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Les Jeudi Noir sur grand écran

Caroline de Hugo, le 5/06/2013

Pendant plus d’un an, une documentariste a suivi Jeudi Noir dans leurs différents squats parisiens. Résultat ? "Ainsi squattent-ils", chronique sympathique et légère de leur vie au quotidien.

Marie Maffre a rencontré Jeudi Noir alors que le collectif venait de réquisitionner La Marquise, un hôtel particulier de la place des Vosges, vide depuis 40 ans (voir article de mai 2010). Pendant des mois d’occupation, sa caméra a suivi les 35 jeunes travailleurs précaires et étudiants qui y réinventaient une vie collective au jour le jour, tout en posant haut et clair leurs revendications liées au mal logement : encadrement des loyers, augmentation de la construction de logements sociaux, réquisition des logements vides… Après l’expulsion des Marquisards, elle continue à suivre régulièrement les actions de Jeudi Noir, en s’arrêtant sur certaines individualités du groupe et en filmant les expulsions à répétition de différents squats parisiens.

Le film déroule des scènes de vie quotidienne des « galériens du logement » autoproclamés à la Marquise ou avenue Matignon tout à fait réjouissantes. Les problèmes de plomberie à répétition et les fêtes potacho-délirantes façon happenings lettristes revisités disco sont joliment illustrées. Mais que reste-il du discours pourtant extrêmement juste et bien rodé des membres historiques de Jeudi Noir, comme Julien Bayou, Karima Delhi ou Manuel Domergue, sur l’inacceptable spéculation sur les immeubles vides dans la capitale ?

Alors qu’il y a un an et demi à peine, sortait le très beau Squat, un documentaire de Christophe Coello, qui accompagnait au plus près la pratique radicale les jeunes de « Miles des Viviendas » (des milliers de logements) de Barcelone (voir Place-Publique de novembre 2011), Ainsi squattent-ils pêche par un montage un peu approximatif, qui se cantonne trop souvent à l’illustration et par un manque de réflexion politique. Heureusement, l’intervention de Christophe Robert, le délégué général adjoint de la fondation Abbé Pierre remet les choses en perspective lors du générique de fin.

Un conseil ? Allez tout de même voir ce film de copains qui a l’immense mérite d’exister, vous ne vous y ennuierez pas. La grande force de la jeunesse quand elle se révolte, c’est aussi d’être extrêmement photogénique…

Ainsi squattent-ils de Marie Maffre


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