Magazine Juin 2016

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La retraite : une étape de vie peu préparée


Place publique

Le monde change, les retraités de demain ne seront pas les mêmes que ceux d’aujourd’hui. Ils arrivent à la retraite dans un nouveau contexte socio- démographique. Le Baromètre1 de la retraite, réalisé par OpinionWay apporte un éclairage inédit sur la perception de la retraite par les actifs de plus de 50 ans (du secteur privé) et par les retraités. Il met en évidence une représentation ambivalente de la retraite par les actifs et les retraités

Une nouvelle étape de vie vécue différemment selon les parcours de vie La retraite est en fait pour les actifs comme pour les retraités une étape majeure de leur vie, entre libération des contraintes du monde professionnel, nouveaux projets, incertitudes budgétaires, et préoccupations liées à la dépendance, elle est souvent perçue et vécue de façon ambivalente. La majorité des actifs de plus de 50 ans du secteur privé (66 %) aborde la retraite comme une nouvelle étape de vie. 60 % des retraités la vive d’ailleurs comme telle. Un quart des actifs et des retraités (26%), la perçoit comme un soulagement, et seulement 6% des actifs (pour 11% des retraités) la voient plutôt comme une mise à l’écart, avec l’impression d’être « hors du coup ». La retraite est en même temps un événement riche de promesses et un pas dans l’inconnu. Les mots qui évoquent la retraite s’opposent dans l’esprit des actifs interrogés : à la fois liberté, voyage, repos, loisirs, tranquillité, mais aussi baisse de revenus, déclin de la santé, vieillesse. Elle est aussi associée à des préoccupations liées à la projection dans le grand âge et à l’angoisse de la dépendance.

Elle suscite donc à la fois enthousiasme et angoisse : elle est avant tout, pour les actifs comme pour les retraités, synonyme de liberté, de temps libre, ou encore de projets, même si cette vision idéalisée des actifs est un peu tempérée par la réalité une fois à la retraite. Les retraités le disent et les actifs le savent : pour bien vieillir, la santé est un facteur déterminant (cité par 99 % des actifs et des retraités), comme habiter chez soi le plus longtemps possible (96 %), rester actif intellectuellement et physiquement, garder une vie sociale et familiale et rester en couple le plus longtemps possible !

Les moyens financiers sont également un déterminant du bien vieillir, mais n’arrivent qu’au 7ème rang, 75 % des actifs s’attendent à un changement de train de vie en prenant leur retraite, mais cela ne les pousse pas pour autant à anticiper ; 66 % se disant même confiants pour leur situation financière, un chiffre en recul néanmoins par rapport à celui des retraités.

Paradoxalement, ils ne préparent généralement leur retraite qu’au dernier moment. Entre le souhait de profiter de la vie et la crainte des problèmes liés à la vieillesse, on voit se profiler les conséquences de cette dualité sur les attitudes des actifs : une forte tendance à faire l’impasse sur la préparation de sa retraite, une préparation très tardive de cette nouvelle phase de la vie, et une anticipation qui se résume le plus souvent à l’approche administrative. Cette absence d’anticipation est d’autant plus forte que 87 % des actifs sont épanouis dans leur vie professionnelle et apprécient leur métier, même si 44 % déclarent se sentir très fatigués. D’ailleurs, les actifs de plus de 50 ans se disent majoritairement confiants pour leur avenir (73 %, ce chiffre montant à 77 % pour les retraités).

Une perception de la retraite plutôt positive...

Temps libre pour profiter de la vie, voyages, loisirs, repos, temps dédié aux enfants et petits-enfants, tranquillité, les mots cités par les actifs pour évoquer la retraite témoignent de leur vision avant tout positive de cette nouvelle étape de vie. Une foule de nouveaux projets permet aux actifs d’aborder l’avenir avec optimisme, même s’ils ne sont pas tous réalisés : voir davantage leur famille et leurs amis (87 %), avoir une activité physique régulière (85 %), voyager (85 %), pratiquer des loisirs et hobbies (79 %), faire du bénévolat (66 %)... Bien qu’en repli par rapport à ce que les actifs imaginent, les activités sont bien au rendez-vous dans la vie des retraités : socialisation (78 % voient davantage leurs amis et leur famille), hobbies (70 %), activité physique régulière (69 %) Les voyages ne concernent finalement plus que 57 % des retraités, et le bénévolat 44 %. 28% des retraités se disent même débordés ! Ils apprécient visiblement leur vie bien remplie : 89 % d’entre eux se déclarent heureux.

...Mais perturbée par la crainte de la dépendance.

