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Associations en danger

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Thérèse arbore un tee-shirt noir sur lequel on peut lire "Assos en danger", ecrit en couleur rouge sang. Un point d'exclamation dans un triangle complète le graphisme du vêtement. Le message se veut fort. Il l'est. Depuis 3 ans et la victoire de Jacques Chirac aux élections présidentielles, le monde associatif ne se porte pas très bien. Dixit des associations qui se sont regroupées dans un collectif. Baisse des financements Au départ, ce sont des structures du XIè arrondissement qui, alertées par (...)

Thérèse arbore un tee-shirt noir sur lequel on peut lire "Assos en danger", ecrit en couleur rouge sang. Un point d’exclamation dans un triangle complète le graphisme du vêtement. Le message se veut fort. Il l’est. Depuis 3 ans et la victoire de Jacques Chirac aux élections présidentielles, le monde associatif ne se porte pas très bien. Dixit des associations qui se sont regroupées dans un collectif.

Baisse des financements

Au départ, ce sont des structures du XIè arrondissement qui, alertées par l’une d’entre elles - Belleville insolite - qui doit faire face à de graves problèmes financiers - elle a, depuis, déposé le bilan -, s’organisent pour mettre en place un parcours des associations en danger du XIè. Des élus s’y rendent. Un contact est pris avec d’autres associations de l’Est parisien. Le collectif "assos en danger" est lancé. "Entre l’arrêt du dispositif "emploi-jeune" ou le non renouvellement des financements, la diminution des subventions notamment dans les quartiers, l’Etat privilégiant le bâti par rapport à l’action sociale, et la difficulté de décrocher des subventions de fonctionnement, les associations font face à des problèmes de plus en plus importants. Et pourtant, elles remplissent des missions de service public que l’Etat ou les collectivités ne remplissent plus", explique Florence, membre du collectif.
Ce dernier comprend, aujourd’hui, plusieurs dizaines de structures, qui ne veulent pas être citées. "Nous ne souhaitons pas personnaliser ce combat. De plus, dans un autre collectif, en Seine-Saint-Denis, des associations ont eu des problèmes", précise Florence. Pour autant, le collectif multiplie les actions : un rassemblement devant le ministère de la Cohésion sociale donne lieu à une rencontre improvisée avec un membre de l’équipe de Jean-Louis Borloo. "Ca n’a rien donné", regrette Florence.
En octobre dernier, une mobilisation d’une soixantaine de structures répertoriant leurs difficultés est organisée à la Maison des métallos, scène culturelle, numérique et citoyenne du XIè arrondissement.

Mobiliser

Aujourd’hui, le collectif appelle de ses voeux la tenue d’une table ronde réunissant l’Etat, les communes, la région, le Fasild, etc. "Sur la question du financement, chacun se renvoie la balle", déplore Thérèse, autre membre du collectif, assez sceptique sur la réussite d’une telle entreprise. Reste que le collectif joue un rôle d’unification non négligeable. "On se sent plus fort à plusieurs ; on ne reste pas seul dans notre coin à ressasser nos problèmes. Par ailleurs, on parvient plus facilement à attirer l’attention", affirme Thérèse. Attirer l’attention, peut-être. Convaincre de l’intérêt d’un tel combat, pas sûr. "Au Forum des associations qui a eu lieu sur le parvis de l’Hôtel de ville à la rentrée 2004, certaines associations nous ont montré de l’hostilité", poursuit la militante.
Et pour cause : la diversité du monde associatif et des visions de son fonctionnement, beaucoup d’entre elles ne faisant appel qu’à des bénévoles, mais aussi leur mise en concurrence via les appels à projet notamment, ne facilitent pas le maillage et la solidarité.Quant à l’opinion publique, elle semble peu encline à se mobiliser sur cette question.

Fragiliser la démocratie

Bref, aujourd’hui, le monde associatif se retrouve face à un questionnement de fond sur son modèle économique, son rapport aux institutions, sa dépendance financière, ses missions de service public - insertion, lien social, etc. - non rentables par définition. Et pourtant, le collectif en est certain : "mettre à mal les associations, c’est mettre à mal l’engagement des citoyens, leur attachement à la vie démocratique, leur participation active à la vie de la cité... et c’est bien évidemment fragiliser la démocratie".

