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Malgré des progrès, le « marché unique de la recherche » n’est pas encore une réalité

Place publique, le 1er/10/2013

Les dirigeants de l’Union européenne ont souligné à maintes reprises l’importance d’achever l’Espace européen de la recherche et fixé l’échéance de 2014 pour y parvenir. Dans un Rapport récent, la Commission européenne a présenté une première analyse complète de l’état d’avancement de l’Espace européen de la recherche (EER) (nom donné au futur « marché unique de la recherche »).

Ce rapport fournit une base factuelle pour évaluer les avancées réalisées en direction d’objectifs cibles tels que l’application de procédures ouvertes et équitables pour le recrutement des chercheurs ou la meilleure circulation des connaissances scientifiques. Il montre qu’il y a certes eu des progrès, mais que même les instituts de recherche les plus avancés de ce point de vue ont encore des efforts à fournir avant l’échéance de 2014, fixée par les dirigeants de l’UE pour l’achèvement de l’EER. Il existe en outre un écart important entre les meilleurs et les moins bons élèves de la classe.

Commentant le rapport, Maire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission européenne chargée de la recherche, de l’innovation et de la science, a déclaré : « Ce rapport montre que beaucoup reste à faire. L’investissement dans la recherche et le développement est vital, mais, pour que cet argent soit utilisé au mieux, nous avons besoin de systèmes de recherche et d’innovation pleinement opérationnels. Il faut maintenant que tous les États membres de l’UE et tous les acteurs de la recherche et du financement de la recherche s’engagent résolument en faveur de l’EER. »

L’Espace européen de la recherche vise à permettre une plus grande mobilité, une concurrence accrue et une meilleure coopération des chercheurs, des instituts de recherche et des entreprises par-delà les frontières nationales. La réalisation de ces objectifs renforcerait les systèmes de recherche des États membres de l’UE, accroîtrait leur compétitivité et leur permettrait de travailler plus efficacement ensemble à la résolution de grands défis scientifiques.

Des problèmes persistent

Même s’il souligne que des progrès ont été accomplis dans tous les domaines cibles, le rapport constate aussi la persistance d’un certain nombre de problèmes : • les investissements publics dans la recherche et le développement, en pourcentage du total des dépenses publiques, sont en recul dans de quelques États membres ; • les programmes nationaux de recherche continuent à obéir à des règles différentes, par exemple en matière de compte rendu, ce qui rend difficile la coopération scientifique transnationale ; • la mise au point et le déploiement de certaines infrastructures, telles que les lasers à très haute intensité ou les télescopes géants, se trouvent entravés par des obstacles financiers, de gestion et politiques, et il arrive souvent que les règles nationales en vigueur, ou des coûts d’entrée élevés, empêchent les chercheurs d’autres États membres d’avoir accès à ces infrastructures ; • tous les postes de chercheur ne sont pas encore pourvus selon des procédures de recrutement ouvertes, transparentes et fondées sur le mérite. Ainsi, plus de la moitié des postes vacants ne sont toujours pas annoncés au niveau européen via le portail de l’emploi EURAXESS. La mobilité des chercheurs s’en trouve freinée, et ce n’est pas toujours la personne la plus qualifiée pour un poste qui est nommée à celui-ci ; • en conséquence de l’inégalité entre les hommes et les femmes, le gaspillage des talents féminins parmi la communauté des chercheurs se poursuit, et il s’agit du domaine de l’EER dans lequel les avancées ont été les plus médiocres ; • relativement peu de chercheurs européens sont employés dans l’industrie, et ces chercheurs sont insuffisamment préparés au marché du travail.

Cinq Grandes priorités

Les propositions formulées par la Commission pour achever l’Espace européen de la recherche se concentrent sur cinq grandes priorités, sur lesquelles des progrès sont nécessaires : • accroître l’efficacité des systèmes nationaux de recherche ; • améliorer la concurrence et la coopération transnationales, notamment par la mise en place et l’exploitation efficace d’infrastructures essentielles pour la recherche ; • ouvrir davantage le marché du travail pour les chercheurs ; • promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et intégrer systématiquement la dimension de la mixité dans les organismes sélectionnant et mettant en œuvre les projets de recherche ; et : • optimiser la diffusion et le transfert des connaissances scientifiques, notamment par les technologies numériques.


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