A l’opposé de cette perception positive, l’avancée en âge est aussi associée à l’angoisse du grand âge, de la dépendance et de l’isolement. Cotisants et retraités craignent avant tout de voir un jour disparaitre ceux qui leur sont chers (74 % des cotisants, 81 % des retraités), de perdre leur autonomie (64 % des cotisants et 74 % des retraités, de ne pouvoir continuer à conduire (68 % des cotisants, 74 % des retraités), de rencontrer de graves problèmes de santé (60 % des cotisants, 70 % des retraités, de devenir un poids pour leur famille (52 % des cotisants, 66 % des retraités), de manquer d’argent -ce qui les rendrait dépendants- (49 % des cotisants et 52 % des retraités). La dépendance est donc un sujet de préoccupation pour l’avenir, partagé par les actifs et les retraités, même si la santé n’est pas un sujet d’inquiétude à court terme : 81 % des cotisants et 80 % des retraités sont confiants dans leur santé au moment où on les interroge.

Des incertitudes budgétaires qui touchent davantage la nouvelle génération de retraités

75 % des actifs de plus de 50 ans s’attendent à un changement de train de vie en prenant leur retraite (pour 66% des retraités disant avoir connu un changement). 66 % des cotisants se disent malgré tout confiants pour leur situation financière, un chiffre en recul par rapport à celui des retraités (72 %). Les incertitudes budgétaires touchent davantage la nouvelle génération de retraités. Pour s’adapter à une baisse de leurs revenus, les actifs comme les retraités privilégient trois leviers, mais de façon différente : solder leurs crédits (29 % des actifs vs 40 % des retraités), optimiser leur logement pour le rendre plus économique (isolation, chaudière...) dans 24 % vs 47 %, investir dans des équipements neufs (voiture, électroménager...) pour 21 % vs 40 %, souscrire une assurance vie pour 10 % vs 55 %.

L’inquiétude devant la baisse de revenus se traduit chez les actifs par une intention de poursuivre une activité rémunérée plus nette que chez leurs ainés : 26 % des actifs envisagent de continuer à travailler une fois à la retraite, alors que seulement 13 % des retraités ont continué à travailler.

Une étape de vie peu préparée

Bien qu’ils s’attendent à un changement de train de vie, 56 % des cotisants de plus de 50 ans ont tout au plus une vague idée du montant de leur future pension de retraite. Une attitude souvent liée au fait que les démarches administrativ s’apparentent dans l’esprit des actifs à un parcours du combattant fastidieux, chronophage, vécu dans la contrainte et le stress, en particulier pour les salariés ayant connu plusieurs employeurs.

Seulement 15 % en ont une idée très précise du montant de leur retraite. Leurs aînés étaient moins dans le flou : 41 % des retraités avaient une idée très précise du montant de leur retraite avant de la prendre. En miroir de cette imprécision, le baromètre révèle une forte tendance à faire l’impasse sur la préparation de sa retraite, celle-ci se résumant le plus souvent à une approche exclusivement administrative et en outre, par négligence, déni ou méconnaissance, très tardive : 50 ans pour les plus précoces, avec une accélération forte lors des 2 dernières années de leur vie professionnelle. A moins de 5 ans de la retraite, seulement 33 % d’entre eux ont commencé à préparer leur budget (50 % à moins de 2 ans), 32 % à faire des démarches administratives (74 % à moins de deux ans), et 28 % à préparer leurs futures activités (47 % à moins de 2 ans).

La recette du bien vieillir ? Une multiplicité de critères

Les retraités le disent et les actifs le savent : pour bien vieillir, il essentiel de... rester en bonne santé (pour 99 % des actifs et des retraités), mais aussi de pouvoir habiter chez soi le plus longtemps possible (pour 96 % des actifs et des retraités), de rester actif intellectuellement (pour 95 % des actifs et 96% des retraités), et physiquement (pour 93 % des actifs et 95% des retraités), de garder une vie sociale et familiale (pour 94 % des actifs et 96% des retraités), et de rester en couple le plus longtemps possible (pour 93 % des actifs et 96% des retraités). Avoir les moyens financiers de vivre confortablement arrive au 7ème rang (cité par 83 % des actifs et 84% des retraités).

Globalement, les retraités conseillent aux actifs de ne pas attendre la retraite pour s’occuper de leur santé, de réfléchir à la façon dont ils vont occuper leur temps, et de penser à leur budget à l’avance. Les Français, quand on les interroge précisément, semblent donc, malgré quelques inquiétudes, aborder leur retraite avec un certain optimisme. L’un des points de blocage révélé par ce baromètre reste cependant la préparation très tardive sur le plan administratif. On observe aussi un certain immobilisme des actifs face à l’un des leviers d’amélioration de leur confort à venir, à savoir le budget.

Défaut d’information ou refus de savoir : quelle qu’en soit la cause, Malakoff Médéric se préoccupe de ce constat et s’engage avec l’ensemble des caisses de retraite complémentaire sous la bannière de l’Agirc-Arrco dans la vaste campagne d’information des Rendez-vous de la retraite du 23 au 28 mai 2016 dans toute la France.

1 Etude réalisée par OpinionWay pour Malakoff Médéric auprès de 1014 retraités et 1016 cotisants de 50 ans et plus du secteur privé , hors professions libérales, par téléphone du 14 mars au 4 avril 2016


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