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Démocratie locale : Bihorel/Bois Guillaume, le mariage forcé.

Michel Coruble. Témoignage, le 8/09/2011

Dans un arrêté daté de lundi 29 août, le préfet de la Seine-Maritime a autorisé la fusion des communes de Bois-Guillaume (13.400 habitants) et de Bihorel (8.500) dans l’agglomération de Rouen, malgré un vote défavorable de la population consultée par référendum. Ce référendum, à la valeur uniquement indicative, avait donné le 26 juin une large majorité pour le non à la fusion, tant à Bois-Guillaume (59,7%) qu’à Bihorel (66,4%).

Mais les maires de Bihorel, Pascal Houbron (NC), et de Bois-Guillaume, Gilbert Renard (UMP), avaient passé outre, en estimant que la participation avait été trop faible. Seulement 44,4% des électeurs s’étaient déplacés pour voter à Bihorel et 26,9% à Bois-Guillaume.

Cette fusion demandée le 4 juillet par les deux conseils municipaux, sera effective le 1er janvier.

La loi de 2010 sur les collectivités territoriales prévoit qu’un simple vote favorable des conseils municipaux est suffisant pour permettre la fusion de deux ou plusieurs communes contiguës.

Place publique publie ici, le témoignage d’un habitant

"Il s’en passe de belles dans la commune d’enfance de François Hollande. Nous sommes en Seine-Maritime dans la banlieue de Rouen : Bois Guillaume (c’est là où F. Hollande donc a passé la majeure partie de son enfance), 13000 hab. vient d’annexer Bihorel (9000 hab) la commune voisine.

L’histoire est politiquement significative de l’état de délabrement démocratique dans lequel nous sommes plongés aujourd’hui et de la duplicité des politiciens de Droite fussent-ils de seconde zone mais aspirant sans doute par la qualité de leurs forfaitures à progresser ainsi dans l’organigramme UMP.

L’opération fusion des deux communes (non annoncée lors de la campagne municipale de 2008 évidemment) a été précédée d’un long débat public animé par un tiers garant de la neutralité, de l’équité et de la transparence. Toute l’apparence d’un vrai débat démocratique ! Et puis, à la suite de cela, les populations des 2 communes ont été consultées ; las, 67% de "non" à Bihorel et 60 % à Bois Guillaume... Qu’ont dit alors les 2 maires (du Nouveau Centre pour Bihorel et de l’UMP pour Bois-Guillaume) largement désavouées par leur population ? La faiblesse de la participation (45% sur Bihorel et 27% sur Bois Guillaume) nous autorise à en décider seuls car, et là je cite mot pour mot le maire de Bihorel "les gens se sont désintéressés du vote consultatif, parce qu’ils ont voulu s’en remettre à notre décision tout simplement et ont estimé qu’il était du ressort de leurs élus de décider". Voilà, c’est dit : tous ceux qui n’ont pas dit "non" ont pensé "oui" si fort qu’ils n’avaient même pas à se déplacer pour que je puisse m’appuyer sur leur soutien total. Audacieux, tout de même comme appropriation de l’opinion des abstentionnistes ? Inédit en tout cas.

Là où ça devient très intéressant c’est qu’en piétinant allègrement les résultats du vote populaire, nos 2 maires respectent parfaitement la Loi. Il faut savoir que depuis un amendement judicieusement ajouté par un député du Nouveau-centre d’un département voisin (tiens, tiens...) à la loi portant réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010, l’obligation d’un référendum a été supprimée et que c’est maintenant aux seuls conseils municipaux de prendre la décision de créer une commune nouvelle à la majorité simple. La consultation de la population n’avait donc aucune valeur décisionnelle et c’est pourquoi, malgré un rejet massif dans les urnes, nos deux maires n’ont pas hésité un seul instant à s’asseoir sur le résultat de ce vote.

Il est intéressant également de connaître pour eux quels étaient les enjeux : de façon quasi-explicite, pour le maire de Bois Guillaume, il s’agissait de contourner la Loi SRU (en langage UMP, ça se dit :"préserver nos espaces verts et agricoles") : avec 6 % de logements sociaux, il devenait urgent de s’adjoindre les 30% existants sur Bihorel, et pour le maire de Bihorel, les mauvaises langues parlent de ses ambitions personnelles : une investiture pour les prochaines législatives par exemple...

