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Qui se cache derrière le FSE ?

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Si les Forums sociaux à l’échelle mondiale et continentale deviennent des moments incontournables dans la construction des alternatives, peu de personnes sont au fait du mode d’organisation de tels événements. L’enjeu est pourtant de taille : il en va du respect du processus démocratique au sein du mouvement, diversité de la bouillonnante galaxie alter-mondialiste oblige. Qu’en est-il dans le cadre du FSE ?

Qui se cache derrière le FSE ? Réponse : une galaxie importante de structures qui (...)

Si les Forums sociaux à l’échelle mondiale et continentale deviennent des moments incontournables dans la construction des alternatives, peu de personnes sont au fait du mode d’organisation de tels événements. L’enjeu est pourtant de taille : il en va du respect du processus démocratique au sein du mouvement, diversité de la bouillonnante galaxie alter-mondialiste oblige. Qu’en est-il dans le cadre du FSE ?

Qui se cache derrière le FSE ? Réponse : une galaxie importante de structures qui ont dû mettre en place une organisation complexe pour tenter de respecter un processus démocratique dans les prises de décision.
Concrètement, en décembre 2002, s’est constituée l’Assemblée européenne de préparation (AEP) du FSE 2003, composée de plus de 1500 organisations européennes, et organe de décision de la manifestation. Durant ces mois de préparation, l’AEP s’est réunie 5 fois (deux fois à Paris, Bruxelles, Berlin, Gênes) pour établir le programme, les grands axes de débats, les intervenants en séances plénières et en séminaires.
L’AEP comprend 250 associations françaises, signataires de l’appel unitaire décrivant la démarche du FSE, et membres adhérents du "Comité d’Initiatives Français" (CIF). Ce groupe continue du reste de croître, les associations françaises étant de plus en plus nombreuses à signer la déclaration. A travers des réunions mensuelles, le CIF a défini les grandes lignes de l’organisation du FSE et a validé les initiatives du secrétariat d’organisation. Réunions auxquelles des organisations non-signataires ont pu assister, en tant qu’observatrices.

Une structure pyramidale
Instance décisionnelle " politique ", selon Marie Stutz, permanente salariée du FSE, le secrétariat d’organisation (SO) est composé d’une quarantaine de membres actifs du CIF (1), issus des diverses structures - syndicats, groupes locaux, associations de défense de l’environnement, des droits de l’homme et des femmes, structures de l’économie sociale et solidaire, etc., ATTAC, Amis du Monde Diplomatique - qui le composent.
Ces personnes ne sont pas sélectionnées ou élues par le CIF pour le représenter. "Elles sont généralement membres responsables de leur organisation, explique Marie Stutz, et moteurs de l’engagement de leur structure dans le FSE. Leur organisation les met à disposition pour travailler sur le forum".
Ce secrétariat d’organisation est chargé de l’ensemble des tâches de préparation, de coordination (en particulier avec les municipalités) et du suivi logistique du FSE. Il est partagé en deux groupes de travail - organisation et programme -, eux-mêmes divisés en plusieurs sous-groupes. Il travaille en lien étroit avec le Comité d’Initiative Français, qui valide ses initiatives à échelle française, et sous la responsabilité de l’Assemblée européenne auquel il soumet des propositions que l’AEP, à son tour, entérine. Il s’appuie, depuis le mois d’avril 2003, sur une équipe de salariés permanents (7 à ce jour) qui prend en charge la programmation, l’organisation et la communication, avec l’appui de 3000 bénévoles et de certains membres très actifs du SO.
Enfin, l’association de financement du FSE 2003 a pour objet unique de gérer les apports financiers. Le budget total du FSE s’élève à 3 400 000 d’euros, composé de subventions des villes organisatrices, des Conseils généraux de la Seine-Saint-Denis, de l’Essone et du Val-de-Marne, de l’Etat (via Matignon et le ministère des Affaires étrangères), mais aussi de l’ONG Oxfam, de l’Agence pour la francophonie, des inscriptions, des adhésions au comité d’initiatives et des locations de stands. Ce budget a été récemment réduit en raison du barrage de la droite lors du vote de la subvention de 300 000 euros que le Conseil régional d’Ile de France devait accorder au FSE (voir notre brève à ce sujet). L’association de financement du FSE est placée sous la responsabilité du secrétariat d’organisation.

