Magazine Novembre 2016

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« Je me souviens de la gauche… » *

Jean-Louis Lemarchand

S’inspirant de la démarche de Georges Perec, des sympathisants de la gauche, regroupés dans le Cercle Barbara Salutati, se sont retrouvés, quatorze ans après avoir « sévi » dans « Longtemps, je me suis souvenu de Mai 68 » Ed.Castor Astral). Ce collectif informel et anonyme (on trouve au mieux un prénom suivi d’une lettre pour le nom) formé d’anciens du PC, de militants d’extrême-gauche et de membres actuels du PS, livre ses souvenirs, ses espoirs (déçus), ses désillusions.

Une chronique vue de l’intérieur de cette époque où la gauche –selon la dénomination officiellement affichée-gouvernait, les années Mitterrand, Jospin et Hollande pour faire court. « On voulait un proposspontané où trouver peut-être un indice, un symptôme, un signe utile poursoigner cette décomposition de la gauche », avertit en introduction le responsable de la collecte présenté (inutile d’expliciter) comme « le secrétaire ».

Le ton est donné. Nos témoins se revendiquent de la « vraie » gauche qui a rêvé en 1981 avant de déchanter rapidement quand la rigueur économique s’est imposée, avant que Lionel Jospin n’affirme que son programme présidentiel n’était pas socialiste et que François Hollande ne déçoive jusqu’à ses plus fidèles supporters.

Cruellement, Daniel V. (p.73) se souvient qu’en 1985, Hollande et quelques camarades réunis sous la signature collective Jean-François Trans, « appelait à en finir avec les rêves, la classe ouvrière, l’emploi à plein temps, l’Etat-providence… (…) et voyait dans la concurrence une valeur de gauche ».

Au-delà de sa tonalité nostalgique-, « Je me souviens de la gauche » reflète un travail d’analyse, voire d’autocritique de ce peuple des sympathisants et militants. « Qu’est-ce qui est le plus important ? se demande ainsi Jean-Paul M. (p.127). Que la gauche gouverne (plus ou moins bien) ou que la « bonne gauche » l’emporte sur les autres ? A y repenser, il me semble que ce débat n’a jamais été tranché, ni peut-être posé, du moins dans la « vraie » gauche »

Un petit (128 pages) manuel d’une subjectivité assumée mais qui interpelle tout citoyen quelle que soit son affinité politique.

* Cercle Barbara Salutati. Le Castor Astral. 128 pages.15 €.


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