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Manifeste de l’économie solidaire
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vendredi 29 septembre 2006,
16:29

A noter que la diffusion et les discussions autour de ce texte contribueront à préparer un Meeting grand public qui se tiendra le jeudi 7 décembre 2006 à la Maison de la Mutualité (Paris) à partir de 18h30. Pour en savoir plus : www.sinvestir.org.

Organisé par les signataires du Manifeste, sans interférences partisanes, il placera l’économie solidaire au cœur des débats des acteurs sociaux et politiques.

Le profit ne peut être la finalité unique de l’activité économique. Dominée par le capitalisme financier, l’économie, dopée par les nouvelles technologies, les progrès fulgurants du commerce mondial, la surmultiplication des échanges financiers, tend à se libérer de toute contrainte sociale au nom de la compétitivité. Elle produit des richesses impressionnantes mais très inéquitablement réparties. Elle crée des emplois mais génère aussi précarité, insécurité et parfois exclusion des personnes. Elle ignore des besoins individuels et collectifs pressants s’ils ne lui semblent pas assez rentables. Elle fait dépendre l’avenir des hommes, leur emploi, leur revenu, leur rôle dans la cité, de décisions prises souvent sous la pression d’impératifs financiers.

Peut-on redonner du sens à notre engagement personnel et à notre vie collective ? Peut-on recréer un triangle vertueux entre l’emploi, la cohésion sociale et la démocratie participative ? Peut-on permettre aux plus fragiles de vivre dignement de leur travail sans dépendre des prestations d’assurance ? Nous en sommes convaincus. Nous pensons que l’économie solidaire constitue une résistance puissante à l’individualisme marchand qui mine la société et une capacité d’influence sur l’économie de marché.

L’économie solidaire existe, nous la pratiquons tous les jours et nous aspirons à son développement rapide, ce qui suppose qu’elle soit portée par un élan collectif et que des dispositions concrètes encouragent sa réussite. Tels sont les buts de ce manifeste.

Qu’est-ce que l’économie solidaire ? C’est un mouvement qui regroupe des milliers d’initiatives locales pour produire, consommer, employer, épargner et décider autrement. Les entreprises solidaires se battent sur le marché comme les autres et doivent donc être performantes. Mais en plus, elles emploient des personnes exclues ou qui risquent de l’être ; elles fournissent des services individuels à des personnes aux revenus modestes, elles assurent des services collectifs pour mieux vivre ensemble, elles mettent en œuvre des formes de gouvernance démocratique. Produisant à la fois de la valeur ajoutée marchande et de la valeur sociale elles sont soutenues par des ressources mixtes, conjuguant le paiement par les clients, les aides nationales et locales et des engagements personnels bénévoles.

Certaines activités de l’économie solidaire sont bien connues : entreprises adaptées aux personnes handicapées, logement des exclus, éducation populaire, aide aux personnes, accès aux loisirs pour les plus démunis, recyclage, protection de l’environnement. Mais depuis trois décennies, face à la montée des exclusions, des domaines nouveaux ont été explorés. L’insertion par l’activité économique, qui remet au travail des chômeurs de longue durée, emploie désormais entre 250 000 et 300 000 personnes. Le commerce équitable vient soutenir les petits producteurs du tiers-monde. Des femmes immigrées se lancent ensemble dans la production de services. Des régies de quartiers se créent dans des cités où la rentabilité n’est pas assurée, etc.

L’économie solidaire est présente partout où l’on promeut la recherche du bien commun, l’emploi des plus défavorisés. C’est une économie de proximité en pleine expansion, dont les emplois ne peuvent être délocalisés. Elle est fille de deux longues traditions, celle du mouvement ouvrier et celle de l’économie sociale (mutuelles, coopératives, associations) avec lesquelles elle partage une commune aspiration à une société d’hommes libres et égaux en droits. Elles se conjuguent et se soutiennent mutuellement. Ainsi, les banques, les assurances mutualistes, les caisses de retraite, etc. sont des acteurs importants du financement de l’économie solidaire qui prend souvent le statut juridique de l’économie sociale.