Elargissement et processus démocratique
Entre chaque Assemblée européenne se sont réunis des groupes de travail européens qui se sont penchés en détail sur le programme, l’organisation ainsi que sur l’élargissement du FSE. Le thème est polémique, comme le souligne un ouvrage (2) récemment publié sur le mouvement alter-mondialiste et dont nous faisons la synthèse dans l’article : Mouvement alter-mondialiste, 4 questions clés pour un débat.
Autres enjeux : l’élargissement "social" du public susceptible de se rendre au FSE (la présence des "sans voix" et du Mouvement de l’immigration et des banlieues l’atteste) ainsi que l’élargissement aux pays du Sud et de l’Est, rendu possible par le Fonds de solidarité (alimenté par une " taxe solidaire " de 10%, prélevée sur toutes les inscriptions et adhésions) : une nouveauté de cette année. Ce Fonds finance le déplacement de plusieurs centaines d’intervenants n’ayant pas les moyens nécessaires de se rendre à Paris.
Selon Marie Stutz, l’organisation mise en place fait du FSE un événement "super démocratique"… avec les ennuis que peut comporter un nombre élevé de décisionnaires : lenteurs et manque de clarté notamment. A noter que ce qui réunit la totalité de ces organisations, c’est l’adhésion aux principes de la Charte des principes (voir encadré).
Cela rend-il le processus d’organisation forcément démocratique ? Pas si sûr… Bruno Rebelle, ancien président de Greenpeace France, confie dans l’ouvrage déjà cité : "Force est de constater que le FSM, pas plus que les forums régionaux, n’a su vraiment innover en matière de pratique politique et démocratique. Certes, la forme très ouverte des processus de préparation peut apparaître comme une invitation à la participation la plus large. La réalité est assez différente. La mécanique d’élaboration du programme du FSE de Saint-Denis est à ce titre évocatrice. Les participants du "tour de table" hésitent en permanence entre l’exposé de leur attention sectorielle et spécifique pour s’assurer que "leur" sujet ne sera pas oublié et la nécessité d’élaguer pour définir un programme qui ait du sens et qui soit effectivement lisible par les participants ".

La charte
La Charte des principes régit tous les Forums sociaux et précise que :
- Le Forum n’est pas une entité délibérative. "Les rencontres du Forum social mondial n’ont pas un caractère délibératif en tant que Forum social mondial. Personne ne sera donc autorisé à s’exprimer au nom du Forum, dans quelque édition que ce soit, des prises de position prétendant être celles de tous les participants."
- Les organisations qui participent au Forum peuvent décider de toute initiative, campagne ou mobilisation citoyenne qui les engage, mais qui n’engage qu’elles. Lors des forums, la Charte des principes précise que :
- Les séances plénières sont essentiellement des moments d’échanges et de confrontations.
- Les séminaires et les ateliers, organisés à l’initiative des organisations qui le désirent, ont également cette fonction, mais pour partie seulement. Ils permettent aussi de favoriser la mise en place de réseaux, d’élaborer des alternatives et d’organiser la tenue de campagnes de mobilisation. A noter que toutes les structures participant au FSE 2003, y compris les mairies des villes qui l’accueillent, sont signataires de cette charte.

(1) Amis du Monde diplomatique, Attac, Babels, CADTM - Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde, CCIPPP-Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien, CGT, Collectif des musulmans de France, Collectif dionysien de préparation du FSE, Concertation Associative Environnement Développement Durable, CRID, DRD - Démocratiser Radicalement la Démocratie, Espaces Marx, FCPE - Réseaux Handicap, Fondation Copernic, FTCR - Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives, Gamins de l’art-rue, LDH, Marche mondiale des Femmes et Collectif national Droits des femmes, Marches européennes / Euromarches, Marches Européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions, MIB, NO VOX, FSU, Union syndicale-G10 solidaires, Coordination économie sociale et solidaire.

(2) Extraits de l’ouvrage collectif " Où va le mouvement alter-mondialisation ? ", Ed La Découverte, Paris, octobre 2003 (6,4 euros).

FSE 2003 : couverture par les médias alternatifs

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Le prochain Forum Social Européen (FSE) de Paris Saint-Denis fera l’objet d’une couverture par des "médias alternatifs", défendant le tiers-secteur de la communication. Qui sont-ils et comment comptent-ils se mobiliser pour relayer les débats ? Panorama non exhaustif...