Résumons-nous : deux maires appartenant à la même majorité actuelle souhaitent réunir leurs communes pour contourner les effets pénalisants de la Loi SRU, des amis politiques font voter un amendement fort utile qui les dispense de tout référendum mais comme ils tiennent à leur image de démocrates, ils organisent quand même un superbe débat public et même une consultation de la population mais la population ne se laissant pas manipuler aussi aisément, les masques tombent et ils bafouent ouvertement la morale démocratique la plus élémentaire en organisant le premier mariage forcé entre deux communes.

Certes, ce viol de la démocratie est ici circonscrit très localement mais je le trouve aussi très révélateur de l’arrogance actuelle de nos dirigeants et de leurs petits arrangements entre amis, et je crois qu’en la matière, il devient particulièrement urgent de ne rien lâcher et donc d’informer, d’informer encore et toujours pour tenter de refermer au plus vite ce type de brèche infligé à notre démocratie parce que ce non respect du suffrage universel nourrit tous les populismes."


Vos commentaires

Posté le 9 septembre 2011 à 12:20 , par Dominique BERNARD

tout à fait d’accord sur l’article, les élus du groupe Progrès Solidarité Ecologie vont distribuer à la population de Bois Guillaume un tract concernant ce deni de démocratie

bien à vous


Posté le 9 septembre 2011 à 15:24 , par Terrier Frédéric

La population de Bois Guillaume serait elle prête à respecter la loi SRU "intra muros", c’est à dire sans OPA sur Bihorel ?

J’ai tendance à penser que les élus veulent souvent anticiper les voeux de leur population (électorat), quitte à se tromper gravement sur l’évolution des mentalités.

la segmentation sociale des agglos a vécu ; les gens ont pris conscience que le "danger sécuritaire" se trouvait dans une trop faible mixité sociale dans laquelle plus grand monde ne trouve son compte
Londres en est un bel exemple : la culture de l’entre-soi explose violemment, au détriment de chacun.


Posté le 9 septembre 2011 à 17:17 , par pascal lefrancois

Une fois de plus, la démocratie est remise en cause.... comme pour le referendum sur l’europe, comme en Irlande ..... Très bonne analyse de l’habitant.


Posté le 10 septembre 2011 à 09:24 , par Dominique Prieux

Ma foi, on dirait bien un retour à la féodalité. Habitants de Bois-Guillaume et de Bihorel, vous êtes leurs gens et la journée de corvée au château est pour bientôt.
On ne sait encore sans doute quel sera le blason de cette nouvelle baronnie ; pour la devise je propose : "Donnez toujours votre avis, mais on vous prévient on s’en fout."
La droite est redoutable. Point ne lui suffit d’avoir fait voter tout un tas de trucs en rafale depuis 2007. Quelquefois même, elle s’en souvient ... et s’en sert.


Posté le 11 septembre 2011 à 12:26 , par boris Eizykman, habitant de Bois-Guillaume

En complément de cette analyse pertinente, on lira avec profit l’intervention de Jean-Claude Ravenel, conseiller municipal d’opposition à Bihorel, faite le 4 juillet 2011, en Conseil municipal juste avant le vote, où il souligne notamment le fait piquant que la liste du maire de cette commune a été élue avec autant de voix (à 1% près) que le non au référendum sur la fusion :

L’intervention de JC Ravenel lors du conseil municipal du 4 juillet.