À la veille d’échéances électorales importantes, nous voulons braquer les projecteurs sur ce vaste « tiers secteur » ; il n’a pas la visibilité du CAC 40 mais il occupe un nombre considérable de salariés que ne recrutent ni le secteur public ni le secteur privé. Nous aspirons à son développement rapide, ce qui suppose un élan collectif et des dispositions concrètes pour encourager sa réussite. Notre objectif ? Doubler son champ en cinq ans pour renforcer l’emploi, la cohésion sociale et la démocratie participative. Pour ce faire, voici dix propositions concrètes.

Citoyens, vivez solidaires
Investissez-vous dans toutes les initiatives soucieuses de l’Homme et de l’environnement. Faites appel au commerce équitable qui rémunère les producteurs à leur juste prix. Participez aux groupements de consommateurs et de producteurs et privilégiez ainsi les circuits courts du producteur au consommateur. Adressez-vous aux entreprises de services, de production, de recyclage (vêtements, électroménager, etc.) qui emploient de nombreuses personnes en risque d’exclusion ou des handicapés. Réconciliez l’acte de consommation avec le désir de solidarité. Donnez un sens solidaire à votre épargne. Donnez de votre temps à ceux qui en ont besoin.

Salariés, épargnez solidaire
Depuis 2001, vous pouvez confier une partie de votre rémunération à des fonds salariaux solidaires créés dans les grandes entreprises ou dans des groupements d’entreprises. Leur montant global a déjà doublé entre 2004 et 2005. Une fraction de ces fonds - 5 à 10% - est investie dans des entreprises solidaires, pourcentage sur lequel l’épargnant retrouve son capital initial mais renonce à ses intérêts. Cette capacité d’investissement solidaire pourrait atteindre 200 millions d’euros d’ici à cinq ans. Il est possible d’aller bien au-delà. A deux conditions : assurer sa promotion et améliorer la réglementation.

Étudiants, actifs, syndicalistes, militants associatifs, devenez entrepreneurs solidaires
Préparons les candidats à ces métiers difficiles en leur proposant des formations de qualité, en les accompagnant dans leur projet. Ce sont là des défis décisifs : point d’entreprises sans entrepreneurs qualifiés.

Collectivités publiques, achetez solidaire
La loi permet de faire exécuter une partie des marchés publics de l’État, des collectivités locales, des bailleurs sociaux par des entreprises solidaires. Mais ces clauses sociales sont souvent ignorées par manque de volonté politique mais aussi de compréhension mutuelle. Mettez en place des facilitateurs qui concilient les contraintes techniques des donneurs d’ordre et les capacités opérationnelles des entreprises solidaires du bâtiment, des travaux publics, de l’entretien des espaces verts, du nettoyage, de la surveillance, de la restauration...

Régions, contribuez au développement de l’économie solidaire
Fortes de votre double compétence en développement économique et en formation, appuyez les opérateurs qui orientent et accompagnent les porteurs de projets à travers les maquis administratif et financier. Facilitez le débat démocratique autour de leurs projets. Organisez l’allocation des aides régionales au démarrage du projet et les soutiens durables à leur mise en œuvre. Assurez une évaluation périodique des résultats obtenus. Veillez à consacrer 15% de votre budget d’action économique à l’économie sociale et solidaire en passant contrat de projet avec l’Etat et en travaillant étroitement avec les départements et les communes.

Départements, appuyez-vous sur l’économie solidaire pour employer les personnes en grande difficulté
Au-delà de l’impératif moral de leur redonner une place dans la société, tout démontre que le soutien à l’économie solidaire est un investissement rentable pour les finances publiques. En retrouvant un travail, ces personnes deviennent des producteurs de richesses et donc d’impôts et de cotisations sociales.

Financiers, prenez des risques sur l’économie solidaire
La Caisse des Dépôts en a la tradition et les banques mutualistes le font de longue date, parce que c’est conforme à leur vocation sociale et qu’elles y gagnent des clients stables. Les réseaux de finance solidaire, comme France Active, savent placer l’épargne solidaire dans des projets dont la viabilité a été expertisée et confortée. Le capital-risque solidaire n’en est qu’à ses débuts. Toutes les banques peuvent prouver qu’elles sont socialement responsables : l’inscription de leurs actions en ce sens dans leur rapport annuel influencerait leur notation.

