A TRAITER - S’informer

Revue de web médiatique du Forum social européen

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Malgré les intentions annoncées de couverture médiatique (voir à ce sujet l’article FSE 2003 : couverture par les médias alternatifs), le Forum social qui se déroule jusqu’au 15 novembre fait finalement peu l’objet d’une information différente. Début d’explications...

C'est à travers la presse nationale que l'information quotidienne sur l'événement altermondialiste est la plus riche. Le journal L'Humanité édite, chaque jour, un cahier central de plusieurs pages très complet, distribué (...)

Malgré les intentions annoncées de couverture médiatique (voir à ce sujet l’article FSE 2003 : couverture par les médias alternatifs), le Forum social qui se déroule jusqu’au 15 novembre fait finalement peu l’objet d’une information différente. Début d’explications...

C’est à travers la presse nationale que l’information quotidienne sur l’événement altermondialiste est la plus riche. Le journal L’Humanité édite, chaque jour, un cahier central de plusieurs pages très complet, distribué gratuitement sur tous les sites du forum.
Les articles sont également disponibles sur Internet : http://www.humanite.presse.fr

Le journal Libération s’attache également à traiter l’événement quotidiennement dans ses colonnes. L’association Action Critique Médias (Acrimed) a rapidement analysé les intentions de Libération, en jugeant que le journal « continue toujours de minimiser l’importance et les enjeux (de l’événement FSE), les retaillant à sa convenance convenable. »
http://acrimed.samizdat.net/article.php3?id_article=1351

Sur Internet, la couverture médiatique alternative a subi la défection de l’association Attac, qui ne couvre pas l’événement « pour des raisons logistiques et politiques ». D’une manière générale, c’est même un climat délétère qui règne au sein des médias alternatifs en ligne. En effet, après l’exclusion par l’organisation officielle du FSE du site de libre publication Indymédia Paris (pour publication de textes anti-sémites), deux structures - la télé associative Zaléa et l’hébergeur Internet Altern - ont fait le choix de quitter le Forum officiel. Ils entendent protester contre l’exclusion d’Indymédia, mais aussi exprimer leur désaccord face au manque de représentation, de moyens et d’espaces attribuéss aux médias alternatifs par le FSE.
Ces structures ont fait le choix de ne pas rester dans le « in » du Forum, mais restent actives dans la restitution des événements parallèles tels que le Métallo médialab, ou des événements plus contestataires comme le Forum social libertaire ou le réseau intergalactique.
http://paris.indymedia.org
http://www.zalea.org

L’unique expérience réussie et aboutie de couverture médiatique du forum sur Internet est celle que réalise l’association Les Pénélopes. Des articles quotidiens sont rédigés en collaboration avec 14 organisations féministes de 12 pays d’Europe de l’Est et Centrale.
http://www.penelopes.org

Du côté de la diffusion radio, les promesses sont également tenues : Radio Cascades, par exemple, propose en permanence des émissions en lien avec le Forum. Le studio de radio mutualisé, installé au centre média de la Villette, accueille des enregistrements en direct, en partenariat avec d’autres structures de diffusion libre et associative.
http://www.radiocascades.org

Construire l’Europe que nous voulons

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Editorial

La Villette, jeudi 13 novembre. Premier jour de débat au FSE. Dès la sortie du métro, on est dans l'ambiance : dans les couloirs, les publicités disparaissent sous des affiches en tout genre. On peut y lire : "Contre l'Europe du capital et de la guerre". Ou encore : "Le socialisme sauvera le monde". Beaucoup de jeunes Espagnols et Italiens ont investi les lieux. Comme à Florence l'an dernier, les dread locks sont de mise. Le Che, quant à lui, semble indémodable. Dans la grande halle, les (...)

