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La « ville mobile » de demain selon la RATP

Note de lecture par Guy-Patrick Azemar, le 1er/12/2015

Face aux enjeux environnementaux et climatiques, le développement urbain, considéré jusqu’à il y a peu comme un problème, apparaît aujourd’hui de plus en plus comme un élément de la solution - à condition bien sûr que ce développement soit maîtrisé.

La ville à la fois compacte et fluide, dense et mixte, industrieuse et économe, constitue une réponse à la croissance démographique et une alternative à la consommation effrénée de ressources et d’espace qui l’accompagne. La question des transports urbains est au cœur du sujet. D’autant que l’urgence écologique rejoint ici les attentes sociologiques : désireux d’accéder à la ville et à ses services, les voyageurs du 21ème siècle ont désormais des exigences qui dépassent le strict cadre du déplacement physique. Entrés dans l’ère des technologies numériques, ils ne veulent plus subir passivement les transports quotidiens et revendiquent à tout âge une réelle autonomie. Il s’agit de passer du « transport » à la « mobilité » intelligente et durable.

Les grands opérateurs de transport doivent s’adapter, anticiper et accompagner cette mutation. C’est ce qui a conduit la RATP, qui exploite une grande partie des transports collectifs à Paris et dans sa banlieue, à explorer activement les voies des nouvelles mobilités. Les équipes de Recherche & Développement de la régie ont été ainsi amenées à identifier sept champs d’innovations et d’expérimentations :

1. La soft-mobilité

L’information en temps réel permet de se connecter à la ville et à ses ressources par des services géolocalisés. Elle peut aussi contribuer à valoriser les espaces-temps de la mobilité. Des expériences de la RATP explorent l’idée de l’activité en cours de voyage, sous des formes diverses. Par exemple des applications sur smartphone proposées aux Parisiens pour qu’ils composent ensemble des parcours de découverte de la ville ou s’échangent des messages poétiques ou pratiques, manières d’agrémenter les déplacements quotidiens.

2. Les services innovants à la personne mobile

La mobilité est une aptitude essentielle dans notre société urbanisée et communicante : elle conditionne l’accès à l’emploi, à l’éducation, à la culture, aux lieux de loisirs et de consommation, et détermine plus largement le degré d’insertion de chaque individu dans le tissu social. Le transporteur doit donc devenir un « facilitateur de mobilité » : cela repose sur la mise à disposition d’outils et de services - « navigateurs » numériques personnels, ateliers de mobilité... - conçus pour aider chaque voyageur à s’approprier l’espace urbain en se déplaçant en toute autonomie d’un mode de transport à un autre.

3. La mobilité active

Si le vélo urbain a ouvert la voie à une réhabilitation des « mobilités douces », la congestion croissante des villes et les enjeux de santé poussent aujourd’hui redécouvrir le plus ancien mode de déplacement : la marche à pied, solution à la fois « multimodale » et « intermodale », se révèle une option très efficace pour de petites distances en ville. Sa pleine réhabilitation exige des aménagements spécifiques et la mise d’un « code de la rue » pour sécuriser les piétons.

4. La mobilité « développementale »

La mobilité est une forme d’activité et de développement personnel qui a des vertus à tout âge. Alors que le vieillissement de la population mondiale constitue l’une des tendances lourdes du 21ème siècle, il est urgent d’adapter les transports urbains aux besoins des seniors, en leur proposant des services qui préviennent ou compensent la perte d’autonomie due à l’âge et/ou au handicap.

5. Les nouvelles mobilités

Le co-voiturage, l’auto-partage et le vélo partagé, qui comptent parmi les innovations récentes les plus marquantes en matière de transport urbain, sont des solutions qui mixent transports individuels et collectifs, privés et public. Le pédibus, le bus-métro, le tram-train sont d’autres exemples de « croisements génétiques » entre modes de transport. Les stratégies et offres de mobilité doivent intégrer ces nouveaux systèmes hybrides qui se multiplient à côté des transports collectifs classiques (bus, métro, RER, tramway).

6. La « neuromobilité »

Pour mettre à jour les grilles d’analyse de la ville et des mobilités, et in fine améliorer l’efficacité de de l’offre de transports urbains, ont beaucoup à apprendre sur le fonctionnement individuel et collectif des voyageurs grâce aux travaux des chercheurs en sciences cognitives. D’autres disciplines comme la psychologie, l’anthropologie cognitive, l’éthologie, l’informatique, les télécommunications, l’ergonomie, l’architecture, l’urbanisme, la philosophie, l’épistémologie, etc., peuvent être mises à profit.

7. La nouvelle génération d’infrastructure transport

Le métro du 21ème siècle ne peut être celui du 20ème siècle. Il ne s’agit pas seulement de répondre aux défis posés par la congestion urbaine, la saturation des réseaux et des ressources publiques limitées. Augmenter la capacité de transport est toujours nécessaire mais pas suffisant. Un système de mobilité urbaine doit aujourd’hui intégrer les évolutions et attentes de la société telles le télé-travail, la mobilité virtuelle sur les réseaux sociaux, la recherche d’une meilleure qualité de vie urbaines ou la réduction des impacts environnementaux. Les défis à relever sont autant sociaux que techniques ou économiques. D’où la nécessité d’imaginer et construire la nouvelle génération d’infrastructures dans un très large partenariat associant entreprises, collectivités et associations.

Lien internet : http://www.ratp.fr/fr/ratp/c_5095/7...


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