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Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Contribution de la Commission nationale française pour l’UNESCO *

(J. Audouze, S. Faucheux, E. Guichard, S. Halimi et J. - F. Sabouret), le 15/10/2012

La contribution qui suit – rédigée à partir des réflexions émises dans ses comités « éducation » et « science » (1) et le groupe de travail « Gouvernance des établissement de l’enseignement supérieur » – met donc l’accent sur les aspects internationaux de l’enseignement supérieur et de la recherche au même titre que l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE) dont la directrice est membre de la CNFU. C’est ainsi que nous faisons nôtre l’ensemble des préconisations contenues dans la contribution de cet organisme. Ce texte se place aussi sous les bannières du programme « Éducation d’abord » (2) de l’ONU et « l’Éducation pour tous » (3) de l’UNESCO.

Dans tous les pays et singulièrement dans le nôtre, le système d’enseignement supérieur de recherche a vocation à être l’instrument démocratique de promotion de la connaissance et du savoir. Il doit permettre la promotion de tous ceux qui font l’effort d’apprendre et de chercher quel que soit leur niveau social d’origine. Il doit contribuer à la promotion économique des régions dans lesquelles il se trouve au travers de la valorisation des résultats des recherches auxquelles il se consacre. De plus, les établissements qui relèvent de ce système sont les lieux privilégiés d’une intense collaboration internationale. Sa mission fondamentale concerne donc la société tout entière, non seulement les étudiants et le monde économique mais plus généralement tous les publics que les universités, grandes écoles et instituts de recherche doivent informer voire éduquer tout au long de leurs vies.

Le réseau que ces différents établissements constituent sur le territoire national permet de nouer des partenariats féconds à tous niveaux, internationaux comme locaux.

La constitution de ce système s’appuie sur quatre grands principes :

I. – L’enseignement supérieur est un bien public essentiel qui a vocation à être financé pour une part significative par le budget de l’État tout en permettant le concours de fonds privés via le partenariat et le mécénat.

II. – L’enseignement supérieur doit assurer non seulement la formation de ses étudiants mais également leur insertion professionnelle. Pour que celui-ci s’acquitte au mieux de ces missions et de façon aussi équitable et démocratique que possible, il convient
-  1) que les élèves titulaires du baccalauréat bénéficient d’une véritable orientation les encourageant à s’inscrire dans l’établissement et l’enseignement adapté à leurs compétences et à leurs goûts ;
-  2) que l’on expérimente tous les moyens possibles (sans exclusive) visant à permettre aux jeunes venant de milieux défavorisés d’avoir autant de chance que les autres de pouvoir intégrer un établissement d’enseignement supérieur. Cela peut passer par l’augmentation significative des bourses d’enseignement et de recherche, l’abandon éventuel de la gratuité systématique de l’enseignement supérieur (4) et donc la modulation des frais d’inscription ou par la réservation a priori d’un certain nombre de places en faveur de ces jeunes (cf. l’expérimentation menée à Sciences Po).

III. – L’enseignement supérieur et la recherche doivent se penser au niveau international : échange d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs ; adoption des meilleures pratiques tant en matière de recherche que de pédagogie ; veille prospective sur les métiers et les besoins de compétences d’aujourd’hui et de demain. Les relations internationales des différents établissements d’enseignement supérieur sont essentielles. Par ailleurs, les établissements français devraient être encouragés à fonder des chaires UNESCO concernant les thèmes prioritaires pour la société (santé, environnement, culture, bienêtre...).

IV. – L’enseignement supérieur doit privilégier l’innovation pédagogique par l’expérimentation de nouvelles méthodes dans ce domaine et le développement de nouveaux outils qui tiennent compte des pratiques des générations actuelles et futures d’étudiants en particulier en matière d’utilisation des NTIC. En bref, il convient que les établissements d’enseignement supérieur jouissent d’une véritable autonomie leur permettant de mener des expériences dans tous les domaines (droits d’inscription, recrutement d’enseignants et de chercheurs, choix des disciplines pédagogiques et des thèmes de recherche, alliances au niveau local et international). Les pouvoirs publics mettraient alors en place des structures de contrôle a posteriori veillant à ce que l’on ne fasse pas n’importe quoi et sanctionnant d’éventuels abus ou des ratages caractérisés.

Les mots clé de notre contribution inspirée par « Éducation d’abord » et « l’Éducation pour tous » sont donc :

- démocratisation réelle de l’accès à l’enseignement supérieur par l’orientation, la multiplication de bourses d’enseignement supérieur et de recherche, et la modulation éventuelle des frais d’inscription ; insertion des jeunes diplômés dans le monde du travail,
- partenariat avec le monde socio-économique local, national et international,
- encouragement à l’expérimentation dans tous les domaines avec des procédures de contrôle et d’incitation à adopter les meilleures pratiques,
- responsabilisation, autonomie et évaluation par la puissance publique des structures de gouvernance des établissements d’enseignement supérieur,
- coopération internationale par la mutualisation des bonnes pratiques et les échanges d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, d’ingénieurs et d’administratifs.

NOTES

* La CNFU, qui comprend 66 membres issus du parlement, de l’administration française et des milieux éducatifs, scientifiques et culturels de notre pays, représente la France auprès de l’UNESCO aux côtés de M. l’Ambassadeur de France auprès de cette agence des Nations Unies. Son existence est prévue dans l’acte constitutif de l’UNESCO. Elle est donc l’interface naturelle entre l’UNESCO, dont le siège est à Paris, et les communautés intellectuelles françaises.

(1) La CNFU comprend trois comités – culture, éducation et science – présidés par chacun des vice-présidents.

(2) Programme prioritaire lancé par M. Ban ki Moon, secrétaire général de l’ONU

(3) Programme prioritaire de l’UNESCO

(4) La gratuité, en effet, semble profiter davantage aux milieux favorisés.


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