie-dominique de suremain

bonjour, je crois qu’il faut tenir compte aussi de nouveaux besoins : le travail à domicile ou télétravail, les enfants qui partent en stage ou en résidence universitaire, les retraites insuffisantes qui obligent à habiter à plusieurs, les enfants qui partent travailler à l’étranger, des personnes qui vivent une partie de leur retraite dans un pays et dans un autre (parfois aussi parce que les retraites sont insuffisantes, ou qu’il n’existent pas d’accords entre pays pour transférer les droits) etc... et les couples TGV, qui travaillent à des kms et ont donc plusieurs pieds à terre. Beaucoup de choses bougent... les maisons devront donc s’adapter à des usages changeant au cours de la vie.


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