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Elections US : la bataille se joue sur Internet !*

par Romain Santiago, le 7/11/2012

Internet, un temple de paix où l’on peut débattre tranquillement ? Ou plutôt un ring où chacun se fout sur la gueule en essayant de mettre KO son adversaire ? Alors que la dernière campagne présidentielle française a été assez soft, notamment en raison d’une législation contraignante pour les candidats et leurs partis politiques, aux États-Unis, les partisans de Barack Obama et de Mitt Romney se lâchent : vidéos buzz, photos détournées, tweets à profusion, etc. Autant dire que les équipes web des candidats doivent être particulièrement actives, inventives et redoubler de vigilance pour tirer leur épingle du jeu. De quoi trouver une source d’inspiration ?

Les candidats aux élections américaines 2012 n’hésitent pas à s’attaquer mutuellement sur les réseaux sociaux

“Plus il y a de gens qui ont des interactions avec Mitt et plus il a de chances de gagner. Les réseaux sociaux étendent et amplifient ça“. Ces propos du directeur numérique de Mitt Romney, Zachary Moffatt, publiés par le New York Times et rapportés en France par l’hebdomadaire Le Point, confirment ce qui apparait maintenant comme une évidence : une présence forte et réfléchie sur les réseaux sociaux est incontournable pour les deux candidats. Républicains et démocrates y mettent donc des moyens humains et financiers importants, en particulier sur Facebook et Twitter.

Appels à des dons, photos soignées ou attaquant le candidat adverse [exemple de l’image à gauche publiée sur la page Facebook de Barack Obama], vidéos des deux candidats, de leurs colistiers ou soutiens, les pages Facebook de Romney et Obama sont des outils hyperactifs permettant de galvaniser leurs militants respectifs.

Quelles différences entre les publications des deux candidats ?

Sur le Facebook du candidat républicain, on est proche du shooting photo – et v’la que je te fais une photo en contre-plongée, et v’la que je t’en fais une de dos – pour jouer sur une symbolique rappelant les affiches de films de superhéros et donner à Romney une stature d’Homme d’État. Pas beaucoup d’attaques en direction du camp adverse par ce moyen alors qu’elles sont plus courantes sur Twitter.

Du côté du président américain, on se la joue cool sur Facebook pour appuyer sur une proximité avec ses concitoyens et un manque de charisme supposé de son adversaire : Barack fait du sport, il passe lui-même des coups de fil aux indécis, il a une femme populaire et des amis people qui le soutiennent. Le profil Twitter du staff de campagne d’Obama reste dans cette logique en valorisant les comptes de son vice-président, de sa femme Michelle et d’autres profils amis.

Qui récolte le plus fort succès sur les réseaux sociaux ?

L’avantage en faveur de Barack Obama est très net sur tous les réseaux sociaux. Malgré tout, la popularité internationale du président US fausse certains chiffres. Pour prendre l’exemple de la page Facebook des candidats, on remarque que le nombre de “personnes en parlent” – qui traduit plus surement un taux d’engagement – est équivalent avec environ 3 000 000 internautes.

Pour les colistiers, le rapport de force est inversé. Ainsi, le vice-président démocrate Joe Biden ne possède que 500 000 fans sur Facebook contre dix fois plus pour Paul Ryan le républicain. Sur Twitter, le résultat est identique : Joe Biden (@JoeBiden) compte environ 300 000 followers, alors que Paul Ryan (@PaulRyanVP) en a 200 000 de plus.

Une utilisation inattendue de certains réseaux sociaux

Lors des précédentes élections américaines en 2008, la présence de Barack Obama et John McCain sur les réseaux sociaux se résumait à ce qui nous semble encore être les plus évidents comme Facebook et Youtube. Aujourd’hui, les équipes de campagnes des deux candidats en lice sont allés bien plus loin : Tumblr, Foursquare, Google +, Instagram, Flickr, etc. Plus marquant encore, des différences existent dans le choix des réseaux sociaux utilisés…

Retouvez Barack Obama sur Spotify : Spotify ! Oui oui, Spotify comme le site où l’on écoute de la musique. Mais non, le président Obama n’a pas [encore ?] sorti d’album mais son staff propose de télécharger …ses hymnes de campagne ! La chanson, c’est définitivement son truc puisqu’il alimente également sa page Myspace. Il doit être pote avec Justin Timberlake celui-là ! Il faut ajouter à ça une présente sur Storify, pour valoriser des actualités spécifiques et Reddit en version récit de vie et dialogue direct avec les internautes.

Retrouvez Mit Romney sur TOut : L’équipe de campagne du candidat républicain n’est pas assez aussi loin dans l’utilisation de la palette des réseaux sociaux que son concurrent. Il marque malgré tout sa différence en étant présent sur TOut, plateforme de diffusion de vidéos de 15 secondes maximum créée il y a 2 ans où se côtoient les stars du catch américain et de sports US et ados en pleine puberté. Alors que sa femme Ann y est présente, Mitt est quant à lui absent de Pinterest. Vraiment absent ? Pas totalement. Un faux Romney y sévit et on ne peut pas dire qu’il ait le sens des réalités ! Il vous invite par exemple à commander le caviar par 1 000 tonnes, parce que “c’est moins cher si on achète en gros“. Un coup du staff de Barack Obama ?

Les vidéos virales, arme de destruction massive

Pour pousser au débat sur Internet, les médias ont redoublé d’imagination durant cette dernière campagne présidentielle américaine. Il fut par exemple possible de suivre les débats entre candidats en direct sur Youtube avec analyses et commentaires de journalistes politiques, ou d’en débattre sur le XBoxLive de Microsoft. Mais ce qui a vraiment émergé au cours des dernières années, ce sont les sites de « factchecking » comme Politifact, dont le but est de vérifier la véracité des propos tenus par les candidats ou leurs proches.

Tout aussi dévastatrice, beaucoup plus marquantes et vues par des millions d’internautes, les caméras-cachées, vidéos parodiques et publicités négatives réussissent pour le premier cas à bouleverser l’agenda des candidats ou pour les deux suivantes catégories à surfer habilement sur l’actualité.

*Ce texte est paru sur My Community Manager


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