Entreprises, coopérez avec l’économie solidaire
Les entreprises solidaires ne sont pas des concurrentes mais des partenaires qui peuvent donner du sens à votre engagement social et conforter votre ancrage territorial. Engagez avec elles toute forme de coopération par recours à leurs services et à leur personnel ou en passant des marchés de co-traitance et de sous-traitance. Encouragez et abondez la participation de vos salariés à l’épargne salariale solidaire. Tout ceci vaut particulièrement pour les entreprises de l’économie sociale qui peuvent nouer de fructueux partenariats avec l’économie solidaire.

Syndicats, impliquez-vous dans l’économie solidaire
Développez l’épargne salariale solidaire dans les entreprises. Sensibilisez les institutions représentatives des salariés (comités d’entreprise, etc.) aux initiatives de l’économie solidaire. Enfin, soyez novateurs pour que les salariés des entreprises solidaires aient les mêmes possibilités de représentation que ceux des entreprises classiques.

À l’État enfin de lancer un Plan en faveur de l’économie solidaire et de le respecter Cette économie se développe par l’expérimentation, le bénévolat, et l’initiative locale. Mais, elle a aussi besoin de la solidarité nationale, ce qui la rend très vulnérable aux changements incessants des directives publiques. C’est pourquoi l’État doit définir un cadre juridique souple et stable, soutenir l’économie solidaire par des aides à la personne, par des co-financements des initiatives des Régions et des Départements, qui s’inscriraient très naturellement dans les contrats de projets pluriannuels en cours de négociation. Il doit aussi veiller à la pérennité et au développement de l’économie solidaire en se portant garant, à long terme, des financements qui lui sont destinés.

L’économie solidaire de proximité a l’ambition, non pas bien sûr de remplacer l’économie de marché, mais de s’attaquer aux problèmes des plus démunis et aux besoins individuels et collectifs délaissés par le marché et l’État. A travers cette solidarité active, nous voulons manifester notre résistance à la fatalité, et notre confiance dans le progrès social et la démocratie. Cette ambition vaut aussi pour l’Europe et pour le monde. L’Europe ne peut se construire sur les seules forces du marché. Elle aspire à plus de solidarité, avec des résultats jusqu’ici contrastés et fragiles. L’équilibre économique mondial est menacé s’il ne prend pas la voie de relations équitables et s’il ne se résout pas à ménager et à partager les ressources.

À nos concitoyens qui redoutent de perdre toute prise sur leur futur et sur l’avenir de leurs enfants, nous envoyons un message de confiance : l’économie solidaire est créatrice de nouveaux emplois et porteuse de grands espoirs.

Michel-Jean LAVEAUD dit Panoramix
mardi 31 octobre 2006,
16:55

Au lendemain des 10émes Rencontres de la Démocratie Locale ( 20 - 21 octobre à Dijon) , dont le thème était :"Crise sociale, fracture civique. La société civile, acteur d’une nouvelle donne démocratique", il est urgent de réinterroger l’éducation populaire sur les valeurs et les principes qui fonderaient sa dignité et son intérêt social en 2006.

Le Centre d’Intervention Culturelle Socio-TechniquE Arcure Art. 17 (C.I.C.S.TE Arcure Art. 17)participait activement aux 10émes Rencontres de Dijon ( ADELS / UNADEL/ FCSF/ 4D) avec le 2éme Séminaire national des politiques locales de la jeunesse qui y été associé pour des ateliers relatifs à la place des jeunes dans les dynamiques territoriales et dans la démocratie participative.

Alors que les nouveaux Contrats Etat-Région et les Contrats Régionaux avec les "Pays" et les Communautés d’Agglomération, délèguent alégrement aux Collectivités Territoriales le volet "Emploi-Formation", ils confortent une conception orthodoxe de l’économie et son corrolaire la fragmentation territoriale et sectorielle. Le contraire de la cohésion sociale, qui ne sortira pas d’une course de caddies. La formation à l’exercice de la citoyenneté est intimement liée à la découverte économique et socioprofessionnelle. La "territorialisation", à contrario de la sectorisation, nous donne l’opportunité de cette recomposition du lien social, une transversalité inter-institutionnelle à inventer, à imposer.