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus,

Lors des dernières élections municipales, il y avait quatre listes, qui avaient au moins un point commun, elles souhaitaient bonne et longue vie à Bihorel que ce soit pour Bien Vivre à Bihorel, Bihorel avec Vous, J’aime Bihorel et Vive Bihorel. Trois ans plus tard, deux de ces listes souhaitent la disparition de la commune dont ils avaient tant vanté le Bien vivre trahissant une première fois leurs électeurs.
Dimanche dernier, les Bihorellais se sont déplacés nombreux pour dire une chose aujourd’hui indiscutable : ils ne veulent pas de la fusion. Qu’est ce qui nous permet de dire cela ?
- Le résultat est sans appel. Les deux tiers des suffrages exprimés refusent la fusion
- Pour atteindre 50% des inscrits, il ne manquait que 325 votants. En imaginant hypothèse absurde, totalement absurde, qu’ils aient tous voté OUI, on en serait à 1240 (915+325) OUI, toujours loin, très loin des 1811 NON. Mais je suppose que 100% de votants n’auraient pas suffi.
- Tous les quartiers sans exception refusent la fusion.
- 29,5% des électeurs inscrits refusent la fusion c’est à dire 1% de plus que ceux qui ont voté pour votre liste en 2008. Si vous n’acceptez pas le résultat du 26 juin, vous n’auriez pas dû accepter le résultat qui vous a permis d’être élu. C’est en ce sens que j’ai parlé, s’agissant de vous, de se soumettre ou de se démettre.
- A Bihorel, la participation aux Européennes de 2009 a été de 41% et aux régionales de 2010 de 46% et leurs résultats ont été validés. Pourquoi en serait il autrement pour la consultation du 26 juin qui se situe dans les mêmes pourcentages ?
Vous cherchez toutes les arguties possibles et imaginables pour refuser le résultat du suffrage universel. Vous allez jusqu’à additionner les électeurs de Bois-Guillaume, alors que jusqu’à preuve du contraire nous ne sommes pas fusionnés. Vous usez de toutes les ficelles politiciennes pour faire croire que le NON était un OUI en additionnant les abstentionnistes dans le camp du OUI ce qui ne s’est jamais fait. Mais le NON est bien un NON franc et massif.

Il faut que ce rejet soit puissant pour avoir résisté au déferlement de propagande, que ce soit avec la brochure d’Etat d’Esprit, le fameux garant, et la non moins éblouissante brochure « Dix ans déjà » qui ont coûté des dizaines de milliers d’euros aux Bihorellais.

Une fois de plus, mais ce n’est pas une surprise puisque c’est votre réponse politique habituelle vous pleurnichez sur la méchanceté supposée de vos opposants. Pour vous, si 1811 Bihorellais ont dit NON et seulement 915 OUI, c’est parce que nous recourons au mensonge, à la tromperie. Mais les faits sont têtus. Ainsi quand vous dites et répétez à satiété qu’il y aura deux mairies vous mentez sciemment. Si vous osiez quand même voter la fusion, il y aurait une Mairie centre de décision à Bois-Guillaume et seulement une mairie annexe à Bihorel.

Ensuite ce n’est pas nous mais vous qui programmez une baisse des effectifs de la police municipale. Je lis page 6 de la brochure « débat public » Une équipe d’une douzaine d’agents pourra assurer plus de rondes nocturnes, etc. Actuellement il y a sur les deux communes quinze policiers municipaux. Donc vous nous dites qu’avec moins de policiers municipaux couvrant un territoire plus grand, on ferait plus de proximité.

Puis vous avez écrit que des logements sociaux seraient construits, à Bois Guillaume entre l’autoroute et le Chapitre si la fusion ne se faisait pas alors que la PLU de Bois-Guillaume classent ces terrains en zone NL c’est à dire en zone naturelle pouvant accueillir des loisirs de plein air et non des logements. De plus ces terrains subissent des contraintes très importantes avec la proximité de l’autoroute (réglementation Barnier), la ligne à haute tension et deux zones de marnières très conséquentes.

Quel était le but de cette manœuvre de dernière minute ? Faire peur aux habitants du Chapitre et les inciter de ce fait à voter OUI.
Quelle duplicité ! Vous essayez de faire peur avec les logements sociaux aux habitants d’un quartier en l’occurrence le Chapitre mais quand vous êtes dans un autre quartier, au plateau des Provinces, vous dites votre fierté d’avoir des logements sociaux.

Autre exemple qui montre que vous ne reculez devant rien. Écrire que si les Bihorellais votaient NON, Bihorel deviendrait les Hauts de Rouen. C’est quand même avoir tous les culots quand on sait que vous avez voulu, il y a quelques années, fusionner Bihorel avec Rouen.

Enfin, dernier exemple de fait. Vous écrivez dans la brochure « débat public » d’Etat d’esprit « Nous pourrons adopter le principe de la régie directe de la restauration scolaire de Bihorel à l’ensemble du territoire de la commune nouvelle. Patatras, Bois-Guillaume vient de confier avec un nouveau contrat, au secteur privé la restauration scolaire.

En fait vous n’aimez pas Bihorel. Lors de vos deux mandats, votre préoccupation semble avoir été de faire disparaître notre commune, une fois au profit de Rouen, fusion que le courage de certains de vos élus ont empêchée, une autre au bénéfice de Bois Guillaume.