A travers les centaines de sites Internet et weblogs d'information indépendante. A travers les organisations associatives qui mettent en place un journal ou un site Internet d'information, qui organisent la mise en réseau (...)

Le prochain Forum Social Européen (FSE) de Paris Saint-Denis fera l’objet d’une couverture par des "médias alternatifs", défendant le tiers-secteur de la communication. Qui sont-ils et comment comptent-ils se mobiliser pour relayer les débats ? Panorama non exhaustif...

A travers les centaines de sites Internet et weblogs d’information indépendante. A travers les organisations associatives qui mettent en place un journal ou un site Internet d’information, qui organisent la mise en réseau de médias libres ou la mise en place d’agences de presse et de diffusion indépendante. A travers les quelques rares publications papiers réellement indépendantes. A travers les télévisions et radios associatives ou libres, se dessine un « paysage médiatique alternatif français ».
Sous cette appellation se cachent toutefois des réalités très différentes, mais qui se rejoignent dans une volonté commune : volonté de favoriser les rapports non commerciaux avec l’information, dans une conception indépendante face aux pouvoirs politiques et économiques ; volonté de favoriser la liberté d’expression, la liberté de contester, dans une logique de « contre-pouvoir », contre l’uniformisation de l’information ; volonté de modifier notre rapport aux médias, pour une participation et une appropriation citoyenne de l’information, en proposant notamment la critique active des médias.

Les médias alternatifs, porteurs du message altermondialiste dès l’origine, se placent au premier rang pour participer au prochain Forum Social Européen (FSE) de Paris, Saint-Denis, Ivry et Bobigny.
Quelle sera la mobilisation des médias alternatifs lors de cet événement ? Quels sont les enjeux pour ses structures, parfois fragiles ? Occasion de grande messe altermondialiste ou véritable terrain d’expérimentation et de relais des alternatives ?
La presse alternative aura, en tout cas, une place prépondérante au sein du FSE. Ainsi, suite à la concertation entre les organisateurs du FSE et les principaux représentants des différentes branches de médias indépendants, un centre média leur a été attribué à la Villette. Sur plus de 300 m2, les médias dits alternatifs pourront bénéficier de studios radio et télé, de postes Internet mutualisés. « Les médias alternatifs sont des acteurs politiques du forum. L’organisation du FSE se devait de leur donner un large espace ouvert, où ces médias pourront mutualiser leurs informations et leur matériel », explique Laurent Vannini, coordonnateur du centre média.