D’où l’étrangeté, l’absurdité, de la coopération entre les générations oubliée, alors que des " Jeunes, sans qualification et sans première expérience" cherchent à franchir le seuil des "entreprises", des " plus de 50 ans sont invités à ne pas quitter leurs emplois ou à en retrouver un". Cette compétition en miroir vers l’emploi met en évidence un triple échec, celui de la formation tout au long de la vie ( une coopération nécessaire et un droit énoncé ici ou là au gré des humeurs), celui de la capacité d’absorption de la demande d’emploi par l’économie orthodoxe dans une démocratie et celui d’une coopération documentée entre les générations pour découvrir ensemble la (vraie) nature du travail en ce début de XXIéme siécle.
Dans une Université de Tous Les Savoirs du sociologue Alain Touraine ( 1 mai 2000) nous découvrions le " Passé et avenir du travail" comme une figure de l’organisation sociale nouvelle qui a besoin d’être mise en culture. Et par là une relative incapacité des dispositifs institutionnels existants à répondre à la réalité nouvelle de l’économie de l’emploi dans nos sociétés "post-industrielles" ( et cependant barbares, rajouterait Bruno Latour).

A l’occasion des interventions de clôture des 10 émes Rencontres de la Démocratie locale, il fut rappeler la violence de nos démocraties, sans doute en raison d’une conception de l’économie fort peu sociale et encore moins solidaire. De cela la société civile a pris acte, au-delà des incantations humanistes qui montrent des signes de fatigue.

Pour ce qu’il en est des politiques locales de la jeunesse, une lecture attentive, des postures, des politiques et des pratiques des acteurs, décrit bien une société malade de la gestion (Vincent de Gaulejac - Laboratoire du Changement Social) et un chantier à peine esquissé de "reconstruction du lien social, avec une attention accrue aux biens relationnels et au capital social" ( Mauro Bonaïuti).
Des petits pas encore à faire vers l’humanitude d’Albert Jacquard...
Résumé :
Faire des territoires contractualisés des "Territoires de l’Economie Sociale et Solidaire", ce qui nous frottera aux Chambres Régionales de l’Economie Sociale (et Solidaire) ainsi qu’aux autres consulaires dans les Conseils Economiques et Sociaux Régionaux - CESR).

Nous suivrons avec intérêt le 2éme Congrès de l’Association des Régions de France à Dijon, les 14 et 15 décembre prochain. Nous savons l’ARF atentive à ne pas enfourcher tous les chevaux fougueux lancés par l’actuel gouvernement et aussi à prendre au sérieux "les jeunes" en les instrumentalisant peut-être un peu moins au service d’une économie (que nous voulons plurielle). Le processus d’information, d’orientation et de formation professionnelle met trop peu l’accent sur les différentes formes juridiques et sociales d’entreprise, sur les statuts, sur les contrats (coopératifs ou pas) de travail. Nous serions à l’aube d’un renouveau de l’économie sociale et solidaire. La situation de l’emploi dans nos différents territoires, de vie, de projet, de co-développement, invitent à la diversité, gageons que les acteurs institutionnels y verront une occasion pour " changer d’air, d’aire et d’ère"... Avec des "alters" comme René Passé, Jacques Robin, Edgar Morin, etc...
Le chemin, esquissé, n’est pas obscure...

Pour les Contrats de Développement Rhône-Alpes 2006 - 2011 ( 44 CDRA pour Rhône-Alpes) et pour les Contrats Territoriaux Emploi- Formation qui y sont associés ( 28 CTEF en Rhône-Alpes), le Pays Une Autre Provence ( Sud Drôme-Haut Vaucluse, 120 communes, 113000 habitants, doté d’un CDRA) et le 5éme Pôle Montélimar- Marsanne-Dieulefit ( CDRA voisin, lié par un CTEF commun), une posture originale se fait jour.
Faire des "Territoires de projet" que sont les CDRA avec leur CTEF des "Territoires de l’économie sociale et solidaire" et d’adhérer au Réseau des Territoires de l’Economie Sociale et Solidaire ( RTES - www.rtes.fr ). Le Pays Une Autre Provence étant interrégional Rhône-Alpes / Provence-Alpes Côte d’Azur, c’est en PACA que le C.I.C.S.TE Arcure Art. 17 va chercher le R.T.E.S., avec une réunion au Conseil Régional PACA le 23 novembre prochain.

Enfin, voir la diversité des initiatives de La Semaine de la Solidarité Internationale (11_19 novembre ) " agir local, penser global". En Drôme, au nord avec les amis romanais et au sud avec les vauclusiens.
Bonne route solidaire à toutes et à tous.


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