Bébécité

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Zoom

Tout sur bébé, voilà l'idée. Tout, vraiment tout : le montant des allocations, les différents modes de garde, les loisirs avec bébé à Paris, l'agenda des spectacles jeune public, l'allaitement, le portage, etc. Sans doute parce qu'elle était très occupée dans la com', Carole Paplorey, instigatrice de bébéinfo, a pensé regrouper dans un même lieu toute l'info qu'on souhaite avoir lorsqu'on est jeune maman. Trop compliqué de passer son temps à chercher à droite et à gauche, surtout depuis que cette petite (...)

Tout sur bébé, voilà l’idée. Tout, vraiment tout : le montant des allocations, les différents modes de garde, les loisirs avec bébé à Paris, l’agenda des spectacles jeune public, l’allaitement, le portage, etc.
Sans doute parce qu’elle était très occupée dans la com’, Carole Paplorey, instigatrice de bébéinfo, a pensé regrouper dans un même lieu toute l’info qu’on souhaite avoir lorsqu’on est jeune maman. Trop compliqué de passer son temps à chercher à droite et à gauche, surtout depuis que cette petite personne s’exprime à côté.
Depuis le mois d’octobre dernier, un espace d’accueil a ouvert dans le XIIème arrondissement, en libre accès. Une permanence dans le IIIème. Elle y organise des réunions, débats, y effectue de la mise en relation, connecte les parents qui cherchent une garde partagée, travaille avec des écoles d’infirmières pour constituer un réseau de baby sitters, oriente vers les professionnels du quartier en cas de problème plus compliqué.
Alors pour tout savoir sur le bébé parisien, connectez-vous sur www.bebecite.fr.

Café, chocolat et emplois aidés

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En poussant la porte, ça sent le café torréfié à l'ancienne, le chocolat récolté équitablement, le pain pétri à la main, et derrière le comptoir, les vendeurs, vendeuses connaissent leurs produits. Dans les trois boutiques parisiennes gérées par l'association Terem on y achète, on y vend, mais on s'y forme aussi. Derrière le comptoir ceux qui encaissent et emballent sont en réalité de faux vendeurs. Pas tout à fait faux : ils sont là pour apprendre le métier et espèrent tous décrocher un CDI dans la grande (...)

En poussant la porte, ça sent le café torréfié à l’ancienne, le chocolat récolté équitablement, le pain pétri à la main, et derrière le comptoir, les vendeurs, vendeuses connaissent leurs produits. Dans les trois boutiques parisiennes gérées par l’association Terem on y achète, on y vend, mais on s’y forme aussi.
Derrière le comptoir ceux qui encaissent et emballent sont en réalité de faux vendeurs. Pas tout à fait faux : ils sont là pour apprendre le métier et espèrent tous décrocher un CDI dans la grande distribution ou la plus petite, après. Cette méthode de formation-action donne des résultats. Environ 70% des vrais-faux vendeurs passés par cette porte sont depuis vendeurs en pied dans d’autres commerces. Ils étaient inscrits dans la catégorie chômeurs en grande difficulté quelques mois auparavant.
"CES, chantiers d’insertion, ateliers de découverte des métiers, évaluation en milieu de travail" , Michèle égraine les types de contrats employés par l’association, raconte les circonvolutions et autres bidouillages qu’elle effectue pour "faire vivre" ces boutiques pédagogiques. "Depuis que Jean-Louis Borloo est à l’Emploi, les vieux dispositifs ont été remisés. Les nouveaux se font attendre. Les chômeurs, rmistes trinquent. Des associations comme la nôtre manquent de tomber. Dernièrement, j’ai eu un groupe envoyé par l’ANPE, pour une évaluation en milieu de travail, 15 personnes pendant 15 jours payé 2 euros de l’heure par personne" . Elle rit. Elle a fait toute sa carrière dans la grande distribution, du bas du rayon au bureau du directeur. A 53 ans, elle est dehors, licenciée économique. A 54 , elle l’est toujours, victime du délit de vieille gueule. Elle s’inscrit à une formation de formateur.
Depuis, elle y croît pour les autres. Elle veut les sortir du RMI, des nuits d’hôtel, de la rue.
Hier, elle était à une réunion d’information sur les nouveaux contrats aidés, à l’ANPE. En aparté, la conseillière qui la connaît bien lui a glissé : "Je prendrais trois heures pour venir vous expliquer tout ça efficacement". "Le pire, c’est que j’suis pas douée pour la paperasse", reconnaît-elle. "Mais quand je vois les situations inextricables dans lesquelles vivent ceux que nous employons, je ne fais pas la difficile".

