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Magazine Été 2015

Editorial

Srebrenica, 20 ans déjà. Il n’y a pas d’avenir sans mémoire

par Yan de Kerorguen

Le 11 juillet 2015, à Potocari, en Bosnie, là où la plupart des victimes de Srebrenica avaient été regroupées, les rescapés, les familles des disparus, de très nombreux anonymes et de multiples personnalités participeront à une commémoration du massacre de Srebrenica *. Dans le même temps, le documentaire de Nedim Loncarevic « Les voix de Srebrenica » retrace, sur France 3, à partir de témoignages, la genèse de ce crime de masse et la faillite de l’ONU qui n’a pas su protéger les populations bosniaques en (...)

Le 11 juillet 2015, à Potocari, en Bosnie, là où la plupart des victimes de Srebrenica avaient été regroupées, les rescapés, les familles des disparus, de très nombreux anonymes et de multiples personnalités participeront à une commémoration du massacre de Srebrenica *. Dans le même temps, le documentaire de Nedim Loncarevic « Les voix de Srebrenica » retrace, sur France 3, à partir de témoignages, la genèse de ce crime de masse et la faillite de l’ONU qui n’a pas su protéger les populations bosniaques en danger. Un document inédit qu’il convient de voir. Ce film est diffusé le 8 juillet à 24 heures et 10 minutes

En ce jour du 11 juillet 1995, le drapeau serbe flotte à l’entrée de Srebrenica. La ville bosniaque de 40 000 habitants, pourtant décrétée « zone de sécurité » par résolution de l’ONU, dans le but de garantir la protection des populations et de stabiliser les conquêtes territoriales serbes, est tombée aux mains des troupes du général Mladic qui passent outre ce statut. Les citoyens de cette enclave avaient reçu la promesse d’être protégés et c’est avec cette garantie qu’ils n’avaient pas songé à fuir devant l’avancée des nationalistes serbes. La communauté internationale ne réagit pas.

En quelques jours, dans cette région de l’est de la Bosnie, plus de 8 000 hommes et garçons, lancés dans une course contre la mort à travers les montagnes, vont être capturés et massacrés. Il s’agit de la pire tuerie en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. 30 000 autres, vieillards, femmes et enfants seront déportés avec l’aide des Casques bleus. Symbole de la guerre de purification ethnique, ce crime contre l’humanité est le point culminant de la politique génocidaire menée contre les Musulmans de Bosnie par le régime nationaliste serbe de Milosevic. Dès 1992, l’éclatement de l’ancienne fédération yougoslave plonge des milliers de civils dans le chaos d’une guerre menée au nom de la « grandeur serbe » et du « nettoyage ethnique » (voir article de contexte : La guerre en Bosnie : les déraisons d’une violence nationaliste qui mène à Srebrenica) .

Le nom de l’enclave de Srebrenica est gravé à jamais dans la mémoire collective européenne. Il témoigne des pires atrocités commises pendant la guerre de l’ex-Yougoslavie, de l’ex-Yougoslavie. Srebrenica, c’est une dizaine d’Oradour sur Glane en quelques jours. C’est aussi un massacre qualifié de génocide par le Tribunal international de La Haye. C’est aussi, pendant plus de trois années et demi, un camp de concentration gardé par les soldats de la paix des Nations Unies.

Ce drame a plusieurs fois été raconté, mais en partie seulement. Vingt ans après, grâce à des archives inédites et de nouveaux témoignages, le film du journaliste Nedim Loncarevic, « Les voix de Srebrenica » est le récit d’une faillite collective qui nous concerne tous. Ce document de 52 minutes raconte l’histoire de plusieurs témoins de ce drame.

« En 1992, la vie de Hasan Nuhanovic bascule à jamais, explique Nedim Loncarevic. Alors qu’il s’apprête à passer son diplôme d’ingénieur à Sarajevo, il doit tout quitter pour rejoindre sa famille, menacée par les forces serbes qui s’emparent peu à peu d’une grande partie du territoire de Bosnie. Comme des milliers d’autres, ils fuient vers Srebrenica, une petite cité minière située au nord-est de la Bosnie, proche de la frontière avec la Serbie. Près de 40 000 réfugiés s’entassent dans l’enclave. Affamés, bombardés, ils dorment dans des hangars, des fermes ou de vieux bâtiments publics. Hiver comme été, sans eau et sans électricité, harcelés par des tirs de l’armée Serbe qui encercle la ville. Maîtrisant l’anglais, Hasan devient interprète et guide auprès du bataillon des Casques bleus venu protéger, en mars 1993, une ville décrétée « zone de sécurité ». Pendant deux ans, il sera au plus près des commandants de l’ONU sur le terrain. Ce travail lui sauvera la vie. Sa famille, réfugiée dans la base de l’ONU, fut livrée aux Serbes comme tant d’autres. Dès la fin de la guerre, Hasan est parti à leur recherche, nourrissant le mince espoir qu’ils auraient pu en réchapper. En vain, Hasan est l’unique survivant. Il s’est alors lancé dans un autre combat, celui de la justice et de la vérité. Depuis près de 19 ans, il lutte pour que les coupables soient jugés, pour que les Pays-Bas et les Nations unies reconnaissent leurs responsabilités dans les massacres de Srebrenica. En septembre 2013, la Cour suprême néerlandaise juge les Pays-Bas complices de la mort des siens. « J’ouvre la porte à des milliers d’autres », déclarait Hasan à l’issue du verdict.

Deux décennies ont passé. Après la mise à jour de dizaines de charniers et l’exhumation des cadavres, est venu le temps des investigations et des examens de conscience, puis celui des mises en examen et des procès. Hasan et les autres survivants vivent encore leurs traumatismes. Grâce à leurs témoignages et à de nouveaux documents, la justice dispose aujourd’hui de tous les éléments pour analyser ce qui s’est déroulé durant ces quelques jours de juillet 1995. Comment comprendre qu’à quelques heures seulement de Paris, de Londres ou de Berlin, s’est joué le sort de 40 000 réfugiés à qui l’ONU avait juré la sauvegarde par la voix du commandant des troupes françaises de la Forpronu, le général Morillon : « je ne vous abandonnerai jamais, vous êtes sous la protection des Nations Unies » … Sa voix semble s’être éteinte dans la nuit de Srebrenica ».

* *Un rassemblement citoyen est organisé à Paris par « Mères Pour la Paix » et de nombreuses associations, le samedi 11 juillet de 11h à 12h, sur le Parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro

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