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Ségrégation des enfants Roms en République Tchèque

Conseil de l’Europe (Ecri), le 13/10/2015

Strasbourg, 13.10.2015 – Dans un rapport publié aujourd’hui sur la République tchèque, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), tout en reconnaissant les progrès accomplis dans un certain nombre de domaines, se dit vivement préoccupée par la persistance de la ségrégation des enfants roms à l’école et la prévalence de propos haineux contre les Roms dans le discours politique.

Le Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland, a déclaré : « il est très préoccupant que les Roms, en particulier les enfants roms, continuent de faire l’objet de discriminations. J’appelle la République tchèque à corriger la situation et à donner suite aux recommandations de nos experts ».

Dans le rapport, l’ECRI se félicite de la promulgation, en 2009, de la loi contre la discrimination et des nouvelles mesures de soutien individuel des enfants présentant des besoins éducatifs spéciaux dans les écoles ordinaires. Elle prend aussi note avec satisfaction de l’adoption d’une stratégie de lutte contre l’extrémisme et de la diminution du radicalisme et de la visibilité des extrémistes.

Parmi les autres évolutions positives figurent la création de centres régionaux d’aide à l’intégration des étrangers dans toutes les régions du pays et l’organisation, en 2016 en direction des jeunes, d’une campagne contre le racisme et la violence motivée par la haine, axée sur les communautés vulnérables, notamment les Roms et les personnes LGBT.

Par contre, l’ECRI conclut que les stratégies d’intégration des Roms et de lutte contre l’exclusion sociale ont eu peu d’effet. Elle se dit préoccupée par le fait qu’il subsiste de nombreuses écoles « réservées aux Roms » offrant un programme réduit et un enseignement de qualité moindre. De plus, aucun objectif précis et mesurable n’a été fixé pour le transfert des enfants roms des écoles pratiques vers les établissements ordinaires et, dans les faits, aucun transfert ne semble avoir eu lieu.

L’ECRI se déclare particulièrement préoccupée par l’organisation, par des groupes extrémistes de droite en 2013, de 26 manifestations violentes contre les Roms.

« Certaines évolutions sont positives, dont l’adoption d’une législation et de stratégies contre la discrimination, mais des problèmes demeurent : par exemple, le défenseur public des droits ne dispose pas des pouvoirs requis pour combattre efficacement la discrimination raciale et la ségrégation des roms est un problème persistant », a déclaré le président de l’ECRI, Christian Ahlund.

Dans son rapport, l’ECRI adresse un certain nombre de recommandations aux autorités tchèques, dont une recommandation prioritaire tendant à mettre en place au moins une année d’école maternelle obligatoire et gratuite pour tous les enfants avant l’entrée dans l’enseignement primaire général qu’elle réexaminera dans deux ans.

D’après une enquête réalisée en 2014 par l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, moins de 30 % des enfants roms vont à l’école maternelle en République tchèque (contre 80 % des enfants non roms).

Le rapport qui a été élaboré à la suite de la visite de contact effectuée par l’ECRI en République tchèque en novembre 2014 [communiqué de presse] prend en compte l’évolution de la situation jusqu’en mars 2015.

L’ECRI, organe de protection des droits de l’homme du Conseil de l’Europe, composé d’experts indépendants, est chargée du suivi des problèmes de racisme, de xénophobie, d’antisémitisme, d’intolérance et de discrimination fondée sur des motifs tels que la « race », les origines ethniques/nationales, la couleur, la nationalité, la religion et la langue (discrimination raciale) ; elle élabore des rapports et adresse des recommandations aux Etats membres.


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