La Villette, jeudi 13 novembre. Premier jour de débat au FSE. Dès la sortie du métro, on est dans l’ambiance : dans les couloirs, les publicités disparaissent sous des affiches en tout genre. On peut y lire : "Contre l’Europe du capital et de la guerre". Ou encore : "Le socialisme sauvera le monde".
Beaucoup de jeunes Espagnols et Italiens ont investi les lieux. Comme à Florence l’an dernier, les dread locks sont de mise. Le Che, quant à lui, semble indémodable.
Dans la grande halle, les participants se pressent aux plénières. Programme du matin, entre autres débats : l’Europe des citoyens. Sept intervenants et deux modérateurs se passent la parole. Dès la première intervention, le ton est donné. Pierre Khalfa, de l’Union syndicale G10 Solidaires - France, dénonce le mode de construction de l’Union européenne, via le projet de constitution notamment, axé sur le marché et la généralisation de la concurrence. "L’Europe s’est construite par le haut sans participation des peuples. Nous ne pouvons que constater l’absence de légitimité démocratique du cadre institutionnel actuel", s’enflamme-t-il.
Autre raison de la colère : après sa ratification, toute modification de la constitution devra être entérinée par les 25 Etats membres à l’unanimité. Autant parler de "porte blindée", ajoute Pierre Khalfa. Quant à la charte des droits fondamentaux, elle ne peux pas constituer "un contre-pouvoir réel à la libre concurrence, érigée comme dogme, car son application n’est effective que dans un cadre national".
Bref, pour contrer cette offensive libérale, il n’y a qu’une seule solution : le rejet du texte. Puis, se projette Pierre Barge de la Ligue des droits de l’homme, "construire nous-mêmes l’espace démocratique et l’Europe que nous désirons. Nous acceptons trop souvent la délégation...".
Pour ce faire, Patrice Cohen-Seat de l’Espace Marx préconise de faire irruption dans le proccessus constituant. "La liberté ne s’octroie pas, elle se conquiert ; cessons de subir l’Europe, prenons-la en main". La salle applaudit.
A la sortie de la grande salle, des stands associatifs et syndicaux présentent leurs actions et leur vision d’un autre monde possible. Les couleurs verte, rouge et noire prédominent. Tel le slogan de l’affiche du métro, le déficit idéologique nous ménerait-il à revisiter inlassablement les mêmes utopies, qui, si elles ne font pas l’objet d’analyses critiques, pourraient bien ressembler à de vieilles lunes ! A suivre...

« Le changement passe par la participation politique »

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Mehdi Jebbari, 20 ans, étudiant en khâgne, est l’un des membres fondateurs du Mouvement spontané, ce regroupement, né en avril 2002, de la rencontre de manifestants anti-lepénistes. Grand brun et fin, à l’allure post-adolescente, Mehdi parle d’un ton assuré, vite et beaucoup, entouré de ses camarades de lutte. Rencontre à l’occasion du FSE.

Place Publique : Quel est, selon vous, l'intérêt du Forum social européen (FSE) ? Mehdi Jebbari : Aujourd'hui, l'Europe qui se construit me (...)

Mehdi Jebbari, 20 ans, étudiant en khâgne, est l’un des membres fondateurs du Mouvement spontané, ce regroupement, né en avril 2002, de la rencontre de manifestants anti-lepénistes. Grand brun et fin, à l’allure post-adolescente, Mehdi parle d’un ton assuré, vite et beaucoup, entouré de ses camarades de lutte. Rencontre à l’occasion du FSE.

Place Publique : Quel est, selon vous, l’intérêt du Forum social européen (FSE) ?
Mehdi Jebbari : Aujourd’hui, l’Europe qui se construit me déplaît, d’où l’importance de cet événement européen : la gestion du capitalisme par l’Union Européenne doit être égalée par notre gestion, à un niveau européen, de la « merde » qui résulte du système capitaliste.
Pour le moment, s’il est encore trop tôt pour que les forums sociaux débouchent sur un projet collectif mondial, ils permettent tout de même aux participants de prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls. D’un point de vue égoïste, le FSE m’est utile pour entendre des discours que je n’entends pas assez dans mon milieu privilégié, peu sensible aux problèmes sociaux. Les étudiants de khâgne sont en effet dans leur bulle, très instruits, mais peu politisés.
J’apprends, aussi, à mieux connaître les habitants d’autres pays européens. C’est précieux, car c’est avec les citoyens européens que j’ai envie de vivre. Je pense d’ailleurs que le FSE permet de construire cette Europe des citoyens.