Mais ce soir les élus de la majorité et vous, êtes à la croisée des chemins. Il n’y aurait pas eu de référendum, vous auriez pu dire « on vote la fusion » en prétendant que la population y était favorable. Mais après le référendum ce n’est plus possible. C’est volontairement, consciemment, que si votiez pour la fusion dans quelques minutes, vous diriez le suffrage universel « on s’assied dessus ». Inutile de souligner que ce serait extrêmement grave car le bon sens populaire que j’ai entendu toute la semaine veut que les gens n’imaginent pas autre chose qu’un renoncement à la fusion puisqu’ils ont voté NON.

On n’imagine pas non plus ou difficilement que le premier magistrat d’une commune ne montre pas l’exemple du civisme. Quel exemple ce serait pour les jeunes d’aller contre la volonté du suffrage universel.

Je ne vois pas rationnellement comment vous pourriez, votre majorité et vous, agir autrement que respecter la volonté profonde des Bihorellais. S’il en était autrement, même si les gens ont tendance à oublier rapidement et vous comptez là dessus, croyez moi dans ce cas précis la mémoire serait longue, très longue.

Mesdames et Messieurs les élus, chers collègues, notre responsabilité ce soir est grande. Nous ne pouvons pas laisser Bihorel être la première commune française de l’histoire à disparaître contre l’avis de ses habitants.

Jean Claude Ravenel, Vive Bihorel


Posté le 11 septembre 2011 à 16:47 , par francoise LAURENT

L ’heure est grave ..le contexte pollué , les habitus politiques sordides , cet exemple de plus est édifiant , je ne peux résister à ce petit jeu sur un mot qu’on ne devrait jamais mépriser , mais comme disait DESPROGES , on peut rire de tout .....et .en l ’occurence même avec n’importe qui ....

Démocratie vous dites ?
Et alors ? on a consulté
M’enfin !
On a compté les voix
Chiffré le poids des abstentions
Respecter ce que permet la loi
A tous ceux qui s’insurgent et s’indignent
Très injustement
Il serait temps qu’ils reconnaissent la loi du plus fort !

(Le mot DEMOCRATIE se lit verticalement dans les initiales , la messagerie ne permet pas les fantaisies picturales)

INDIGNEZ VOUS NOMBREUX ....


Posté le 11 septembre 2011 à 21:26 , par Fabienne Modiko

Encore un bel exemple de non-respect de l’autre.
Est ce l’appât du pouvoir qui poussent ces hommes et femmes politiques à faire des faux pas de ce style, à ignorer leurs concitoyens ?
Pourquoi alors passer par un débat public ? Faire semblant ?
C’est naze, voilà tout.


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Halley - 2015-07-18 22:13:09
Posté le 12 septembre 2011 à 08:01 , par Saisissez votre nom

Que reste-t-il légalement à faire pour empêcher cette fusion ?


C’est en effet une bonne question car au delà de l’indignation légitime, il importe également de tout tenter pour stopper le processus. Malheureusement, les premiers recours tentés contre les délibérations des 2 conseils municipaux ont été rejetés et même si d’autres recours sont actuellement tentés ou en préparation par rapport à l’arrêté préfectoral, la piste juridique semble bien improbable.
Et le vrai scandale est là : dans l’absolue légalité de ce processus de création de commune nouvelle qui peut aujourd’hui s’opérer contre l’avis même des habitants concernés. La loi du 16 décembre 2010 portant réforme des collectivités territoriales ayant supprimé l’obligation d’un référendum décisionnel en la matière. C’est donc bien la loi qui permet d’en contourner une autre (la loi SRU), de modifier arbitrairement le découpage électoral pour les prochaines municipales et surtout de fouler au pied les résultats d’un suffrage démocratique.
Et là, j’ouvre une parenthèse à l’intention de Dominique pour lui préciser que non seulement nos élus se servent des lois mais encore, qu’ils font voter des lois au service de leurs petits intérêts personnels et partisans. Comme l’indiquent les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : "bien souvent en Sarkozie, une mesure générale peut cacher un intérêt particulier" (in "Le Président des riches", p.52). Et je crois que nous sommes bien là dans cette situation particulière.
Alors, que faire ? S’indigner, s’offusquer, dénoncer encore et toujours, par tous les moyens, et pour alerter le plus grand nombre de citoyens se montrer un peu créatif dans nos deux communes pour attirer l’attention des médias locaux et si possible nationaux. Sans le secours des médias pour dénoncer ce coup de force contre la démocratie, il semble difficile d’espérer que les politiques s’en mêleront spontanément pour abroger les articles de cette loi qui dépossède les habitants de leur droit à décider de l’autonomie de leur commune. Bihorel et Bois Guillaume sont les premiers villages concernés par un mariage forcé mais demain, dans le cadre des schémas d’intercommunalité, d’autres communes risquent fort de connaître cette même confiscation de la volonté populaire.
A nous de savoir si nous acceptons par notre silence complice de laisser se déliter sous nos yeux un principe démocratique qui est au fondement de l’équilibre de notre société, ou si nous parviendrons à hurler assez fort pour que nos élus réaccordent au plus vite la légalité avec la légitimité démocratique.
Merci à tous ceux qui ont participé à amplifier par leurs commentaires ce combat et que d’autres encore prennent maintenant le relais.