Peu de papiers, moins d’Internet

Hormis les milliers de tracts et publications militantes qui seront distribués, la presse indépendante et alternative sur support papier sera quasi inexistante pour relater quotidiennement l’ébullition citoyenne de ces 4 jours de FSE.
L’unique expérience quotidienne sera celle de 2 lycées de la ville de Saint-Denis qui proposeront un quotidien entièrement réalisé par les lycéens, avec l’appui de professionnels du journalisme. Le journal, nommé "Résonances", sera traduit en plusieurs langues, et sera distribué gratuitement sur l’ensemble des sites du FSE de Saint-Denis. Les 5 numéros du journal seront également disponibles sur Internet. Laurent Clavier, professeur au lycée Paul Eluard à l’initiative du projet espère « que ce projet éducatif, qui ne sera pas un média alternatif au sens politique par souci de neutralité, sera un moyen pour ces lycéens de s’emparer du FSE comme d’une lunette sur le monde. C’est un travail de décentrement du regard qui prend comme objet d’étude le FSE. »
Quant à Internet, les expériences de couverture médiatique commune des médias indépendants, sur ce support, ont tourné court depuis la fermeture du portail de l’économie solidaire Médiasol, qui avait réussi à rassembler lors des derniers forums sociaux internationaux un ensemble d’associations et de médias (dont faisait partie Place Publique).
Les expériences communes laissent place à des projets individuels, soucieux de garder leur propre ligne éditoriale. C’est le cas des Pénélopes, l’Agence d’informations féministes, qui publiera sur Internet un magazine quotidien, réalisé en collaboration avec 14 femmes représentantes d’ONG féministes d’Europe de l’Est (Croatie, Serbie, Pologne…). « Pour notre organisation, il était important d’intégrer dans cet événement européen des femmes issues des pays qui s’apprêtent à rejoindre l’Union Européenne », souligne Joséfina Gamboa des Pénélopes. Elle précise : « Les articles rendront compte notamment des 8 ateliers et séminaires organisés par Les Pénélopes et traiteront des thèmes qui nous sont chers, comme le droit des femmes en Europe par exemple ».
Autre mobilisation associative relayée sur Internet, celle portée par l’Acrimed (Action Critique Médias). Tout comme lors du G8 d’Evian ou du dernier Forum social européen de Florence (novembre 2002), l’Acrimed couvrira l’événement en s’attachant à observer les médias qui observent le FSE. Même si, comme le dit Henri Maler, président de l’association, « l’Acrimed sait déjà comment les principaux médias nationaux vont couvrir le FSE. Ce qui se dit dans les débats et les conférences ne sera pas traité par ces médias, qui préfèrent se focaliser sur la participation et la venue au FSE, même symbolique, des principaux représentants politiques français. »
L’association mobilise une dizaine de bénévoles pour passer au crible les principaux médias nationaux et régionaux. Leurs chroniques seront disponibles sur le site Internet de l’association ou à travers une chronique quotidienne diffusée sur Radio Cascades vers 22h (voir ci-dessous).
Du côté d’ATTAC, la formule éprouvée lors des forums sociaux précédents ne change pas : une dizaine de bénévoles de l’association publieront quotidiennement, sur le site Internet de l’association, des reportages, analyses et photos de l’événement.
Parmi les nombreux sites Internet fondés sur des principes de libre publication et de libre expression, le réseau Indymedia sera le plus mobilisé sur l’événement altermondialiste européen. Mais l’engagement du réseau n’est pas uniforme. Ainsi, le portail d’Indymedia Paris portera un regard critique sur l’organisation et le financement du FSE. Les membres du portail parisien annoncent d’ores et déjà qu’ils s’intéresseront autant au FSE qu’aux autres événements qui se déroulent en parallèle, tels que le Forum Social Libertaire ou le « MétallosMédialab » (voir encadré).

Les radios associatives sur le pont

L’engagement le plus significatif des médias alternatifs viendra des ondes. Une radio spécialement dédiée au FSE diffusera des émissions, sans interruption, durant toute la durée du forum. Cette initiative, nommée Radio Cascades, sera hébergée sur la fréquence de la radio associative Fréquence Paris Plurielle (FPP - 106.3 FM).
« C’est un média alternatif, et nous le ferons à notre image, militante et engagée. Nous n’avons aucune contrainte de temps ou de publicité, mais nous fixons des exigences de qualité », explique Pierre Baron, membre de Radio Cascades.
« Nous allons essayer de mettre l’accent sur les ateliers, les expériences concrètes et réalistes d’engagements et de résistances. Nous voulons passer de la critique des médias, à la création de médias critiques » poursuit-il. Les programmes de Radio Cascades seront mis à la disposition des radios associatives qui le souhaitent. Les internautes pourront également écouter les programmes sur le Net.
Le réseau des radios libres se mobilise très fortement pour ce FSE, à travers la Coordination Nationale des Radios Libres (CNRL). Cette structure, qui regroupe plus de 500 radios libres, a participé à la mise en place du centre média alternatif. Très active pour la défense et la promotion du secteur des radios libres, la CNRL se rend au FSE avec un effectif de 40 journalistes européens pour couvrir l’événement.
Des émissions à destination de tout le réseau européen seront réalisées pendant le FSE, et reprises pour l’essentiel dans une émission de Radio Cascades (de 13h à 14h). Yvan Jossen, responsable des relations publiques de la CNRL, analyse l’enjeu d’une telle présence : « L’enjeu est de créer des synergies pour faire exister le tiers secteur de la communication et le faire reconnaître auprès des réseaux militants, syndicaux, associatifs, qui connaissent mal son implication au sein des mouvements sociaux. »
La CNRL sera également très présente dans les ateliers et séminaires sur le tiers secteur de la communication et les médias libres, ainsi qu’à la Maison des Métallos pour une rencontre quotidienne autour des radios libres (voir encadré).
Le réseau des Radios étudiantes sera également présent lors de ce forum pour une diffusion nationale sur toutes les radios campus qui souhaitent récupérer les émissions.
A noter que Radio Libertaire (89.4 FM à Paris) diffusera en direct durant toute la durée su Forum Social Libertaire et Salon du Livre (FSL-SA), qui aura lieu du 11 au 16 novembre. A lire sur le site : http://fsl-sla.eu.org.