P.P. : Pourquoi êtes-vous venu au FSE ?
M.J. : Je suis venu pour assister au séminaire que la Souris Verte (1) a co-organisé ; j’ai été chargé de rédiger un texte sur l’engagement du Mouvement spontané au sein de ce parti, et sur les motifs d’engagement dans un parti politique. Je suis resté au FSE car ça m’a plu, et par curiosité aussi. Ce forum constitue une opportunité d’apprendre comment la politique se mène dans d’autres pays, de comparer les problèmes rencontrés en France et ailleurs, et de prendre connaissance des solutions imaginées selon les pays. J’ai appris, par exemple, qu’au Brésil des jeunes des Favelas sont amenés à l’engagement citoyen ou à la politique par le biais du Hip hop, alors qu’en France on aura plutôt tendance à faire des discours pour amener les jeunes à s’engager. Le FSE me permet, en outre, d’acquérir des informations « techniques » : comment fonctionne un Conseil local de la jeunesse, en quoi consiste la Constitution européenne, etc. C’est une façon d’aiguiser mes arguments et de tester mes idées...

P.P. : Comment avez-vous décidé avec le Mouvement spontané de rejoindre un parti politique ?
M.J. : J’ai été violent avec les partis, peu convaincu de leur utilité. Un temps, le Mouvement spontané en est resté à l’écart. Nous attendions que les partis changent, avant de s’y engager. Nous avons pris conscience que le changement passait par la participation politique. Il y a un déficit démocratique car les gens sont maintenus dans l’illusion que la politique est impuissante ; cela fait le jeu des extrêmes. Alors qu’un parti a la capacité de proposer des lois et de jouer un rôle dans le progrès social, pas seulement dans la gestion du capitalisme.
Au départ, le Mouvement spontané participait à des « manif-actions » (avec le DAL, Action contre le chômage, la lutte des sans, etc.). On apportait, au sein de ces actions, un message politique : nous ne rencontrons pas les mêmes problèmes, mais nous sommes solidaires. Aujourd’hui, nous apportons une touche sociale dans la politique. Nous voulons élargir le domaine de la lutte.

P.P. : Croyez-vous, à l’instar des organisateurs du FSE, qu’un autre monde soit possible ?
M.J. : Même si je n’en suis pas convaincu, je suis obligé de faire un « minimum syndical » d’action ! Je ne peux pas constater que « les gens souffrent » et ne rien faire. Le monde est autre tous les jours et si on ne crée pas notre autre monde, quelqu’un d’autre le fera à notre place, et pas forcément comme nous l’envisageons. Nous devons promouvoir nos valeurs, et donner la parole à des personnes qui ne sont pas representées actuellement (sans papiers, chômeurs, etc.). La société évolue, il faut la faire évoluer dans le bon sens.

(1) Le parti des jeunes Verts.

Propos recueillis par Louise Bartlett

Contacts :
Mehdi Jebbari : luis no-log.org
Tél. : 06 60 73 48 86
Gaspard Darley : Gaspard.darley ens.fr

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Le Courrier de Bovet

Date de création : 1950 Objectif : Organiser des échanges de correspondance entre des détenus et des personnes prêtes à leur apporter une écoute et un soutien moral (National). Activités : Créé en 1950, le Courrier de Bovet, du nom de sa fondatrice Madame de Bovet, est une association nationale loi 1901 qui propose aux détenus un accompagnement épistolaire afin de faciliter leur (ré)insertion (...)