Michel Coruble - 2011-09-12 13:07:42

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Julianne - 2015-07-15 22:40:14
Posté le 12 septembre 2011 à 11:18 , par Jean-Pierre DEFRANCE

C’est drôle (sic) comme cette affaire me rappelle l’implantation du dojo départemental de judo à Forges les Eaux.... contre l’avis du comité départemental de judo, ... démocratiquement consulté lui aussi !

De fait, le triumvirat du Conseil Général alors en place : Président + Président de la commission des Sports + Président de la commission de l’agriculture (accessoirement Député-Maire de Forges les Eaux) avait décidé de l’implantation et rien n’a pu venir contrecarrer "leurs petits arrangements entre amis", ni l’avis du Comité départemental de judo, ni même la pétition des nombreux professeurs de judo en réaction à cette décision arbitraire !

"informer, ’informer encore et toujours" ... et surtout, réagir avant qu’il ne soit trop tard !


On peut sans doute comparer ces deux "affaires" où l’on constate les mêmes errements d’élus qui ont une conception "verticale" de la démocratie représentative, mais il serait dangereux de ne pas repérer un changement dramatique d’échelle de l’une à l’autre : d’un côté, des instances sportives et un Conseil général à la visibilité moyenne auprès des habitants du département, de l’autre un conseil municipal et son maire face à l’ensemble de la population de la commune, c’est-à-dire le degré maximal du rapprochement dans la vie politique. C’est cette proximité maximale qui rend insupportable la trahison "légale" des élus qui se croient permis de tenir pour quantité négligeable le verdict sans appel du référendum. Des élus qui pensent dès lors à tort que la mémoire de leurs administrés ne retiendra pas cet événement scandaleux jusqu’en 2014.


Boris Eizykman - 2011-09-14 18:46:02

C’est vrai qu’à première vue cette affaire peut paraître d’un intérêt mineur en raison de sa dimension locale mais paradoxalement - et Yan de Kerorguen a tout à fait raison de le souligner - c’est précisément la dimension locale qui en fait un extraordinaire révélateur du niveau actuel de délitement de l’esprit démocratique en France. Le fait que le coup de force (légal) soit ici opéré par des élus qui sont les plus proches de la population, qui font partie des habitants de la commune, qui sont nos voisins, nos amis (ex !), des membres de notre propre famille, des personnes que l’on croise à la boulangerie, sur la place du marché ou à la sortie des écoles, bref des gens comme vous et moi, c’est bien ça justement qui est d’une violence hallucinante et qui nous dit quelque chose du degré de pourrissement de la démocratie. L’effet est certes circonscrit localement mais ce qu’il signifie est bien plus large : puisque ces gens ordinaires, en viennent tranquillement à fouler au pied la volonté massivement exprimée dans les urnes par celles et ceux qu’ils côtoient quotidiennement, alors c’est que le lien social ne joue plus son rôle de garde-fou, c’est que la démocratie reflue à mesure de l’avancée de l’idéologie du chacun pour soi.

Et le pire, c’est que pour l’heure, la légitime colère de la population ne trouve pas encore à s’exprimer. En d’autres temps, nous étions en 1942, de courageux habitants de Bihorel avaient exposé leur vie pour dérober le buste d’Alfred Caron (premier maire de Bihorel) et le préserver ainsi d’une fusion (pour en faire un canon). Une autre fusion, bien plus insidieuse est aujourd’hui en cours ; que fera notre génération pour l’empêcher ? Merci à tous ceux qui veulent s’y opposer de prendre contact avec moi.