Consomm’acteur, un rôle à jouer au quotidien

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Trier les déchets, c'est bien, mais limiter les déchets, c'est encore mieux. France nature environnement, fédération d'associations bénéficiant de 3000 relais dans le pays, a mis sur pied une campagne pour apprendre aux citoyens à consommer moins et mieux. Préférer le juste emballage en achetant des grands conditionnements, des produits en vrac, des éco-recharges ; aller faire ses courses avec son panier ; louer du matériel de bricolage plutôt que de l'acheter ; ne pas se faire influencer par la (...)

Trier les déchets, c’est bien, mais limiter les déchets, c’est encore mieux. France nature environnement, fédération d’associations bénéficiant de 3000 relais dans le pays, a mis sur pied une campagne pour apprendre aux citoyens à consommer moins et mieux.
Préférer le juste emballage en achetant des grands conditionnements, des produits en vrac, des éco-recharges ; aller faire ses courses avec son panier ; louer du matériel de bricolage plutôt que de l’acheter ; ne pas se faire influencer par la publicité en achetant plus que ses besoins ; boire de l’eau du robinet plutôt que de l’eau en bouteille de 100 à 300 fois plus cher... Devant le stand, samedi 18 juin à Bercy, beaucoup de passage, des curieux ou des convertis s’arrêtent devant les panneaux descriptifs des « petites astuces pour changer en douceur son comportement et devenir consomm’acteur ».
Pour France environnement, la balle est dans le camp des consommateurs qui, eux seuls, par un changement de comportement d’achat, peuvent faire plier les industriels. Même si les ministères tentent d’être à l’écoute de la société civile, le poids des lobbies marchands est très fort. « Nous avons des réunions avec eux au Conseil national de l’emballage, précise Nathalie Villernet, chargée de mission sur les déchets. Mais, par exemple, discuter sur la suppression de l’emballage cartonné du dentifrice a été éprouvant pour arriver à des arguments marketings qui entravent tout changement. Ils s’arrangent souvent pour pourrir les situations afin qu’il ne se passe rien. »
La fédération sait bien qu’elle n’est pas assez dangereuse, et ne fait pas peur. Par contre, le CNII sur les déchets a fait des opérations coups de poing - « Dégage l’emballage » - de destruction d’emballage dans les supermarchés qui, elles, ont eu un impact très fort. « Nous allons essayer de changer de technique, reprend Nathalie Villernet. Outre les panneaux explicatifs envoyés aux associations locales, nous allons réfléchir à une riposte plus musclée. » Moins emballée ?

France Nature Environnement : 02 38 62 44 48.
Site : www.fne.asso.fr

Courir après Benoît César

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Portrait

Benoît César, son nom ne vous dit peut-être rien mais son physique ne trompe personne. Arrivé troisième à la dernière coupe des clubs champions en Slovénie, cet athlète de haut niveau s'est mis récemment à la course de bas niveau... Celle des besogneux enfilants leurs baskets après une journée de travail pour s'aérer au Bois de Vincennes. Benoît a eu envie de partager ses foulées. Tous les mardis soirs, à 19h30, il donne rendez-vous à des "joggeurs du dimanche" devant le musée des arts africains, puis les (...)

