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Théâtre : "Roses", d’après Richard III de Shakespeare

Jean-Pierre Bourcier, le 21/01/2015

Ce "Richard III", version d’après la guerre des "Roses" de Shakespeare, par Nathalie Béasse pour la mise en scène et la scénographie, ne manque pas de piquant. Elle entraîne ses comédiens dans un mouvement théâtral excitant et original. Ici, la guerre est folle et saignante à souhait.

Bien sur, en France, nous avons l’habitude de la dérision. Mais quand on évoque le roi d’Angleterre Richard III (XVè siècle) qui a fait trucider son neveu Edouard IV, ses enfants et puis son autre neveu Edouard V et son frère, on se dit quel talent dans l’ignominie et dans la folie furieuse. Shakespeare lui-même, un siècle plus tard, n’a pas hésité de s’emparer de cet événement historique et tragique en écrivant le drame « Richard III », célèbre notamment par la dernière et célèbre réplique du tyran au cour de la bataille de Bosworth : « Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! ».

La proposition scénique et artistique de Nathalie Béasse s’appuie sur un mélange de théâtre, de danse, de musique dans un mouvement que l’on pourrait caractériser de ’fractal’. Comme si son regard sur cette « histoire » terrible ne pouvait qu’être discontinue, hors du temps et en même temps cohérente avec des séquences théâtrales, des bouffonneries, des chants, des travestissements, des transferts de rôles... Et ce sont autant d’images fortes qui se succèdent même si elles ne renvoient pas vraiment au dernier épisode de ce que fut cette guerre des Deux Roses entre les York et les Lancastre.

C’est cela qui rend passionnant ce spectacle un peu foutraque parfois. On peut y perdre son latin pendant quelques minutes mais c’est pour mieux rebondir sur un théâtre/performance autour d’une table de 8 mètres de long et d’un rideau de scène immense sur le côté. Les sept comédiens/comédiennes se battent, meurent, dansent, se métamorphosent dans des jeux sportifs qui semblent, parfois, très violents.

La couronne royale saute d’une tête à une autre des quatre hommes de la petite troupe. Ce qui ne veut pas dire que les femmes restent dans l’ombre, loin de là. On ne s’ennuie pas une seconde, ce qui n’empêche pas, parfois, de perdre le fil des multiples images/collages que Nathalie Béasse propose. Mais ici, l’Histoire avec un grand ’H’ est du côté du rêve, même si parfois elle fleurte avec le cauchemar ... mais c’est pour rire.

* Mise en scène et scénographie de Nathalie Béasse (Spectacle vu au Théâtre de la Bastille/Paris)


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