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Santé en entreprise, l’affaire de tous !

Christophe Lorieux, co-fondateur de SANTECH, le 2/02/2016

Un enjeu économique, social et de compétitivité en mutation

La santé des salariés en entreprise a un véritable impact final pour l’assurance maladie mais également pour la santé. Selon une étude récente d’Alma Consulting Group, l’absentéisme coute chaque année 60 milliards d’euros (3% du PIB). Ce chiffre ne tient pas compte du remboursement des congés maladie, ni des dépenses d’assurance maladie.

Face à ce fléau économique, le Plan Santé au travail 3 porte l’ambition d’un renouveau profond de la politique de santé au travail partagée entre l’entreprise, les partenaires sociaux, la sécurité social, les organismes et acteurs de la prévention.

Un véritable changement de paradigme est-il en cours ?

Une généralisation des initiatives en cours réduisant de 5% par an le taux actuel d’absentéisme permettrait de réinjecter plus de 4 milliards d’euros de notre économie. Pour atteindre et réaliser cet objectif, il devient urgent que chacun devienne responsable de son capital santé et de l’intérêt général : le chef d’entreprise et ses partenaires sociaux, les instituts de prévoyance, les assureurs publics et privés. On pourrait même imaginer un investissement commun pour ensuite se répartir les bénéfices des actions de préventions déployées.

Le digital comme outil salvateur ?

Dans ce cadre, l’émergence du numérique en santé est considérée comme une opportunité qui permet de faciliter et d’accélérer la mise en place de programmes de prévention et d’accompagnement. De nombreuses initiatives en e-santé ont été menées, contribuant à une prise de conscience progressive et partagée et à la mise en place d’outils de plus en plus ciblés. Ces outils permettent la mise en place de modèles économiques innovants, reposant sur le co-financement des bouquets de services.

Vers un patient responsable, proactif et communicant

A l’heure où l’on parle de « patient empowerment », à l’heure des objets connectés et de la e-santé, tout le monde s’accorde à dire que nous sommes au tout début d’une nouvelle ère qui verra émerger le concept du « Patient responsable, proactif et communiquant », c’est-à-dire d’un individu connecté avec son environnement et avec des capteurs intelligents, informé en temps réel et disposant des outils qui lui permettront de prendre en conscience et en toute liberté les décisions qu’il souhaite quant à son comportement de vie au quotidien, pour améliorer sa santé. Ce patient connecté, qui n’a d’aspiration autre que de rester en bonne santé et donc de ne jamais être patient, constitue peut-être l’avenir de la bonne santé en entreprise.

Dans le même temps, il parait essentiel que l’entreprise joue son rôle d’acteur social autant qu’économique. C’est tout l’enjeu des notions de RSE, qualité et bien-être au travail quand on ne fait rien pour améliorer la santé des salariés, les conséquences sont nombreuses telles que le stress, les maladies pulmonaires, les problèmes de dos, de sommeil, …

Impact des générations Y et Z dans la nouvelle approcha santé au travail

Les générations X, Y et Z cassent les codes dans de nombreux domaine ; notamment la fidélité long terme à une entreprise. Véritables électrons libres, ils ont le mérite de pointer une dimension nouvelle : l’entreprise a sa part dans la prise en charge de la santé de ses salariés, mais uniquement durant la période de temps où le salarié y’est présent. Cette période étant de plus en plus courte, les jeunes salariés, souvent en bonne santé, peuvent également légitimement se poser la question de l’intérêt de cotiser pour la santé de salariés plus âgés et plus souvent malades et préfèreraient consacrer la part qu’ils jugent inutile, à plus de loisirs. Le conflit intergénérationnel est plausible et souvent évoqué comme un facteur de risque pesant sur la pérennité de notre modèle social. Ce constat oblige à concevoir les solutions de prévention à un échelon supérieur, à minima celui des filières économiques et des régions, validant par ricochet le modèle social français, qui repose sur la répartition des risques au sein de la population.

Dans ce contexte, comment repenser le modèle économique et organisationnel du financement de la santé ? Quels acteurs économiques pour quelles responsabilités ? Comment envisager un modèle de co-financement disruptif sur le principe de l’économie collaborative, nouveau modèle économique en devenir ?


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