Benoît César, son nom ne vous dit peut-être rien mais son physique ne trompe personne. Arrivé troisième à la dernière coupe des clubs champions en Slovénie, cet athlète de haut niveau s’est mis récemment à la course de bas niveau... Celle des besogneux enfilants leurs baskets après une journée de travail pour s’aérer au Bois de Vincennes. Benoît a eu envie de partager ses foulées.
Tous les mardis soirs, à 19h30, il donne rendez-vous à des "joggeurs du dimanche" devant le musée des arts africains, puis les entraîne dans une course qui, pour le coup, ne ressemble pas à leur ordinaire. Courir après un lièvre pareil...
Lui jure que tout le monde peut le faire et que sa quinzaine de réguliers ne sont pas tous des accros de la course. "Au bout de trente minutes, nous scindons le groupe en plusieurs parties pour que chacun travaille à son rythme. Nous nous retrouvons ensuite pour la récupération-élongation-respiration", explique-t-il.
L’athlète a monté une association "Courir pour le plaisir", qui comprend seulement quinze adhérents. Le voilà "à la radio", puisque Radio France a réalisé un sujet sur lui. Aujourd’hui, il a un stand dans le village sport du Printemps de la Démocratie, à côté de celui des JO de 2012. Finalement, on peut venir comme simple citoyen et se faire rattraper par l’esprit de compétition...

Association courir pour le plaisir : courirpourleplaisir hotmail.com

Jeux de rue

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Cet été, jouons dehors. Les Francas du 93, mouvement d'éducation populaire, ont lancé l'idée. Ludothèques, centres d'animation, associations de quartier ont suivi. En juillet et en août, il y aura un peu partout dans le 93 comme dans le 95 et le 77, des journées de jeux de rue organisées, plutôt le samedi, dans les rues fermées à la circulation. Amateurs d'échecs, de dames, de jeux de cartes ou de marelle, demandez le programme. Site : www.francas93.asso.fr A lire également : un entretien avec (...)

Cet été, jouons dehors. Les Francas du 93, mouvement d’éducation populaire, ont lancé l’idée. Ludothèques, centres d’animation, associations de quartier ont suivi. En juillet et en août, il y aura un peu partout dans le 93 comme dans le 95 et le 77, des journées de jeux de rue organisées, plutôt le samedi, dans les rues fermées à la circulation. Amateurs d’échecs, de dames, de jeux de cartes ou de marelle, demandez le programme.

Site : www.francas93.asso.fr

A lire également : un entretien avec Anne-Marie Rodenas, responsable du Cafézoide, le café des enfants.

L’Echo râleur

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Les aigües sont en rouge, jean et dentelle sexy. Les médiums 1 arborent des costumes aux teintes bovines. Les mediums 2 sont en noir avec des plumes et des fleurs en guise d'accessoires. Enfin, les basses, exclusivement des hommes, sont en kilt. Cette quarantaine de personnes, réparties dans 4 pupitres correspondant chacun à une tessiture de voix, constituent l'Echo râleur, une chorale rock née à la fin des années 80. L'idée a vu le jour au sein d'un groupe de copains, musiciens à l'Elysée (...)

