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Un mal persistant domine nos sociétés : la défiance.

D.Sabo, le 3/04/2014

Un mal persistant domine nos sociétés : la défiance à l’égard des élites. Une défiance qui s’exprime par un certain désintérêt de la politique et un rejet de la représentation politique.

Une bonne partie du problème vient de la coupure de plus en plus forte entre les élites et le peuple. Les gens ressentent fortement les différences de traitement selon qu’on est riche et bien portant ou pauvre et malade. La judiciarisation des rapports contractuels en est un bon exemple. De même, les connivences entre la grande presse et le pouvoir politique et financier, souvent montrés du doigt, sont également des éléments de mise en doute de la confiance.

Cette crise de confiance envers les élites et le leadership politique n’est pas favorable à l’exercice démocratique. C’est un fait, la démocratie délégative ou représentative, « incontestablement érodée » ne suffit pas à garantir le combat pour le bien commun. Sans un rapport de confiance accordé par les citoyens à ceux qu’ils ont élus, il n’est pas d’institution démocratique durable. La démocratie est donc un échec si les représentants du peuple ne parviennent pas à assurer un minimum de transparence et d’éthique dans leur gestion de la vie publique.

De même l’orientation légitime de nombreux citoyens vers ce qu’on appelle la démocratie participative, même si elle est souhaitable, n’est pas une garantie de revitalisation de la grande démocratie. Réservée de facto à de petits groupes de personnes disponibles, de permanents ou d’initiés, elle court le risque de faciliter des relations de clientèles instrumentalisées par les intérêts particuliers et favorise une sorte de populisme.

Certes les référendums d’initiative locale constituent une façon de faire participer les électeurs à la vie politique et à la démocratie. Ils peuvent aider à trouver une solution. Mais ils ont aussi des inconvénients. Les électeurs ne sont pas forcément les plus informés et les plus aptes pour prendre une décision éclairée sur un enjeu complexe, tel un traité international. En outre, le référendum est parfois une occasion de se défouler. Il est ingouvernable. Aussi bien convient-il d’en faire bon usage, pour des décisions historiques mais pas pour des plébiscites.

Une autre critique pointe : que le « tout participatif » noie les compétences dans l’amateurisme. La crainte est en effet que sans les lunettes de l’expert, le citoyen soit atteint de myopie. Avec à l’horizon, l’inconvénient que cette « démocratie directe » ne devienne le terrain de jeu des communautés affectives et qu’elle se limite à un espace de reconstruction des égo. Aussi bien l’enjeu d’une démocratie pleine et entière qui conjugue représentation et participation est-elle de nature à restaurer les relations de confiance qui manquent à notre société.


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