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Magazine Été 2014

Editorial

Réorienter l’Europe et gagner la bataille de l’emploi : les priorités des priorités

Yan de Kerorguen

« Le temps du monde fini commence » disait Paul Valéry. C’était il y a un siècle. Cent ans plus tard, à l’aube de ce XXIème siècle, cette citation résonne en nous. Nous traversons une époque charnière qui se traduit par de multiples transitions : énergétique (fin du pétrole), géopolitique avec la montée des Emergents (BRICs), numérique (réseaux sociaux), écologique, sociétale ( égalité des femmes, mariage homo, génération Y…). La santé, les communications, les nanomatériaux, la robotique, autant de progrès qui (...)

« Le temps du monde fini commence » disait Paul Valéry. C’était il y a un siècle. Cent ans plus tard, à l’aube de ce XXIème siècle, cette citation résonne en nous. Nous traversons une époque charnière qui se traduit par de multiples transitions : énergétique (fin du pétrole), géopolitique avec la montée des Emergents (BRICs), numérique (réseaux sociaux), écologique, sociétale ( égalité des femmes, mariage homo, génération Y…). La santé, les communications, les nanomatériaux, la robotique, autant de progrès qui augmentent les possibilités humaines.

Dans le même temps, des réalités inquiétantes assombrissent notre univers : le réchauffement climatique, la montée des extrémismes, le terrorisme, et peut-être demain un « djihadistan », en Irak, qui va pourrir le monde. Et puis, plus ancré dans la réalité quotidienne, il y a le chômage. La précarité est en train de devenir un invariant économique, synonyme de déclassement social, dont les jeunes sont les premières victimes. Sans oublier le projet européen aujourd’hui malmené, notre seule garantie économique, soumise aux tirs croisés des nationalistes. Obscure clarté d’un monde en mutation !

Le verre à moitié vide

Un sentiment d’incertitude s’installe. Cette période de transition créé une crispation. Le manque de perspective profitent aux pulsions radicales et aux obscurantismes. La difficulté à penser l’avenir, au lieu de susciter l’envie de trouver des issues, alimente d’improbables reproches. A qui la faute ? Prenons le cas de la France. Au moment où dans notre pays, il faudrait un peu plus de consensus, un peu plus de confiance, un peu plus de rassemblement et de coopération pour mener les réformes, on ne voit que discrédits, anathèmes, petits arrangements, divisions et beaucoup d’acharnement… dans un climat de sarcasme et de cupidité. La paresse des consciences redonne ses pleins pouvoirs à la recherche des boucs-emissaires.

Des boucs émissaires ? Il y a en deux, tout trouvés. D’abord, une personne : le président François Hollande, « le premier de la classe » que d’aucuns se plaisent à railler à l’envi. C’est à Hollande de tout régler, les passifs, les dettes, les erreurs passés. Rien ne lui est épargné. Tout ça pour un seul homme. La difficulté est que dans la société de l’immédiatement visible, où tout se diffuse en temps réel auprès de la multitude, la sommation à réussir est instantanée. Le réel devient synonyme d’impossible. Comment en deux ans se transformer en sauveur suprême capable de régler un tel passif de dettes, à moins de bluffer, de dépenser sans compter ou de pratiquer la magie ? Tirer sur l’ambulance est-il bien utile ? Michel Rocard n’avait-il pas prévenu, au plus fort de la crise que ses effets se feraient sentir à retardement, et que l’Europe les ressentirait plus fortement qu’ailleurs ? Fillon n’avait-il pas prévenu que l’état était déjà, avant les élections, en 2012, en faillite ?

L’autre bouc-émissaire, c’est l’Europe, qui se voit accusée de tous les maux, à tort souvent , à raison parfois, de n’avoir pas su écouter la société civile, à cause d’une institution trop enfermée dans son autoréférentialité. Cette défiance à l’égard de l’Europe s’est traduit aux élections du Parlement de Strasbourg : 57% des gens ne sont pas allés voter. Et parmi ceux qui ont déposé leur bulletin, une majorité de 25% a voté, décomplexée, Front national. Contrairement à ceux qui voient dans ce suffrage, un vote de protestation, je crois au contraire qu’il s’agit là d’un vote d’adhésion. De nombreux Français assument leur extrémisme. Ceux-là, je crois, ont dit « Maréchal, nous voilà ». Parmi eux - n’ayons pas peur des mots - se compte un bon pourcentage de xénophobes. Le fait nouveau est que ces Français l’assument plus ouvertement, dans les médias, dans la rue, dans les propos des dirigeants pour qui ils ont voté.