Un secteur audiovisuel en recherche de soutien

L’unique participation d’une télé alternative française sera assurée par la télévision parisienne Zaléa. La présence de Zaléa sera double lors du FSE, au sein même du média center ainsi qu’à la Maison des Métallos pour le MétallosMédialab.
Les reportages tournés lors du forum ne seront peut-être pas diffusés sur les ondes hertziennes (Le CSA doit rendre sa décision le 4 novembre prochain). Mais la diffusion se fera, à coup sûr, par Internet. D’autres télévisions alternatives pourront du reste diffuser leurs émissions en profitant de leur streaming (flux disponible sur le Net), comme la télé libre « sans canal fixe » de Tours.
Pourtant, l’enjeu pour Zaléa n’est pas tant la diffusion publique : « le paysage du tiers secteur audiovisuel en France est déplorable, relate Charlotte de Zaléa. Nous voulons profiter du FSE pour amorcer une démarche de mise en réseau avec les principaux médias audiovisuels alternatifs européens. L’idée est de préparer les états généraux du tiers secteur audiovisuel et d’amorcer le combat qui doit désormais se mener à l’échelle européenne pour défendre la liberté d’expression des télévisions libres, dans un milieu audiovisuel toujours plus fermé aux initiatives alternatives. »

Les sites Internet

- Les médias :
Journal spécial FSE du lycée Suger de Saint-Denis : http://lssd93.ac-creteil.fr/fse/index.php
Les Pénélopes : www.penelopes.org
Acrimed : http://acrimed.samizdat.net
Attac : www.attac.info
Indymedia Paris : http://paris.indymedia.org
Radios Cascades :www.radiocascades.org
La CNRL : www.cnrl.org
Réseau des radios étudiantes : www.radio-campus.org
Zaléa TV : www.zalea.org

- Autres sites Internet à regarder :
Hacktivist news service : www.hns-info.net
Construire un monde solidaire : www.monde-solidaire.org
Bella Ciao : www.bellaciao.org
Média activisme : www.mediactivism.org

MétallosMédialab
Conçu comme un espace d’expérimentation et de confrontation pour les médias alternatifs européens, le MétallosMédialab se tiendra en parallèle du FSE, du 12 au 16 novembre inclus, à la Maison des Métallos (Paris 11e).
Le laboratoire des Métallos sera l’occasion pour les activistes des médias indépendants de présenter leur démarche, de se confronter à d’autres expériences similaires, de rencontrer des militants, d’échanger des savoir-faire et de l’expertise. La rencontre permettra également de faire le point sur la situation européenne et de dégager des perspectives d’actions et d’initiatives communes.
Programme complet des ateliers, rencontres, débats sur : http://metallosmedialab.fse-paris.org

Forum social local du Val de Bièvre : répétition générale avant le FSE

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Des associations de 7 villes de l’agglomération du Val de Bièvre (Val-de-Marne) ont rassemblé leurs forces pour organiser le 11 octobre dernier un Forum social local… Rencontre préparatoire au prochain Forum social européen (FSE).

C'est sous un chapiteau de toutes les couleurs que le premier Forum social local du Val de Bièvre s'est tenu le 11 octobre dernier… Organisée par des associations de 7 villes de l'agglomération du Val de Bièvre (1), la manifestation se définit comme " un lieu (...)

Des associations de 7 villes de l’agglomération du Val de Bièvre (Val-de-Marne) ont rassemblé leurs forces pour organiser le 11 octobre dernier un Forum social local… Rencontre préparatoire au prochain Forum social européen (FSE).

