L'Observatoire

diminuer augmenter Bookmark and Share

Education : 1 européen sur 5 a un faible niveau de compétences

Etude OCDE / Commission européenne, le 9/10/2013

Une étude internationale sur les compétences des adultes publiée par l’OCDE et la Commission européenne souligne la nécessité d’améliorer l’éducation et la formation

D’après les résultats de la première étude internationale sur les compétences des adultes également connue sous le nom de programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC ), un adulte sur cinq en Europe a de faibles compétences en lecture, en écriture et en calcul. Un titre universitaire dans un même domaine ne garantit pas un même niveau de compétences selon le pays dans lequel il est obtenu.

L’étude évalue les compétences en matière d’écriture, de lecture, de calcul et de résolution de problèmes dans des environnements technologiques des personnes de 16 à 65 ans de 17 États membres de l’UE — Belgique (Flandre), République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Chypre, Pays-Bas, Autriche, Pologne, République slovaque, Espagne, Suède et Royaume‑Uni (Angleterre/Irlande du Nord) — ainsi que d’Australie, du Canada, du Japon, de la République de Corée, de Norvège et des États-Unis.

Les conclusions soulignent la nécessité d’investir dans une éducation et une formation de meilleure qualité afin d’améliorer les compétences et l’employabilité dans les pays européens.

« L’étude sur les compétences des adultes pointe les faiblesses de nos systèmes d’éducation et de formation, auxquelles il convient de remédier si nous voulons doter chacun des compétences de haut niveau dont il a besoin pour réussir dans la vie. Il est inacceptable qu’un cinquième de notre population n’ait que de faibles niveaux de compétences. Nous devons régler ce problème. Nous devons aller droit au but et investir plus efficacement dans une éducation et une formation de meilleure qualité au niveau tant européen que national. » indiquent Androulla Vassiliou, commissaire européenne à l’éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, et Ángel Gurría, Secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un point de vue repris par László Andor, commissaire chargé de l’emploi, des affaires sociales et de l’inclusion, qui a lancé un appel pour que les réformes de l’éducation et de l’emploi soient financées en priorité et a déclaré : « Je recommande vivement aux États membres de faire un meilleur usage du Fonds social européen afin d’investir tant dans les compétences et la formation des jeunes chômeurs que dans l’apprentissage tout au long de la vie des travailleurs d’âge moyen et plus âgés. »

Les principales conclusions de l’étude montrent plus précisément que :

- 20 % de la population européenne en âge de travailler a de faibles compétences en lecture, en écriture et en calcul : le taux est plus élevé parmi les personnes sans emploi qui sont susceptibles de tomber dans le piège des faibles compétences, car elles suivent peu de formations pour adultes voire aucune ;
- 25 % des adultes ne disposent pas des compétences numériques nécessaires pour exploiter efficacement les TIC (y remédier est l’un des objectifs poursuivis par la nouvelle initiative de la Commission intitulée Ouvrir l’éducation) ;

Il existe également des différences frappantes, entre les pays, dans les compétences que l’éducation formelle permet d’acquérir : les jeunes qui ont récemment quitté l’école avec un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur dans certains États membres ont des compétences similaires voire supérieures à celles des diplômés de l’enseignement supérieur dans d’autres ; Les politiques d’apprentissage tout au long de la vie doivent tendre à préserver les compétences au fil du temps étant donné les écarts entre les générations révélés par l’étude et les avantages économiques et sociaux importants que procurent des compétences plus élevées.

Différences entre les États membres

L’analyse des données recueillies par l’OCDE fait apparaître d’importants écarts entre les États membres. En voici quelques exemples :
- Un adulte sur cinq a de faibles compétences en lecture, en écriture et en calcul en Irlande, en France, en Pologne et au Royaume-Uni. C’est le cas pour près d’un adulte sur trois en Espagne et en Italie.
- Plus de 40 % de la population adulte des Pays-Bas, de Finlande et de Suède éprouvent de grandes difficultés à résoudre des problèmes dans des environnements technologiques, tandis que près d’un adulte sur cinq ne possède aucune expérience en informatique en Espagne, en Italie, à Chypre, en Pologne et en Slovaquie.
- Les performances en lecture et en écriture des jeunes diplômés de l’enseignement secondaire supérieur aux Pays-Bas et en Finlande sont proches de celles des diplômés de l’enseignement supérieur en Irlande, en Espagne, en Italie, à Chypre et au Royaume-Uni (Angleterre/Irlande du Nord) voire meilleures.
- Les compétences en lecture, écriture et calcul des jeunes de 25 à 34 ans sont nettement plus élevées que celles de la génération des 55 à 65 ans en Belgique (Flandre), en Espagne, en France et en Finlande.

Étapes suivantes

Les résultats de l’étude et leurs implications pour l’éducation et la formation seront examinés avec les États membres afin de les aider à définir les mesures à prendre pour remédier aux faiblesses constatées. Le nouveau programme Erasmus+ pour l’éducation, la formation et la jeunesse soutiendra des projets visant à développer et à améliorer les compétences des adultes. L’étude peut également aider les États membres à définir les priorités à financer au titre du Fonds social européen pour la période 2014-2020, qui constitue une source essentielle d’investissements dans les compétences et la formation et peut aussi améliorer l’accès des groupes vulnérables à la formation.

NOTE

L’étude sur les compétences des adultes évalue directement les compétences d’environ 5 000 individus âgés de 16 à 65 ans dans chaque pays participant, soit la population en âge de travailler. Les compétences testées sont la lecture, l’écriture, le calcul et la résolution de problèmes dans des environnements technologiques. L’étude porte également sur l’utilisation des TIC au travail et dans la vie quotidienne, sur les compétences générales requises au travail, ainsi que sur l’adéquation entre les compétences et les qualifications, d’une part, et les exigences du travail, de l’autre. Elle comporte aussi des questions sur le niveau d’études, le parcours professionnel et le milieu socioéconomique. L’étude a été réalisée en 2011-2012 dans 23 pays, dont 17 États membres de l’UE représentant plus de 80 % de la population de l’UE-28. La Commission européenne et l’OCDE ont récemment signé un nouvel accord de coopération en vue de collaborer plus étroitement dans trois domaines : les stratégies en matière de compétences, les analyses par pays et les études internationales. La Commission et l’OCDE vont lancer un nouvel outil d’évaluation en ligne de l’éducation et des compétences dans le courant de l’automne. Ce nouvel outil permettra à tout un chacun de tester ses compétences et de les évaluer dans un contexte international.


Vos commentaires

Posté le 11 octobre 2013 à 15:31 , par froukhmed

je vois que les pays concernés ou même tous les pays doivent investir dans le domaine de l’éducation, car , la locomotive de tout développement


Moteur de recherche

Recherche simple
Soutenez Place Publique