Les aigües sont en rouge, jean et dentelle sexy. Les médiums 1 arborent des costumes aux teintes bovines. Les mediums 2 sont en noir avec des plumes et des fleurs en guise d’accessoires. Enfin, les basses, exclusivement des hommes, sont en kilt. Cette quarantaine de personnes, réparties dans 4 pupitres correspondant chacun à une tessiture de voix, constituent l’Echo râleur, une chorale rock née à la fin des années 80.
L’idée a vu le jour au sein d’un groupe de copains, musiciens à l’Elysée Montmartre mais aussi membres de groupes alternatifs tels que la Mano Negra ou les Négresses vertes. "En 1989, on a participé à une compilation sortie à l’occasion du bicentenaire de la révolution française. On chantait La Carmagnole. On a tourné un clip... Ca nous a rendu célèbre. On a pu pérenniser notre activité", se souvient Taupier, l’un des deux chefs de coeur de la chorale.
Depuis, l’association a connu quelques remous, notamment la scission en 1994 entre membres souhaitant professionnaliser la chorale et ceux qui voulaient rester amateurs. La chorale, exclusivement basée sur des participations bénévoles, s’en est remise et ouvre aujourd’hui ses portes à qui veut... même ceux qui chantent mal. "On leur apprend à placer leur voix et parfois on leur paye des cours de chant en parallèle. Dans tous les cas, pas besoin d’être pro : on chante sans partition", poursuit Taupier.
Dans la chorale se cotoient des jeunes et des moins jeunes, même si le gros de la troupe a entre 22 et 33 ans. Sur le plan social, la diversité est également de mise : des chercheurs, des cadres supérieurs, des fonctionnaires chantent aux côtés de "cas sociaux". Ce qui les rassemble : "l’envie de chanter, sans être jugé, dans un collectif où se développent des liens amicaux et de solidarité ; c’est un peu l’esprit rugby", résume Taupier.
Aujourd’hui, l’association compte cent adhérents, une cinquintaine de choristes et se produit partout en France. Son répertoire compte des "classiques", comme le générique de star treck ou "le destin à Tintin", morceau original, mais s’adapte aussi aux circonstances. Ainsi, lors de la commémoration de la libération de Paris, la chorale a intégré "les loups" à son repertoire. Ses spectacles sont auto-produits. Ainsi, cet été, la chorale organise une tournée en Bretagne du 9 au 17 juillet.
Pour assurer le bon fonctionnement du collectif, le groupe s’est organisé en commission (comunication, technique, artistique, etc.), délégation, etc. et a mis en place deux répétitions par semaine. "A la création, on était plus jeunes, plus wild, un peu chien fou. Aujourd’hui, c’est plus clean ; les gens s’éclatent sans déraper..." . La chorale, en effet, ne manque pas de discipline. Chantant sous la neige, la pluie ou la canicule, elle conquiert son public par son professionnalisme, mais aussi la joie qui se dégage du collectif et un certain engagement. "On est tous à gauche sans en avoir l’étiquette. Mais, c’est vrai que l’on nous voit plutôt à des concerts de soutien au DAL ou à la fête de Force Ouvrière", confie Taupier.
A Bercy, à l’occasion du printemps de la démocratie, ils ont clos l’un de leur concert par "Bella Ciao"... non sans lever le poing.

Site : www.echoraleur.com

La ville aux chats et aux pigeons

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Interview

Pascale Beauvois, est fondatrice et trésorière de l'association chats des rues (A.C.R) qui a vu le jour il y a vingt ans. C'est l'amour des chats qui vous mène ? Nous avons créé cette association pour éviter la prolifération des chats. Quand une petite grand-mère habituée à nourir des chats dans son quartier, se retrouve sans le sous avec une famille de chats qui s'agrandit à vitesse grand V, c'est un vrai problème social. Dans ce cas-là, nous intervenons, stérilisons les chats puis lui ramenons. (...)

Pascale Beauvois, est fondatrice et trésorière de l’association chats des rues (A.C.R) qui a vu le jour il y a vingt ans.

- C’est l’amour des chats qui vous mène ?
- Nous avons créé cette association pour éviter la prolifération des chats. Quand une petite grand-mère habituée à nourir des chats dans son quartier, se retrouve sans le sous avec une famille de chats qui s’agrandit à vitesse grand V, c’est un vrai problème social. Dans ce cas-là, nous intervenons, stérilisons les chats puis lui ramenons. Nous respectons son amour des bestioles et en même temps la liberté des chats de rue. Il faut savoir qu’un couple de chats peut engendrer plus de vingt mille chats en quatre ans.

- Comment financez-vous vos interventions ?
- Par dons, et nous travaillons de plus en plus souvent pour les mairies. Nous coûtons beaucoup moins cher qu’une fourrière et, de plus, nous garantissons un bon traitement de l’animal. Quand nous enlevons un chat sur site nous le tatouons et le stérilisons, ce qui revient à peu près à 100 euros par animal. Puis, nous le ramenons dans son quartier d’origine. La gestion des animaux doit s’inscrire dans la politique de la ville.

