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Education en Europe : Investir pour éviter le déclassement d’une génération

Place publique, le 4/07/2013

Les investissements de l’UE en faveur de l’éducation et de la capacité d’insertion professionnelle des jeunes sont payants, confirme un rapport de l’OCDE

Dans un rapport annuel établi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui passe en revue les systèmes éducatifs des 34 pays membres de l’OCDE, dont 21 États membres de l’UE, ainsi que de l’Argentine, du Brésil, de la Chine, de l’Inde, de l’Indonésie, de la Russie, de l’Arabie saoudite et de l’Afrique du Sud, les auteurs recensent les défis que l’UE et ses États membres doivent relever en collaboration en matière de modernisation des systèmes éducatifs .

« Ce rapport, qui est une mine de connaissances et d’informations probantes pour les décideurs, nous aide à mieux comprendre les défis auxquels nous sommes confrontés souligne Androulla Vassiliou, commissaire européenne chargée de l’éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse.. Investir dans l’éducation est une stratégie qui s’avère toujours payante à long terme et les États membres ne sauraient se permettre de l’oublier lorsqu’ils décident de l’affectation des enveloppes budgétaires publiques. Comme le rapport le confirme, le fait de réduire de manière générale les dépenses dans le secteur de l’éducation, et plus spécifiquement les salaires des enseignants, peut compromettre notre objectif visant à offrir des systèmes éducatifs performants et de grande qualité ».

Pour Andreas Schleicher, directeur adjoint chargé des questions d’éducation et de compétences au sein de l’OCDE qui a présenté le Rapport, les dépenses d’éducation par étudiant accusent en effet une tendance à la baisse dans la plupart des pays de l’UE, même si elles restent légèrement supérieures à la moyenne de l’OCDE. En 2010, les dépenses par étudiant à tous les niveaux d’éducation dans les 21 États membres de l’UE faisant partie de l’OCDE s’élevaient à 7 200 € contre 6 900 € pour l’ensemble de l’OCDE. Ce constat est préoccupant ; de plus, les propres données de l’UE sur les dépenses publiques d’éducation en pourcentage du PIB font apparaître que dans cinq pays de l’UE (Bulgarie, Grèce, Italie, Roumanie et Slovaquie), un faible niveau d’investissements en termes absolus se conjugue à une tendance à la baisse des dépenses depuis 2008 et 2009.

En moyenne, le pourcentage de jeunes de 15 à 29 ans ne travaillant pas et ne suivant pas d’études ou de formation (NEET) s’élevait à 15 %.en 2011, résultat légèrement meilleur que la moyenne globale de l’OCDE (16%). Toutefois, en Grèce, en Irlande, en Italie et en Espagne, plus de 20 % des jeunes se trouvaient dans cette situation. Des données récentes pour l’UE montrent que ce tableau s’est dégradé en 2012 pour les trois pays du Sud de l’Europe. La mise en place de programmes d’éducation et de formation spécifiques, notamment d’apprentissages ou de stages dans l’UE s’inscrivant dans le cadre de « la garantie pour la jeunesse », dispositif prévu par l’UE, est essentielle pour éviter que cette génération de jeunes ne soit sacrifiée.

Dans les pays de l’UE, le pourcentage d’étudiants participant à des programmes de formation professionnelle au niveau du cycle supérieur de l’enseignement secondaire est nettement plus élevé que la moyenne de l’OCDE.. Toutefois, le tableau varie sensiblement entre les États membres : en 2011, ce pourcentage dépassait 70% en Autriche, en Belgique, en République tchèque, en Finlande et en République slovaque. En revanche, il ne dépassait pas 40 % en Estonie, en Irlande, en Grèce, en Hongrie, au Portugal et au Royaume-Uni ; tel était également le cas pour les pays tiers, à l’exception de l’Australie.

En moyenne, les enseignants des pays de l’UE gagnent entre 77 % et 89 % du salaire que touchent les travailleurs à temps plein de même niveau d’éducation ; leur rémunération a subi une baisse en termes réels d’environ 4 % entre 2009 et 2011. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait compromettre le recrutement d’une nouvelle génération d’enseignants motivés appelés à remplacer une main-d’œuvre vieillissante qui partira à la retraite dans les prochaines années.

La répartition hommes-femmes dans l’enseignement supérieur dans les pays de l’UE s’améliore, même si le tableau est inégal selon les domaines. Comme l’indique le rapport, l’Europe compte désormais, depuis quelque temps, plus de femmes que d’hommes titulaires d’une licence/d’un mastère et ce pourcentage est en augmentation (60 % de l’ensemble des diplômés dans les 21 pays de l’UE membres de l’OCDE en 2011, contre 55 % en 2000). Toutefois dans les disciplines phares, à savoir les mathématiques, les sciences et les technologies, ce pourcentage n’a augmenté que légèrement, passant de 40 à 42 % (exception faite de la République tchèque, de l’Allemagne et de la Slovaquie où il a augmenté de plus de 10 points de pourcentage), tandis que dans les disciplines techniques, il s’élève à 28 % (contre 23 % précédemment). Les perspectives d’emploi sont restées bien plus favorables pour les diplômés de l’enseignement supérieur de sexe masculin ou féminin. Toutefois, l’écart entre le taux d’emploi des hommes et des femmes diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 25 à 64 ans atteignait jusqu’à 7 points de pourcentage en moyenne pour les 21 pays de l’UE (9 points de pourcentage pour l’OCDE dans son ensemble).

En conformité avec les conclusions de ce Rapport OCDE, Bruxelles vient de lancer une nouvelle initiative intitulée « Œuvrer ensemble pour les jeunes Européens ». Cette initiative expose les mesures qui ont été ou seront prises par l’UE pour aider les États membres à moderniser et à améliorer leurs systèmes éducatifs

NOTE

*« Regards sur l’éducation 2013 » est un rapport établi annuellement par l’OCDE sur la base des données collectées par l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat), et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Il fournit des données sur l’éducation dans les 34 pays de l’OCDE, dont 21 États membres de l’UE. Six États membres de l’UE ne font pas partie de l’OCDE (la Bulgarie, Chypre, la Lettonie, la Lituanie, Malte et la Roumanie), et ne sont donc pas inclus dans le rapport.


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