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Endeavor Grèce prouve son efficacité

par Annette Preyer, le 2/09/2015

Endeavor : le réseau prouve son utilité face au contrôle des changes et des capitaux, mais lance un cri d’alarme sur la fuite des cerveaux.

Visite chez Endeavor Grèce, toujours dans les mêmes locaux dans le quartier chic de Kolonaki. L’organisation Endeavor Grèce a presque trois ans et se porte bien. L’équipe opérationnelle est la même et sera peut-être élargie d’un ou deux collaborateurs avant la fin de l’année. Le conseil d’administration, lui aussi, est stable avec un membre supplémentaire, représentant de la Banque Nationale de Grèce, nouveau partenaire.

Haris Makryonitis, directeur général, est fier d’avoir intégré à ce jour quinze sociétés dans le réseau et veut arriver à vingt avant la fin de l’année. Seule Daily Secret, la toute première entreprise à avoir été coopté par Endeavor Grèce a quitté. Ce départ n’est pas considéré comme un échec, puisque la société se développe. Mais les fondateurs l’ont vendue et en sont partis en avril 2014. La logique du réseau Endeavor étant un soutien aux dirigeants, le lien est rompu si les dirigeants changent.

Depuis deux ans, Endeavor Grèce s’oriente davantage vers de grandes PME, avec un chiffre d’affaires moyen de 8 millions euros et 30 à 40 collaborateurs et surtout l’agro-alimentaire. Pour Haris Makryonitis, ce sont les secteurs à développer en priorité en Grèce : tourisme, agro-alimentaire, TIC, énergies renouvelables. Après Papadimitriou, fabricant de vinaigre balsamique à Kalamata, déjà coopté en 2013, il y a maintenant Green Cola, Travelplanet24, HotelBrain ou ThinkDigital.

Que pense Haris Makyonitis de l’aggravation de la crise actuelle ?

Après cinq années difficiles, l’été dernier, un léger mieux a été enregistré avec une faible croissance du PNB et un léger recul du chômage. Mais quand des élections ont été annoncées fin 2014, tout a été à nouveau gelé. Déjà avant la victoire de Syriza, les banques ont cessé de prêter de l’argent. Depuis le référendum et le contrôle des capitaux c’est pire. Les entreprises se battent littéralement pour leur survie. Quand je fais de l’huile d’olives mais ne peux plus importer les bidons pour la conditionner, quand je produis des boissons gazeuses et ne peux plus importer du sucre, … « Pendant un mois, les entreprises ont vécu sur leurs stocks. Aujourd’hui, elles sont prises à la gorge » insiste Haris Makryonitis. Cela va jusqu’à la société qui ne peut plus utiliser Facebook pour son marketing ou n’a plus accès à ses mails, faute de pouvoir payer les 5 $ mensuel de son abonnement à Google.

Que fait Endeavor pour ses membres dans ces temps durs ?

Il établit des contacts avec d’autres membres en Amérique latine et à Chypre qui ont eu des expériences semblables. Il demande de l’aide à la Barclays Bank, partenaire d’Endeavor Global. Et il diffuse les bonnes pratiques, comme par exemple demander à un client hors de Grèce de payer sa facture non pas à la société grecque mais à un fournisseur étranger de celle-ci. C’est ainsi que Papadimitriou a demandé au britannique Tesco de payer son fournisseur d’emballages. Que de temps précieux investi dans des activités non productives ! Que de « combines » nécessaires pour survivre alors que les « combines » ont gangréné le pays ! Les difficultés aiguës ont aussi pour conséquence que de grands groupes internationaux qui ne produisent pas en Grèce sont attentistes, tentés par le repli. Cela laisse de la place pour le déploiement de sociétés nationales. Papadimitriou est aujourd’hui présent dans presque toutes les émissions télé de cuisine, alors qu’auparavant la place était trustée par les Unilever et Procter & Gamble. Surtout suivre la leçon de l’Argentine ou du Mexique : survivre à tout prix et se mettre en position pour devenir leader à la sortie de la crise.

Lire aussi Fuite des cerveaux : le cri d’alarme d’Endeavor Grèce

Dossier Spécial Grèce

La Grèce innovante et sociale

La Grèce et ses jeunes entrepreneurs

Relire le reportage d’Annette Preyer en publié en 2013


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