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Politiques de Santé : Un projet de loi pour réduire les inégalités sociales de santé ?

Association AIDES, le 6/07/2014

Les grandes orientations de la Loi sur les Politiques de Santé ont été révélées par la ministre de la santé Marisol Touraine. AIDES salue les principes fondamentaux et les mesures très concrètes qui émanent de ces annonces.

La nouvelle loi sur les Politiques de Santé est une loi importante.

Elle acte enfin que l’action sur le comportement des individus ne suffit pas à elle seule à leur donner la maitrise sur leur santé, sans prendre en compte l’étendue des inégalités sociales de santé. Inégalités dans leurs conditions de vie (logement, travail, situation de famille, vie affective et sexuelle, ressources, accès au droit) et inégalité face au contexte politique dans lesquels ces individus évoluent.

La loi reconnait que pour certains individus particulièrement éloignés du système de santé et du soin, ceux qui sont le plus en difficultés face « aux comportements recommandés en santé », il faille proposer des actions de proximité dans leurs lieux de vie et de sociabilité conçues pour répondre à leur besoins spécifiques.

Pour AIDES, la création des Centre d’information et d’Accompagnement en Santé est une occasion historique de développer une offre en santé sexuelle adaptée aux populations les plus vulnérables au VIH, aux IST et aux hépatites. Une offre de proximité basée sur le modèle des CAARUD[1] , mis en place pour favoriser la réduction des risques infectieux et l’accès aux soins des usagers de drogues.

Nous approuvons la réorientation annoncée des services de santé pour qu’ils prennent mieux en compte l’expression des personnes et des groupes, et leur participation à la prévention et à l’éducation pour la santé. Les malades chroniques en général et en particulier les personnes séropositives ou fortement exposées aux risques infectieux ont résolument besoin d’un parcours de santé adapté prenant en compte la diversité de leurs besoins. Comme l’a rappelé Madame la Ministre, l’histoire de la lutte contre le sida a démontré que la personne touchée devait être au centre de cet accompagnement, avec autour d’elle des acteurs en santé qui ne portent pas tous une blouse blanche.

AIDES salue également l’annonce d’autres mesures concrètes très attendues par les acteurs de terrain : « Nous sommes bien entendu satisfaits que la politique de réduction des risques soit reconnue et prolongée en milieu carcéral, qu’un cadre soit enfin posé pour l’expérimentation de salles d’injection à moindre risque, et que l’extension des programmes de dépistage rapide soit inscrite dans ces grandes orientations », explique Bruno Spire, président de AIDES.

La ministre ayant réaffirmé le rôle central des représentants des malades et des usagers du système de santé dans la co-construction des politiques de santé, nous espérons que nous aurons enfin les moyens d’exercer pleinement nos mandats dans le cadre de la démocratie sanitaire.

Lors de la phase de concertation qui s’ouvre, nous serons particulièrement vigilants à ce que les bonnes intentions de ce projet de loi se traduisent en actes, par des mesures et des financements effectifs, afin de garantir durablement l’accès à la santé des individus qui en sont le plus éloignés.


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