Un autre motif d’inquiétude est que les députés extrémistes élus ne cachent plus leur volonté de destruction des projets qui ont animé les idéaux du marché unique et de l’Europe du citoyen. Pire, sur les quelques 140 députés du Parlement européen (20%) se déclarant europhobes, 22 députés du Parlement s’affichent ouvertement antisémites. Comment l’accepter dans une enceinte démocratique ? Au passage, il est étrange de voir à quel point les députés français qui veulent la destruction de l’Europe et qui ont fait que la France ne pèse plus grand chose politiquement au sein de l’UE, se sentent fiers d’eux-mêmes. Eux qui ne parlent que de force et de prestige de la nation. Un troisième motif d’inquiétude est l’abstention. Trop de citoyens ne croient plus en la politique. Il faut le déplorer. La France, pays fondateur de la communauté européenne, est l’enfant malade de l’Europe. Plus que la France, ne sont-ce pas surtout les Français qui ne vont pas bien ? Leurs convictions morales chutent au même rythme que leur pouvoir d’achat. La défiance se généralise.

En ce moment de transition où le temps du monde fini commence, où, dans l’hexagone, la guerre contre le chômage semble ne produire que peu d’effet, la menace est grande de voir la défiance s’organiser autour du Front National. Il n’a même plus à lever d’étendard, ni à brandir le flambeau, ni à proférer des menaces ou nourrir les peurs, il suffit qu’il se taise pour paraître, haut dans son autorité. Les ingrédients de ce qu’on appelait le fascisme sont présents dans cette popularité du parti d’extrême droite : l’attente de l’homme ou la femme providentielle, une minorité nationaliste extrêmement motivée qui nourrit une conception clanique de la politique, un imaginaire de la menace étrangère, la récupération sous le vocable national des thèmes sociaux, la dénonciation des boucs émissaires comme doctrine politique ; la mobilisation de la moralité religieuse. Le contexte est propice : un pouvoir affaibli qui ne produit pas de résultats, une classe ouvrière qui se sent trahie ; la crise financière, et un antisémitisme qui ne se cache plus. Toutes proportions gardées, l’histoire a tragiquement connu pareille conjonction d’éléments dans les années 30, après la crise de 29, pendant la période précédant la prise du pouvoir par les nazis.

Le verre à moitié plein

Face à de telles craintes, le silence est assourdissant. La société civile semble anesthésiée. La voix des consciences éclairées ne semble plus avoir d’impact. A moins que ce ne soit les médias qui oublient leur mission d’alerte. Une campagne européenne baclée. Si le FN se hisse premier parti de France dans le cadre des élections européennes, les Français n’affichent pour autant pas une défiance franche face à l’Union européenne. Près de trois quarts des votants (72%) restent favorables au maintien de la France dans la zone euro. Un bon quart des électeurs ont voté pour des petits et moyens partis démocratiques, progressistes et avant tout européens, qui affirment être des relais de la société civile, et apporter des visions nouvelles. Ainsi l’Europe, malgré les ratés, reste le seul projet mobilisateur.

L’Europe orientale envoie un message positif, en Ukraine, en Moldavie, en Roumanie. En Pologne, la Plate-forme Civique, a remporté près de 33% des voix et a conservé une longueur minimale d’avance sur l’opposition, le Parti Droit et Justice (conservateur). En Italie, Parti Démocrate (centre-gauche), du président du Conseil Matteo Renzi, a remporté haut la main le scrutin, avec près de 41% des voix. Qu’on l’admette, l’Europe n’est pas un patrimoine, mais une construction. "L’Europe n’est pas une réalité donnée, inscrite dans l’ordre naturel des choses, mais une création humaine, un fait culturel réalisé par les habitants, autochtones et migrants la réalité européenne n’appartient qu’à ceux qui osent la réinventer", soutient le philosophe Heinz Wismann (auteur de Penser entre les langues, publié en France chez Albin Michel),

Et la bataille de l’emploi ? Il faut y croire pour y arriver. Une histoire, un récit qui donne le sens, qui apporte une visibilité, qui définit une « nouvelle donne » est nécessaire pour imposer le respect des réformes. Comme l’écrit l’historien Michel de Certeau, « C’est le croyable qui engendre le réel », le croyable, c’est à dire un idéal, une volonté, une confiance. Sans ces ingrédients rien de possible. Même les plus importantes des réformes, comme le Pacte de responsabilité et de solidarité ne peuvent rien. Contrats de génération, contrats d’avenir, sécurisation de l’emploi, qualité de vie au travail, formation professionnelle, cela fait plusieurs accords nationaux interprofessionnels conclus en l’espace d’un an. Cela n’est pas rien. Réussir la bataille de l’emploi impose de se départir des catéchismes idéologiques et d’accepter le pragmatisme. Ainsi que le soulignent les politiques les mieux intentionnés, il y va de l’intérêt supérieur et de la crédibilité de la France.

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