Michel Coruble - 2011-09-15 10:47:51

J’ai commis une erreur de nom : il faut lire Boris Eizykman et non Yan de Kerorguen dans le texte ci-dessus. Avec mes excuses à ces deux personnes.


Michel Coruble - 2011-09-15 17:28:58

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Lenard - 2015-07-15 18:23:56
Posté le 19 septembre 2011 à 19:06 , par Michèle/Alain Vincent

Révoltant en effet de voir les dénis de démocratie se multiplier sans cesse. Encore des élus qui ont oublié qu’ils ne le sont que parce que leurs concitoyens l’on bien voulu et que, s’ils ont des droits, ils ont surtout des devoirs et celui, en particulier, d’être à l’écoute et au service des électeurs.
Que nous reste-t-il devant tant de mépris affiché ? Quels moyens de défense ? Au moins parlons-en autour de nous et... "buzzons, buzzons" encore, encore ... Et vous, habitants de ces deux villes, demandez le divorce !


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Paul - 2015-06-20 10:22:59
Posté le 25 septembre 2011 à 10:30 , par Maurice76

Eviter les effets pénalisants de la loi SRU peut-être ....... mais la dégustation commune d’un emprunt toxique pourrait éventuellement donner quelques signes d’indigestion aux partisans de la fusion !!!!

COMMUNE DE BIHOREL
Nom de l’emprunt TOFIXMS+
Type d’emprunt Structure complexe d’options sur écart de taux CMS
Date de début 5/15/2007
Date de fin 5/2/2024
Montant 3 550 000 €
Surcoûts 591 000 €
Ratio surcoûts/montant 16.65 %
Banque de contrepartie HSBC

http://labs.liberation.fr/maps/cart...


Merci pour l’info. Effectivement, il semble que nous ne soyons pas au bout de nos surprises ! Le journal Paris Normandie qui vient de publier la liste des communes du département de Seine Maritime ayant contracté ces emprunts toxiques avait bizarrement omis de nommer Bihorel. L’astuce étant qu’il n’avait cité que les communes ayant traité avec la banque Dexia.

Décidément, tout ce beau débat public précédant la consultation n’était fait que de faux-semblants destinés à enfumer la population. Nos élus ont ravalé l’exercice de la démocratie à un pauvre décor de carton-pâte et c’est totalement irresponsable à une époque où la citoyenneté reflue dangereusement : que vont penser les jeunes électeurs dont le premier vote a été piétiné par les élus municipaux au nom d’enjeux qu’ils avaient bien pris soin de dissimuler sous le tapis ? Que répondre aujourd’hui à ceux qui crient "tous pourris" ?

En tout cas, je tenais à remercier toutes celles et tous ceux qui ont alimenté le débat autour de cet article de l’avoir fait sans céder à la tentation du discours populiste. Si l’accumulation des scandales doit en effet nous interroger sur l’effet que peut produire le fait d’être élu sur l’équilibre mental et la probité de ceux qui sont élus, toute généralisation serait pour le moins abusive et la seule leçon que l’on puisse en tirer serait qu’il importe de redonner par la loi le pouvoir au peuple pour des sujets qui le concernent aussi directement. Redonnons des couleurs à la démocratie.


Michel Coruble - 2011-09-26 12:14:34

L’heure du dénouement a sonné : le Tribunal administratif de Rouen a annulé la fusion Bois-Guillaume-Bihorel (voir sur le blog : http://constantindragases.blogspot.fr/ ) et c’est une formidable victoire localement pour tous ceux qui se sont battus depuis près de 2 ans contre ce coup de force des élus ; et bien plus largement, c’est aussi une excellente nouvelle pour tous ceux qui refusent de désespérer de notre démocratie : des remparts existent bien (ici, le Tribunal administratif) et il n’y a donc aucune fatalité, pourvu que les citoyens s’engagent, face aux dérapages de certains élus oubliant un peu vite qui les a fait rois ; la démocratie tient bon dans notre bon "royaume" de France.

Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont suivi, soutenu et mieux encore participé, de près ou de loin, à ce beau et nécessaire combat pour la démocratie.


Michel Coruble - 2013-06-28 13:43:01

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