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THEATRE : « Mademoiselle Else », un héritage fatal

par Jean-Pierre Bourcier, le 5/02/2014

« Mademoiselle Else », le roman de l’autrichien Schnitzler fit grand bruit et scandale après sa publication au milieu des années 1920, alors que les graines venimeuses du nazisme croissaient très vite dans les pays germanophones.

Le Groupe « tg STAN » est de retour à Paris, au Théâtre de la Bastille, avec l’un de ses piliers, Frank Vercruyssen qui, avec « Mademoiselle Else », adapte superbement le roman d’Arthur Schnitzler. Pour résumer, Else, très jeune femme, est fille d’avocat. En vacances quelque part en Italie, elle reçoit une lettre de sa mère lui demandant avec insistance de demander en urgence de l’argent à un riche ami marchand d’arts car le père vient de perdre énormément d’argent au jeu. De l’argent qui ne lui appartenait pas.

La très belle Else, rôle porté par la sublime et jeune Alma Palacios, est à l’âge où le respect et la soumission au père sont en balance avec les désirs et besoins de liberté. Or si l’ami et riche marchand d’arts en question, Dorsday, est prêt à payer comptant pour « sauver » l’avocat et père de Mademoiselle Else, il demande aussi des assurances d’un autre genre, plus charnelles, de la part de la jeune femme en vacances.

La mise en espace du tgSTAN est d’une simplicité exemplaire et d’une efficacité magnifique. Un plateau grand comme un tapis d’entrée d’immeuble et autour, plus loin sur la scène, quelques accessoires. Presque tout sera dit et joué sur ce petit carré, la voix de la magnifique Alma Palacios, ses quelques mouvements et réactions aux événements qu’elle commente, parfois, avec son partenaire Frank Vercruyssen, lui aussi très efficace. Et l’on découvre ses désirs de liberté, contrariés par sa fidélité au père. La violence du chantage qu’elle doit supporter. La honte aussi d’être la femme-objet du marchand d’arts.

Alma Palacios donne tout cela à entendre avec une facilité déconcertante et une clarté qui semble évidente. C’est magnifique de la voir prise dans ce piège qu’elle doit surmonter, et comment elle trouve l’artifice sublime pour éviter l’humiliation. Du grand art. Tout simplement.

A suivre le groupe tg-STAN toujours au Théâtre de la Bastille (Paris) avec « Après la Répétition » de Ingmar Bergman jusqu’au 8 février. Et « Scènes de la Vie Conjugale » (I. Bergman) du 11 au 22 février 2014.


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