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De la "flashmob" au Grand don : de nouvelles formes de mobilisation ?

Place publique, le 20/01/2004

Des personnes sans points communs apparents se retrouvent dans la rue pour participer ensemble à des actions spontanées. Aucune version officielle et aucun réel porte-parole ne sont associés à ces rencontres d’un nouveau genre. Une nouvelle forme de mobilisation est-elle sur le point de naître ?

Paris, 20 décembre 2003, 18h. 300 personnes envahissent la gare Saint-Lazare, à Paris, dans un mouvement d’ensemble parfaitement scénarisé. Un vacarme de mots s’installe. "Explosif", "schtroumpf", "onomatopée"… Quelle folie gagne tout à coup Saint-Lazare ? C’est la 5ème "flashmob" parisienne baptisée "Y’a pas d’lazard !". De la même façon que les précédentes, elle se définit comme une manifestation permettant de rassembler une foule d’individus ne se connaissant pas, pour y perpétrer ensemble quelques actions insignifiantes mais coordonnées et se disperser aussitôt.
Ces flashmobs s’organisent sur Internet. Les internautes, inscrits sur un site, sont alertés par mail à peine quelques heures avant la mobilisation. Un lieu de rendez-vous est fixé ; les participants y reçoivent des instructions très précises sur un bout de papier. Chacun suit à la seconde et au millimètre les instructions qui lui a été remises.
En l’occurrence, à Saint-Lazare, à 18h00 exactement, après s’être rassemblé en plein milieu de la gare, chaque participant crie le mot écrit sur son papier. Objectif : retrouver son jumeau. Un quart d’heure plus tard, la manifestation s’arrête. Les participants se dispersent.
Quelles motivations animent ces manifestants d’un nouveau genre ? Réponses diverses : "la curiosité d’un mouvement dont j’ai entendu parlé et qui prend de l’importance", "participer à une action collective qui n’est récupérée par aucun mouvement, parti politique ou organisation", "rencontrer du monde", "m’amuser"... Le fait est que ça marche ! 2003 a, ainsi, vu germer ce type de manifestations spontanées un peu partout dans le monde (New York, Londres, Milan, Rome…) et en France (Paris, Lyon, Bordeaux).

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Le Grand don

Samedi 10 janvier, de 15h à 19h, le Pont Marie, à Paris, accueille "le Grand don", entre l’île Saint-Louis et les quais de la rive droite. Des inconnus interpellent des passants et leur proposent de prendre un objet disposé sur le rebord du pont. Avertis à l’avance, les donneurs ont réuni des objets qu’ils souhaitent offrir (livres, disques, vêtements, bibelots, bijoux, jeux…), avec pour seule condition qu’ils puissent être transportés sans encombre par des personnes circulant à pied. Il ne s’agit ni d’une brocante ni d’un troc.
Les réactions des passants sont diverses, entre incrédulité, doutes, rires et agressivité : "C’est un don… gratuit ?", "c’est pour qui, quelle association ?", "et qu’est-ce que vous demandez en échange ?". Il y a ceux qui n’osent pas, ceux qui s’empressent de se saisir d’un objet gratuit - "puisque c’est gratuit, je prends !" -, ceux qui prennent l’objet le moins cher, ceux qui prennent le plus cher… Parce que dans don, il y a aussi valeur, et donc prix.
C’est le 5e Grand don organisé. Pour la petite histoire, le concept a été initié dans l’élan d’un déménagement. Au lieu de jeter des objets, les copains transformés en déménageurs pour la journée les ont distribués aux passants. Le succès inattendu de cette distribution surprise les a conduit à renouveler l’expérience… sans déménagement. Un site a même été créé pour multiplier le nombre de donneurs.
La récupération de telles actions collectives n’est pas difficile à imaginer. Des limites pourraient être rapidement atteintes. Car, l’intérêt de ces manifestations réside en grande partie dans l’effet de surprise ainsi créé. Reste, pour le moment, elles ont le mérite d’interroger le sens que chacun peut mettre derrière chaque chose, la notion d’œuvre ou de construction collective, la perte ou la transformation de certaines valeurs dans nos sociétés.