- Et les pigeons ?
- Nous avons fait plusieurs études pour des villes comme Paris, Pantin, Créteil. Nous comptons les pigeons : par exemple à Paris Xe, il y a 2000 pigeons, puis nous préconisons des solutions comme aménager des lieux de rencontre entre humains et animaux, pour apprendre à vivre avec les animaux...

- Y-a-t-il un profil type de nourricier ?
- D’abord, comme pour les chats, le protecteur des animaux, le défenseur des races opprimés. Puis on pourrait l’appeler le nourricier du hasard, celui qui lance les miettes de son sandwich, ou secoue sa nappe par la fenêtre. Et puis, un nombre important de nourriciers culturels, comme les musulmans pour qui le pigeon est un animal "sacré" qui a un rapport avec le prophète.

Association Chats des rues : 01 48 51 31 32

Ouvrir les théâtres aux compagnies SDF

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L'été les théâtres sont vides et les compagnies de théâtre souvent sans logement. Pour tenter de donner une chance à des troupes qui n'ont pas de lieu pour présenter leurs créations et pas de moyens pour les diffuser, le groupe Rires rage et résistance (G.R.R.R.) de la comédienne, écrivain et metteur en scène Susana Lastreto propose pour la 4ème saison son projet En compagnies(s)d'été. Le principe est simple : "Le directeur d'un théâtre peut confier momentanément la direction à une autre équipe qui à son (...)

L’été les théâtres sont vides et les compagnies de théâtre souvent sans logement. Pour tenter de donner une chance à des troupes qui n’ont pas de lieu pour présenter leurs créations et pas de moyens pour les diffuser, le groupe Rires rage et résistance (G.R.R.R.) de la comédienne, écrivain et metteur en scène Susana Lastreto propose pour la 4ème saison son projet En compagnies(s)d’été. Le principe est simple : "Le directeur d’un théâtre peut confier momentanément la direction à une autre équipe qui à son tour peut inviter d’autre équipes à partager le lieu." Cet été, au Théâtre 14 Jean-Marie Serreau Porte de Vanves, quatre compagnies dont la sienne sont programmées durant un mois. Mais, ce projet se veut aussi militant, poursuit la comédienne urugayenne : "les compagnies de l’été se réunissent en une sorte de coopérative éphémère estivale, elles mutualisent les recettes qui seront partagés équitablement, une sorte de théâtre équitable."

Pour faire venir au spectacle un public qui méconnaît le théâtre, le G.R.R.R. écume les cours d’immeubles et offrent aux habitants accoudés aux balcons des extraits du récit musical autobiographique et fantasmagorique Nuit d’été loin des Andes pour commédienne et bandonéon. Pour orchestrer toute cette organisation, une mordue de la création, Sylvaine Durivault, 23 ans, la jeune administratice de la compagnie. "La culture, c’est vital pour l’individu, et moi j’aime assiter au processus de création", explique Sylvaine qui, pour décrocher cet emploi jeune, a fait trois ans d’étude des Métiers d’art et de la culture à la Sorbonne. Fin octobre son contrat s’arrête et, sans budgtet pour le péréniser, elle laissera la place à une stagiaire sortie comme elle de la Sorbonne. Si le théâtre a des idées, il est loin d’avoir des moyens.

En Compagnie(s) du 28 juillet au 27 aout : 01 48 20 17 23

Parole de chien

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Sumo est un beau golden retriever. Affalé sous la table du stand de l'association de sa maîtresse, il se laisse carresser facilement. "Il aime ça", précise Isabelle de Tournemire, la dite maîtresse et la fondatrice de Parole de chien. Cette association est née en juin 2002 sur une idée. Ou plutôt un constat : "J'ai une relation très forte avec les chiens depuis ma plus tendre enfance. Et, dans les moments difficiles, ils m'ont toujours apporté beaucoup de réconfort. Je me suis dit : pourquoi ne pas (...)

