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Epargner en soutenant les projets de votre choix

Place publique, le 5/06/2012

Ils sont jeunes, très jeunes, et ils ont décidé de bousculer les normes de l’épargne pour la rendre transparente et participative. Quentin, François, et Nicolas viennent de créer au début de l’année une banque coopérative. Elle s’appelle SPEAR (Société Pour une Epargne Activement Responsable) et entend bien s’imposer dans la finance éthique et solidaire.

« En plaçant notre argent dans une banque nous n’avons que deux certitudes : pouvoir le retirer et être rémunéré par des intérêts. Mais nous ne savons pas l’essentiel, l’usage que la banque fait de notre argent » expliquent les trois coopérateurs. Partant de ce constat, Quentin Brackers de Hugo, François Desroziers et Nicolas Dabbaghian) ont bousculé les normes de l’épargne pour la rendre transparente et participative.

La Société Pour une Epargne Activement Responsable (SPEAR) est le premier site internet français qui permet à des épargnants de choisir la destination de leur argent parmi une sélection d’entrepreneurs à fort impact social.

Cette coopérative propose aux épargnants de participer au financement d’entreprises ou associations qui répondent à des problématiques sociales, environnementales ou culturelles. Ce financement participatif s’opère en ligne sur spear.fr. On y choisit le projet à soutenir et décide de souscrire à la coopérative du montant que l’on souhaite épargner. L’argent n’est pas directement investi dans la structure, et c’est là que réside l’innovation de SPEAR. Il est déposé dans sa banque partenaire qui octroie le crédit au projet. Elle en porte donc le risque.

Grâce à l’argent des épargnants ces projets éthiques sont financés moins chers que par le système bancaire classique. Les épargnants reçoivent régulièrement des informations sur les projets qu’ils contribuent à financer et échangent directement avec le porteur de projet à travers la plateforme spear.fr. Ils sont aussi éligibles à des déductions fiscales et reçoivent chaque année des intérêts de parts sociales.

Il est par exemple possible de financer l’Effet Papillon, une entreprise qui développe des nouvelles technologies pour permettre aux malades de longue durée de s’évader de l’univers hospitalier. L’objectif est ainsi d’améliorer le quotidien des patients, via diverses prestations, pour lutter contre le phénomène d’isolement qui les touche pendant leur arrêt maladie, ainsi que répondre à leurs besoins et envies. L’Effet Papillon accompagne, conseille et facilite l’accès aux loisirs et à la culture. Ce projet est porté par Mélanie Péron qui souhaite ainsi emprunter 30 000 € par l’intermédiaire du Crédit Coopératif. L’entreprise a notamment créé Bliss, une application de réalité virtuelle conçue pour les patients et leurs proches. Bliss est la première application de réalité virtuelle de l’Effet Papillon et fonctionne comme un réseau social. Equipé d’un casque micro, de lunettes 3D et d’une Kinect, le patient dirige un avatar papillon qui lui permet d’évoluer dans un monde virtuel et de communiquer avec l’extérieur grâce à un système multi-utilisateurs.

Parmi les projets à financer se trouve aussi « Basiliade » qui aide sur le terrain des malades dans la précarité. Leur projet social est de soutenir et d’accompagner les personnes touchées par la maladie, notamment celles atteintes par le VIH/SIDA, et en situation de précarité, matérielle ou psychologique. Forte d’une quinzaine de salariés et de 80 bénévoles, Basiliade accueille et accompagne aujourd’hui plusieurs centaines de personnes pour un retour à l’autonomie via le logement, le travail, l’accès aux soins.

SPEAR est partenaire du Crédit Coopératif et du CMP-Banque. La société coopérative est soutenue par le département des Hauts-de-Seine dans le cadre de l’appel à projet de l’économie sociale et solidaire et est lauréate de plusieurs concours d’entrepreneurs sociaux.

« La finance participative est un concept né avec le développement d’internet. Son modèle le plus emblématique est My Major Company qui permet de co-produire l’artiste de son choix. On le voit, internet ouvre la porte à la collaboration jusqu’au secteur financier » explique Quentin Brackers de Hugo.

SPEAR est donc une innovation de taille dans le secteur bancaire. Il devient possible d’épargner de manière éthique et transparente sans porter le risque des projets


Vos commentaires

Posté le 2 juillet 2012 à 22:36 , par Hyriée Mu

L’idée semble bonne, pourvu que la transparence reste de mise... car Mr Quentin Brackers de Hugo devrait vite oublier de citer My Major Company, comme un modèle emblématique, car le modèle prend l’eau à force de non transparence envers les internaute-contributeur (co-producteur est un abus de langage marketing). MMC est bien un modèle financier mais en rien un modèle participatif au "sens humain" du terme, comme la grogne grandissante de nombre d’internautes le montre de plus en plus...
Quoiqu’il en soit bonne continuation à cette initiative qui semble bien plus crédible et qui ne dépouillera pas les "rêveurs" souhaitant aider :)
Hyriée Mu, une internaute échaudée du participatif.


Posté le 4 juillet 2012 à 08:54 , par many

Effectivement ça m’a l’air trés innovant et le plus important est que la banque au final est porteuse du projet et prenne les risques, il y a donc une sécurité pour les personnes qui investisse. Je rejoint la personne du dessous, ne parlé pas de MY MAJOR COMPANY qui fait tache dans votre article, car eux encaisse l’argent des internautes et en devienne propriétaire sans aucune transparence et plante délibérément les sorties d’albums, car leur fond de commerce, c’est nous.


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