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Sites :
- Paris mobs
- Le Grand don


Vos commentaires

Posté le 23 janvier 2004 à 19:30 , par Anne

La 1ère fois que j’ai offert du cacao aux passants (1988/89 ?) dans la rue...aucun adulte n’a accepté. Les enfants qui en voulait été retenus par la main de l’adulte. Ils étaient tous convaincus que c’était de la pub, ou que je travaillais pour une entreprise, ou que...Un seul homme s’est dirigé droit sur moi, a accepté le cacao, m’a dit qu’il était ravi, et ...a voulu me payer. Or c’était écrit trés gros "Gratuit" Comme je ne voulais rien il m’a demandé d’accepter :"pour vos oeuvres" m’a-t’il dit. "Je n’ai pas d’oeuvre", lui ai-je répondu. Et comme je ne voulais rien en échange, il est parti sans boire son cacao !

Comprendre que l’on peut faire les choses "gratuitement" sans chercher la reconnaissance, est un défi pour le bon ordonnancement de la société. Nous sommes libres. La liberté consiste à tout faire ce qui ne nuit pas à autrui (art.4 de 1789) Nous en sommes loin !

Le Parlement a voté une loi à propos des mercenaires et de leurs donneurs d’ordres, parue au J.O. du 15 avril 2003. Quand prendrons nous conscience que les entreprises polluent la planète et prennent en otage les humains (par l’argent) ? Sommes nous devenus des mercenaires ou des prostitués, incapables d’agir pour le bien de la communauté toute entière ?

Que devient dans ces conditions notre devise nationale ? Liberté comme point de départ, égalité devant la loi et les besoins élémentaires, fraternité comme but. Et aussi longtemps que des humains seront bafoués par la violence (institutionnelle, physique ou verbale)il nous faudra nous engager, chacun selon sa sensibilité. Librement. De toutes façons nos enfants et petits-enfants comptent sur nous, ne les trahissons pas.


Pour moi le don n’est reel que lorsque que l’on autorise l’autre a nous rendre en echange. Sinon tel un empereur romain on peut passer en voiture et jetter a la foule des pauvres du pain et de l’or.

Il a un gout de mepris le don gratuit, un parfum de " Moi je te donne et toi je n’ai pas besoin de ce que tu veux me donner. Je fais cela par grandeur d’esprit (ou d’ame a l’instard de l’aumone dominicale)". Il ne rapproche pas, il eloigne.

Je comprends celui qui a refusé ton chocolat, je l’aurai peu etre pris pour ensuite le renverser par terre et t’offrir un capuccino a 50 balles. L’aurai tu accepté ?


Nino Boi - 2004-01-28 20:45:15

Quelques précisons pour Nino

Lors d’un Grand Don, les objets disposés ne sont que potentiellement l’objet d’un don. Nous n’abordons pas les gens avec les objets à la main, mais nous leur proposons de s’approcher, de regarder et de choisir. C’est le passant lui-même qui saisi l’objet et en fait sa propriété. Si rien ne lui plait, l’objet demeure juste un objet posé. Comment alors reprocher aux donneurs le comportement « d’un Empereur romain jetant ses sesterces au peuple », alors que ce sont les gens eux-même qui saisissent ? Sans parler du fait que ces objets n’ont aucun pouvoir attractif financier (la grande majorité ne valent pas un sou..), ni artistique (des bibelots et des vieux livres pour la plupart). Il faut donc vraiment le vouloir pour prendre.

La dette générée par les dons (et donc l’échange dont parle Nino) n’apparaît que dans des rapports entre individus qui se connaissent. Que ce soit dans le cadre de la famille, du couple, du travail ou de la hiérarchie sociale, le donneur et le récepteur se connaissent obligatoirement. Le principe du Grand Don dépasse justement la relation préexistante entre les gens. Lors du Grand Don, même après le « transfert », les gens disparaissent dans la ville sans laisser de traces. Ils sont incapables de retrouver ceux qui ont donné, et vice versa. D’autre part, les dons du Grand Don sont disposés collectivement et indifférenciés, même si ils ont été amenés par des personnes différentes. Ces objets ont donc une histoire anonyme. Dans cette situation, la supposée « dette » ne peut se créer qu’envers un groupe dont on ne connaît pas les composantes. Pour « rendre » ou « échanger », il faut à son tour venir donner collectivement à des inconnus.