Sumo est un beau golden retriever. Affalé sous la table du stand de l’association de sa maîtresse, il se laisse carresser facilement. "Il aime ça", précise Isabelle de Tournemire, la dite maîtresse et la fondatrice de Parole de chien.
Cette association est née en juin 2002 sur une idée. Ou plutôt un constat : "J’ai une relation très forte avec les chiens depuis ma plus tendre enfance. Et, dans les moments difficiles, ils m’ont toujours apporté beaucoup de réconfort. Je me suis dit : pourquoi ne pas amener les chiens auprès de personnes en souffrance comme les personnes âgées ou hospitalisées", explique Isabelle.
Parole de chien est né. Elle compte aujourd’hui 15 binômes, maîtres et chiens, ces derniers passant des tests comportementaux draconiens avec d’être "recrutés". "Un tiers seulement des chiens passent le test ; il faut qu’ils soient bien dans leur poil", précise la maîtresse de Sumo à qui on a mis de l’eau sur la tête pour le soulager de la chaleur ; en ce 18 juin, il fait 31 degrés sur Paris.
Forte de ces 15 binômes, l’association se rend dans les maisons de retraite jusque dans les chambres des personnes âgées. "Les chiens montent sur les lits... Pour des personnes privées de sensoriel, c’est une présence forte. De surcroît, cela rompt leur solitude et le chien devient un sujet de conversation avec leur famille ou l’équipe soignante", précise Isabelle.
Parole de chien organise également des ateliers d’animation au sein de groupes d’une dizaine de personnes, handicapées moteur ou mentaux notamment. Ces derniers, avec un chien, doivent réaliser un parcours, travaillant ainsi sur la mobilité ou la formulation d’un ordre.
Aujourd’hui, l’association n’a pas vocation thérapeutique mais elle a en projet de collaborer avec des kinés ou des ergothérapeutes pour travailler sur la rééducation. "Entre soulever une haltère et brosser un chien, on peut arriver au même résultat de façon plus ludique", commente Isabelle, contente de préciser que l’association va également faire ses premiers pas à Necker, l’hôpital des enfants, après trois ans de prises de contact. Le fait est que Parole de chien croûle plutôt sous les demandes, mais ne peut y répondre, par manque de bénévoles. Isabelle, après une longue carrière en entreprise, a travaillé à plein temps bénévolement à l’association pendant trois ans et commence tout juste à se salarier, mais en a un peu assez d’être au four et au moulin. Quant à Sumo, surnommé le président par les membres de la structure, il en a marre de jouer les égéries. "Depuis l’âge de 4 mois, il va dans les hôpitaux, il veut passer la main ; je le sens", affirme sa maîtresse.

Parole de chien : www.parole-de-chien.com

Sel, paname, piaf et autres trams

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Dans le catalogue publié chaque mois par le Sel - système d'échange local - de Paris, des centaines d'offres croisent des centaines de demandes : "cherche bouteille thermos" ou "couteau de cuisine" ; "souhaite apprendre à manger des petits pois et du riz avec des baguettes" ; "offre deux places dans un cours de danse". Trouvent-elles preneurs ? Madame Sel de Paris n'en sait rien. Elle peut juste préciser que sur 1700 adhérents répertoriés, 300 font régulièrement affaire sans parler d'argent (...)

