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L’écoconception : un avantage compétitif pour le secteur des jouets

Place publique, le 13/12/2013

A l’approche de la Conférence de mise en œuvre de l’économie circulaire organisée par Le Ministère de l’Ecologie, l’ONG WECF interpelle les fabricants de jouets sur l’intérêt de développer une démarche d’écoconception pour mieux protéger la santé des enfants ?

Se poser la question de l’écoconception devient incontournable aujourd’hui pour les fabricants de jouets français. Elle représente à la fois un enjeu sanitaire, un enjeu d’image, un levier potentiel pour s’affirmer sur le marché – bref, un avantage compétitif à explorer.

Selon le ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Philippe Martin, « l’économie circulaire est un nouveau modèle économique », « une perspective d’avenir pour un modèle en crise ». Une conférence de mise en œuvre de l’économie circulaire, organisée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie a permis de mettre l’accent sur cette question. Organisée à l’École des Mines de Gardanne (Bouches-du-Rhône) elle s’est donnée comme objectif de suivre l’avancement des engagements de cette feuille de route, de renforcer la mobilisation des filières dans la transition, et de fixer les prochaines étapes.

L’écoconception doit se développer dans le domaine des jouets

WECF, ONG engagée dans la défense de la santé environnementale et membre du Women’s Major Group pour l’agenda post-2015 de l’ONU sur le développement durable, souligne l’urgence de cette démarche dans le secteur des jouets.

- 5,5 milliards d’euros : c’est le chiffre d’affaires annuel des jouets importés dans l’Union européenne. Une offre de produits à bas prix contre laquelle les entreprises françaises peinent souvent à lutter. Et ce d’autant plus quand les consommateurs sont attentifs à leurs dépenses, en contexte de crise.

- Autre chiffre marquant : 17%. C’est la part des jouets contrôlés par RAPEX (2) (le système européen d’échange d’informations sur les produits dangereux) considérés comme non conformes en 2012, a souligné Patricia Blanc, directrice générale de la prévention des risques au MEDDE, en ouverture du colloque.

Il y a quelques jours seulement, le Ministre délégué à l’Économie Sociale et Solidaire, Benoît Hamon, saisissait l’occasion d’une visite dans un grand magasin de jouets pour souligner la baisse de ce pourcentage. Selon la DGCCRF, il était de de 35% en 2007. Néanmoins, en valeurs réelles, 350 000 jouets ont été retirés du marché en 2012. Un chiffre alarmant.

« Phtalates, métaux lourds, retardateurs de flammes, formaldéhyde, solvants, colorants : autant de substances dangereuses toujours présentes dans les jouets auxquels les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés quotidi­ennement », alerte Anne Barre, présidente de WECF France.

Un fléau contre lequel les normes chimiques de la nouvelle directive européenne Sécurité des jouets, devenues obligatoires en juillet 2013, pourront aider à lutter… dans une certaine mesure seulement.

L’écoconception semble donc être une solution à envisager pour les entreprises pour développer un avantage compétitif, un positionnement stratégique, qui plus est, responsable.

Certaines entreprises ont ouvert la voie et leur réussite est une source d’inspiration.

Hape (3) fut un des pionniers en la matière, fondé en 1986 en Allemagne, et reste encore aujourd’hui une référence.

En France, Vulli (4) s’illustre avec sa célèbre Sophie la girafe, en « caoutchouc naturel – une matière déclinée désormais dans une vingtaine d’autres produits de la marque, et que nous sommes les seuls à exploiter ainsi dans les jouets », a souligné Guillaume Baradel, son responsable marketing, invité au colloque organisé par WECF France le 15 Novembre.

Il faut aussi citer PlanToys (5), une société thaïlandaise dont le designer, Alain Pineau, est français. Notamment distribuée chez Nature et Découvertes, elle excelle dans les jouets pour les enfants de moins de 3 ans en hévéa.

L’écoconception, c’est à la fois réfléchir aux matières premières et à leur innocuité, à un mode de fabrication à l’empreinte écologique allégée ainsi qu’au cycle de vie complet du jouet.

L’éco-conception, est-ce simple à transposer en process design et industriel ?

La société Vulli a témoigné de ses initiatives et contraintes lors du colloque WECF. « Les entreprises sont soumises à une incertitude des évolutions juridiques de l’Europe et de chaque pays », indique André Gervasoni, son responsable qualité. « Nous travaillons par exemple sur le recyclage du caoutchouc avec l’ADEME pour créer de l’énergie, nous récupérons les eaux pluviales, dressons un bilan environnemental du packaging », ajoute Guillaume Baradel.

Philippe Schiesser, directeur d’Ecoeff (6) et fondateur de l’EcoDesignLab qui ouvrira en janvier à Montreuil avec le soutien de la région Ile-de-France, a expliqué que les délais d’élaboration design ne rendent pas aisés cette démarche, mais qu’elle est passionnante et réaliste.

« Dans dix ans, elle sera devenue un réflexe, une culture de l’élaboration des produits, bref un socle commun évident et incontestable », assure Laurent Greslin de l’ENSCI (Ecole nationale supérieure de création industrielle) (7).

L’écoconception est-elle également viable économiquement ?

L’AFNOR (8) souligne une étude démontrant l’émergence de consommateurs responsables, dont les achats sont fortement influencés par l’écoconception.

Une étude du Pôle Ecoconception de Saint-Etienne (9) démontre que des entreprises qui se sont lancées dans ce type de démarche ont vu leur chiffre d’affaires croître.

Les produits pouvant même prétendre à des niveaux de prix plus élevés sur le marché, en raison de leur valeur perçue, les fabricants augmentent même parfois leur marge.

Dans ce cas, s’interroge Marie-Jeanne Husset, ancienne directrice de 60 millions de consommateurs, « les jouets écoconçus et donc sûrs pour la santé des enfants, ne sont et seront-ils réservés qu’aux consommateurs avec des moyens financiers suffisants ? »

Si les investissements en R&D croissent initialement avec un tel processus, les gains réalisés sur certaines matières premières, en dépenses énergétiques et en analyses d’innocuité sanitaire rendent le business model viable et les prix accessibles.

Au-delà d’un acte sanitaire et citoyen, l’écoconception semble une voie évidente dans laquelle s’engager à long-terme pour les fabricants français.


Vos commentaires

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