C’est sous un chapiteau de toutes les couleurs que le premier Forum social local du Val de Bièvre s’est tenu le 11 octobre dernier… Organisée par des associations de 7 villes de l’agglomération du Val de Bièvre (1), la manifestation se définit comme " un lieu d’éducation populaire où la population peut se préparer à aller au FSE (2), notamment en se familiarisant avec les sujets qui y seront débattus ", comme l’explique Chantal Richard, militante "cumularde" à Attac (3), la Ligue des droits de l’homme, JE 2000 (association qui récupère et redistribue des ordinateurs) et élue au conseil municipal de l’Hay-les-Roses sur la liste "Citoyen à l’Hay"…
C’est elle qui a eu l’idée de monter cette opération en se rendant à une réunion à Créteil sur le FSE. Avec 25 autres personnes, elle a pris son bâton de pèlerin pour convaincre les associations citoyennes et caritatives ainsi que les syndicats des 7 villes concernées de participer à l’aventure. Au final, 30 associations ont répondu présents.
Annie Quentin, directrice de la compagnie Théâtre en mouvement, membre du comité d’organisation, commente : " Il n’y a pas eu de guerre de pouvoir entre les différentes structures, comme j’ai pu le constater dans d’autres FSL, notamment ceux organisés sur une seule ville. Ici, les gens ont eu envie que ça se fasse et ont donné de l’énergie dans ce sens ".
Résultat : certaines associations tiennent un stand à l’entrée ou à l’intérieur du chapiteau, chacune apportant son savoir-faire selon son activité et son réseau. Ainsi, Benkadi France, association de solidarité franco-malienne, a préparé pour l’heure du déjeuner des plats africains dont la vente permettra de financer une partie de ses activités.
Un autre stand propose des produits du commerce équitable et notamment du café, bon moyen d’attirer la foule sur les coups de 14h. Un des participants au FSL affirme : " Je trouve qu’en dix ans il y a eu des avancées. Le commerce équitable en est la preuve. C’est un choix positif que l’on nous propose : on peut en acheter, en faire acheter ; c’est, par ailleurs, de plus en plus distribué dans les grandes surfaces. Cela ouvre des perspectives plus intéressantes que le simple fait d’acheter ou pas des Nike ".

À l’Attac !

À l’intérieur du chapiteau, une dizaine d’associations organisatrices présentent leurs activités : JE 2000, Hera Donong (association de solidarité en faveur du développement), Entente citoyenne (qui lutte pour la participation du citoyen à la vie locale sur l’agglomération du Val de Bièvre), Les Amis du monde diplomatique, Attac Val-de-Marne (4), etc.
Comme dans la plupart des Forums sociaux locaux (au nombre d’une centaine aujourd’hui), Attac s’est particulièrement impliquée dans l’organisation de ce FSL. L’association a notamment fourni les intervenants du jour - en l’occurrence Gus Massiah, Pierre Tartakowsky et Louis Weber, tous trois membres d’Attac - aux différents débats organisés durant la journée (Rapports Nord/Sud, Racisme et discrimination, Education).
Mais, plus encore, la présence d’Attac - tout comme celle, d’ailleurs, de la section intercommunale de la Ligue des droits de l’homme - au sein du comité d’organisation donne un sens à la manifestation, signe que celle-ci s’inscrit dans une démarche plus globale. Du reste, le FSL du Val de Bièvre a rédigé sa charte en s’inspirant de celle du Forum social mondial.
Celle-ci entérine un certain nombre de principes dont l’absence de partis politiques au sein des Forums sociaux (celui du Val de Bièvre a ainsi été financé par une subvention de l’agglomération et du Conseil général, rien n’a été demandé aux mairies par peur de la récupération), l’ouverture à tous les mouvements émanant de la société civile, etc.
" Les FSL ne sont pas labellisés mais ceux qui les organisent doivent se réclamer d’un certain nombre de principes. Les Forums ne sont pas des nouvelles formes d’organisation, ce sont des moments au cours desquels a lieu une véritable confrontation sur ce que l’on fait ensemble. Cela sert de relais dans les deux sens… ", expose Gus Massiah, président du CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement) et vice-président d’Attac. Et confrontation il y a eu, de fait… Entre le local et le global, mais aussi entre des visions différentes de la démarche militante.

Du théâtre-forum

Pour introduire chaque débat, le comité d’organisation a fait appel à Théâtre en mouvement, une compagnie de théâtre-forum (5). " Grâce au théâtre, nous amenons, sur les grands thèmes abordés, des situations du quotidien. Notre objectif : toucher les citoyens que l’on ne touche pas habituellement en les faisant s’interroger sur les enjeux sociaux via le quotidien ", explique Annie Quentin.
Opération réussie dès la première scène, qui introduit le débat sur les rapports Nord/Sud. Une mère de famille, en difficulté financière, est contrainte d’acheter des Nike à son fils qui passe pour une "merde" dans son lycée car il n’a pas les dernières chaussures à la mode. Quel discours tenir à ce fils ? Lui acheter ou pas ses Nike ? Telles sont quelques-unes des questions posées par les comédiens.