Dans le catalogue publié chaque mois par le Sel - système d’échange local - de Paris, des centaines d’offres croisent des centaines de demandes : "cherche bouteille thermos" ou "couteau de cuisine" ; "souhaite apprendre à manger des petits pois et du riz avec des baguettes" ; "offre deux places dans un cours de danse".
Trouvent-elles preneurs ? Madame Sel de Paris n’en sait rien. Elle peut juste préciser que sur 1700 adhérents répertoriés, 300 font régulièrement affaire sans parler d’argent puisque c’est le principe fondateur de ces systèmes d’échanges. Dans leur univers, des cours et objets usuels se négocient en monnaie de singe. Parmi les adhérents, beaucoup de RMistes, "25%", estime-t-elle, des profs, des pré et retraités, mais elle ne sait pas précisément. De même qu’elle méconnaît le fonctionnement des autres sels, même ceux implantés dans Paris.
Officiellement, l’ensemble des Sels d’Ile de France sont répertoriés sur un même site. Peu se connaissent, peu se fréquentent, et le voudraient-ils qu’ils ne le pourraient même pas. Pas moyen d’échanger un piaf contre un pigalle, leurs monnaies respectives ne sont pas compatibles.
"C’est le grand chantier des mois qui viennent", admettent les sels. "Harmoniser les monnaies ou trouver une supra-monnaie" pour décloisonner les échanges et élargir le mouvement qui se sclérose au contact de la précarité.
"En fait, nous avons à constituer notre Europe des sels, ironise un militant. L’époque ne s’y prête pas vraiment" , admet-il en sirotant un café. Et vous payez comment ?

Tabula rosa

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Ils sont trois, trois architectes et urbanistes, qui ont conceptualisé un jeu de table dont l'objectif est de créer des scénarios pour la ville. Quatre joueurs, des citoyens la plupart du temps, sont exposés à des enjeux et doivent penser ensemble des transformations urbaines. "Le jeu fonctionne quand les motivations des participants sont différentes. Ce qui nous mobilise, c'est que via le jeu, des centres d'intérêt divergents - développement économique, action sociale, etc. - s'intégrent dans un (...)

Ils sont trois, trois architectes et urbanistes, qui ont conceptualisé un jeu de table dont l’objectif est de créer des scénarios pour la ville. Quatre joueurs, des citoyens la plupart du temps, sont exposés à des enjeux et doivent penser ensemble des transformations urbaines. "Le jeu fonctionne quand les motivations des participants sont différentes. Ce qui nous mobilise, c’est que via le jeu, des centres d’intérêt divergents - développement économique, action sociale, etc. - s’intégrent dans un projet commun", explique Petra, l’une des fondatrices de Tabula rasa, jeu de mot linguistique s’inspirant de l’expression latine "tabula rasa" (table rase).

Le groupe intervient dans le cadre d’études urbaines ou de festivals. Ainsi, dans le Xè arrondissement de Paris, les architectes/urbanistes ont participé dernièrement au festival des architectures vives. A cette occasion, différents projets concrets de transformation urbaine ont émergé. Il en va ainsi de la Maison du métabolisme parisien, centre de déchets, producteur d’énergie, centre culturel et éducatif tout à la fois ou comment traiter et transformer les déchets de la capitale en énergie observable par les visiteurs.
Autre scénario, tout droit sorti de l’imagination des citoyens : le développement de terrasses installées dans la rue sur le toit de containers. Dans les containers qui servent de socle, on peut stocker chaises, tables, boissons... Les terrasses pouvant, selon les saisons, devenir café, patinoire, piscine, marché, etc.
"Dans les débats sur le développement urbain, le public n’a pas nécessairement conscience des aspects techniques et financiers. En revanche, un engagement créatif leur permet de proposer une forme d’urbanisme alternative. Il faut donc que chacun s’exprime et trouve place dans la démarche participative", poursuit Petra, engagée dans ce réseau informel par amour pour la ville. Elle précise : "L’intérêt du jeu, c’est qu’il permet de dévier le regard de chaque groupe d’intérêt et d’ouvrir des horizons. C’est une démarche créative, constructive et opérationnelle".

A ce jour, aucun des scénarios collectifs n’a pu être concrétisé. En attendant, le groupe expose le résultat des jeux, réalise des maquettes, etc. pour "reconstituer une ville aux visages, histoires et voix multiples dévoilant une ville sous-jacente, suspendue entre l’imagination et le futur".

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Confrontations Europe

Confrontations Europe : un think tank européen, un réseau, un lobby d’intérêt général Confronter les idées pour mieux construire l’Europe : Créée en 1992, Confrontations Europe, association non partisane, a pour but de peser sur le choix des décideurs nationaux et européens. Sa méthode est de rassembler de nombreux acteurs économiques et sociaux européens qui élaborent ensemble des propositions visant à (...)