Webmestre granddon - 2004-02-16 20:04:34

"Avec ses amis surréalistes, André Breton s’est une fois posté sur les grands boulevards muni de bouquets de roses rouges et fraîches. À titre d’expérience, et d’exutoire peut-être, les fleurs amoureuses furent tendues offertes aux passantes élégantes du macadam parisien. Savez-vous quelle fût en général la réaction des inconnues surprises ? Des détours souvent, des dénis fréquents, des haussements d’épaules en guise de parole, un « c’est quoi ? pas le temps ! » jeté en excuse automatique, des rires prétextes à s’enfuir a l’autre bout du pavé. Mais quelques rires éclatants aussi, des accolades qui deviennent des danses, des remerciements en forme de poèmes et des baisers sur les joues et même la bouche. "


par la chaise verte - 2004-02-04 00:35:48

Voir en ligne : texte lu sur le site du Grand Don - http://granddon.free.fr/textes.htm

Les flashmobs doivent être la nouvelle forme de rencontre des associations mais il faudrait beaucoup de personnes derrière. Imaginez un flashmob d’Amnesty international qui réunit 500 000 personnes ayant pour thème les droits de l’homme en Chine ?


le deconneur - 2004-02-21 11:32:02

l’obstacle evoqué ( et bien reel, ne le minimisons pas !) est peut etre "reduit" aund on passe aux "free shops" boutique gratuite, le "free shop" (a paris la miroiterie, couronnes...) fait que chacun qui "prend" "recoit" aujourd’hui sait qu’il pourra s’il en a vraiment besoin apporter demain...

pas si simple la gratuité...

dans la mouvance (et listes...) intersquat ... squat.net des debats ont souvent eu lieu a ce sujet... existent aussi quelques brochures d’infokioques sur ces themes ... gratuité... prix lbre etc..


Posté le 19 novembre 2004 à 22:12 , par luci

Alors à AIx en provence ont est partant pour un flashmob ?J’en organise un le 11 décembre 2004 à 17h place de le Mairie centre ville.Le but vous le connaisser...alors venez ? ont cour tous et quand un morceau de music sera jouer arréter vous et marcher au ralenti..sa sert à rien c’est génial !!!


Posté le 8 février 2005 à 20:06 , site : Flashmoblyon

Bonjour à tous,

Comme c’est la mode et que le principe nous plait, ainsi qu’à tous ceux à qui on en parle, voici lancé le site lyonnais des flashmob : www.flashmoblyon.com !

Alors voila, c’étais juste pour dire que le principe est superbe, meme si ca ne sert à rien a part passer un moment sympatique qui ne sert à rien lui non plus !!!

A bientot sur http://www.flashmoblyon.com


y a t il un "grand don" organisé à lyon Où ? quand ? christiane.
Ch.granddemars @free.fr.


- 2005-09-22 12:08:54

je cherche à mobiliser des personnes pour organiser un flashmob à Lyon le 28 novembre 2006. Pouvez-vous m’aider ?


Nath - 2006-11-10 16:03:20

www.flashmoblyon.com c’est pour dans moins d’une semaine à lyon...


- 2005-10-15 19:04:51

Voir en ligne : http://www.flashmoblyon.com

oui mais aujourd’hui 10/11/06 je ne peux me connecter ! ?


Nathalie Simon - 2006-11-10 16:04:08

BONJOUR
JE NE PEUX ME CONNECTER SUR LE SITE FLASHMOBLYON.COM, ce qui est navrant puisque nous souhaitons réaliser un flashmob le 28 novembre 2006 dans la gare ST Paul dans le 5ème arrondissement de Lyon.
Nous souhaiterions avoir accès au fichier de ce site.
pourriez-vous me renseigner SVP
merci


Nathalie Simon - 2006-11-10 16:01:34

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