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Les comédiens de la compagnie de théâtre Forum

Certains participants au FSL montent sur scène : l’un tente d’expliquer le mode de fabrication de ces chaussures et les raisons pour lesquelles il faut boycotter la marque ; une autre propose au fils de gagner de l’argent pour se les acheter ; une autre, enfin, l’invite à venir avec elle au FSL pour bien comprendre les enjeux qui se cachent derrière une paire de chaussures Nike…
Le débat est lancé et Gus Massiah, non sans saluer la perspicacité de l’approche théâtrale du sujet, théorise, de façon fort pédagogique, sur les grands enjeux politiques et économiques des rapports Nord/Sud. Entre le quotidien et les discours théoriques des "stars" de l’alter-mondialisation, le fossé serait-il sur le point de se creuser ?
C’est, en tout cas, le point de vue que semble défendre l’un des participants qui interpelle les intervenants sur la difficulté à agir dans sa ville, avec ses voisins et s’interroge : " Les rapports Nord/Sud sont dans mes escaliers. Que fait-on concrètement demain, ici ? " " S’impliquer dans des mouvements collectifs qui donnent des perspectives telles qu’Attac. Cela permet de sortir de son isolement, de découvrir des pratiques hors de soi ", rétorque Gus Massiah dont le discours a, en revanche, séduit Janine qui vient le féliciter pour sa prestation.
Ancienne militante politique, déçue par son parti, elle confie : " La lecture des journaux ne me suffisait plus. Maintenant, les enjeux sont plus clairs pour moi. De plus, je sens le mouvement altermondialiste très ouvert, très en recherche : ses représentants ne sont pas venus pour asséner des vérités ".

" C’est tout petit… "

Le FSL du Val-de-Bièvre a réussi à drainer, le temps d’une belle journée d’automne, plusieurs centaines de personnes. Dans le public, les cheveux blancs dominent… Comme dans tous les Forums sociaux, la plupart des participants sont venus reprendre des forces avant de retourner à leur combat quotidien, qui dans un comité de quartier, qui dans une association… Peu de non-militants ont fait le déplacement, constate Chantal Richard à la mi-journée.
Et pourtant, toucher des personnes non convaincues, loin des préoccupations sociales, et notamment des jeunes, était bien l’un des objectifs que s’était fixés le comité d’organisation. " Il faut multiplier les forces et alimenter le mouvement afin qu’il se renouvelle ", affirme Chantal Richard. Ce ne sera pas chose facile, mais le comité d’organisation ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Avec l’apport du plus grand nombre, il espère bien remettre ça l’année prochaine… avec quelques arguments. " La communauté d’agglomération n’avait pas de consistance pour les habitants ; aujourd’hui, ce n’est plus seulement une communauté juridique, elle commence à avoir de la chair, se réjouit Anne Buyck d’Entente citoyenne. Nous nous rapprochons et œuvrons ensemble. Je suis déjà contente que tant d’associations aient été partie prenante de l’opération et que nous ayons réussi à organiser un FSL qui soit aussi une fête de famille. "
Ici et là, des participants s’arrêtent aux stands, écoutent de la musique, boivent du café équitable, et refont le monde pendant que leurs bambins s’adonnent aux joies du cirque grâce à des ateliers mis en place par les locataires du lieu : le cirque des Dalton. " C’est tout petit, mais ça a le mérite d’exister… Maintenant, il faut que ça fasse des petits ", conclut Annie Quentin.

Contact :
Théâtre en mouvement (TEM) : 06 14 80 32 61

(1) Arcueil, L’Hay-les-Roses, Cachan, Gentilly, Fresnes, Villejuif et le Kremlin-Bicêtre.
(2) Le FSE se tiendra du 12 au 15 novembre à Paris, Saint-Denis, Ivry-sur-Seine et Bobigny. Site : www.fse-esf.org
(3) Association pour une Taxation des Transactions financières pour l’Aide au Citoyen
(4) Voir liste complète sur le site du FSL : http://www.forum-valdebievre.ras.eu.org/
(5) Après avoir visionné une scène, les spectateurs sont invités à prendre la place de l’un des personnages et à proposer leur propre solution au problème posé.

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